Touadera demande désormais au Soudan du Sud d’intervenir dans le Haut-Mbomou : les Azandés rejettent cette manœuvre criminelle
Touadera demande désormais au Soudan du Sud d’intervenir dans le Haut-Mbomou : les Azandés rejettent cette manœuvre criminelle

Rédigé le 18 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
L’échec des mercenaires russes dans le Haut-Mbomou est désormais clair. Le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera se tourne dorénavant vers Juba pour obtenir des soldats. Les miliciens Azandés répliquent par un message sans détour.
Le dictateur centrafricain Faustin-Archange Toadera vient de franchir une nouvelle étape dans sa gestion de la crise sécuritaire qui frappe le Haut-Mbomou. Après six années de collaboration avec les mercenaires russes du groupe Wagner, il sollicite désormais l’aide militaire du Soudan du Sud. Cette démarche intervient alors que les forces étrangères déjà présentes sur le terrain n’ont toujours pas réussi à ramener le calme dans cette région frontalière du Soudan du sud et de la RDC.
Pourtant, les promesses initiales étaient claires. En 2018, les mercenaires russes sont arrivés en Centrafrique avec l’assurance de rétablir l’ordre en quelques mois. Trois ans plus tard, en 2021, ils ont lancé une offensive d’envergure contre la CPC. L’ambassadeur de la Russie en Centrafrique, à cette époque parlaient alors d’une intervention rapide, trois ou quatre mois tout au plus. Mais le calendrier a dérapé et six ans après, la situation reste difficile.
C’est dans ce contexte que le ministre de la Défense s’est rendu au Soudan du Sud. Les raisons exactes de ce voyage restent floues. Certains évoquent une tentative de retrouver des soldats centrafricains qui ont fui vers le territoire voisin. D’autres parlent de déclarations maladroites prononcées devant les autorités sud-soudanaises, dans un pays anglophone où le ministre a dû recourir à un traducteur.
Apparemment, la traduction n’a pas rendu fidèlement le message initial. Les propos transmis ont choqué l’auditoire et provoqué une vive réaction de la part des Azandés installés au Soudan du Sud. Ces derniers ont immédiatement alerté leur communauté restée en Centrafrique. La réponse n’a pas tardé à venir, sous la forme d’une lettre ouverte adressée directement au ministre de la Défense.
Dans ce document, la communauté azandée rappelle que l’insécurité actuelle dans le Haut-Mbomou découle des choix politiques et militaires opérés par le gouvernement lui-même. Elle souligne que les Azandés du Soudan du Sud ont été scandalisés par la nature des interventions du ministre lors de sa visite à Juba. Le ton employé montre une rupture nette avec les autorités centrafricaines.
Les Azandés insistent sur un point précis. Selon eux, ni l’intervention du Soudan du Sud ni l’arrivée de nouvelles troupes étrangères ne permettront de rétablir durablement la paix sans un dialogue inclusif avec les populations locales. Ils estiment que le gouvernement a négligé cette dimension essentielle du conflit en privilégiant uniquement les solutions militaires.
La communauté azandée n’a pas oublié les événements passés. Elle rappelle avoir été d’abord utilisée par le pouvoir avant d’être ciblée par des arrestations arbitraires, des enlèvements et des exécutions sans décision de justice. Ces pratiques ont détruit la confiance entre l’État et les populations, créant un fossé difficile à combler aujourd’hui.
Par ailleurs, les Azandés pointent l’incapacité des mercenaires russes à restaurer la sécurité sur le terrain. Ils considèrent que le voyage du ministre à l’étranger constitue une tentative de masquer cet échec patent. Pour eux, cette fuite en avant ne change rien aux responsabilités qui pèsent sur les autorités centrafricaines.
La position de la communauté azandée se veut sans ambiguïté. Tant que le gouvernement ne se prononcera pas officiellement sur l’enlèvement de leurs dirigeants dans les locaux de la SRI à Bangui, aucune avancée ne sera possible. De même, tant qu’un véritable dialogue politique ne sera pas engagé, toute solution restera fragile et provisoire.
Les Azandés affirment leur attachement à la paix, à la justice et au respect de leur dignité. Ils refusent catégoriquement toute tentative d’intimidation ou d’élimination. Leur message est clair : les rapports de force ne remplaceront jamais la vérité ni le droit. Ils estiment que les méthodes employées par le passé ne produiront plus les effets attendus aujourd’hui.
Pendant ce temps, le gouvernement centrafricain a accepté de négocier avec certains groupes armés comme le 3R et l’UPC. Mais il refuse obstinément de discuter avec d’autres acteurs centrafricains, notamment les anti-balaka, les combattants azandés, le FPRC , le PRNC et plusieurs autres formations dirigées par des Centrafricains. Cette approche sélective alimente les tensions et empêche l’émergence d’un accord global.
Au lieu de chercher un arrangement avec ces groupes centrafricains, Bangui préfère se tourner vers les pays voisins et leur demander des renforts militaires. Cette stratégie provoque l’incompréhension de nombreux acteurs sur le terrain. Pour les Azandés, elle témoigne d’un refus de comprendre les racines profondes du conflit et d’y apporter des réponses adaptées.
La déclaration de la communauté azandé circule maintenant largement dans le Haut-Mbomou et au-delà. Elle exprime une lassitude face aux promesses non tenues et aux interventions militaires qui n’ont jamais ramené la stabilité. Les populations attendent des actes concrets plutôt que de nouvelles manœuvres diplomatiques ou l’arrivée de soldats supplémentaires.
Par Éric Nzapa
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




