Législatives dans le Bamingui : Jean-Michel Mandaba mise sur l’ethnicisation du débat électoral pour tenter de battre son redoutable adversaire, Francisco Moundjouvoko, candidat du MCU

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Législatives dans le Bamingui : Jean-Michel Mandaba mise sur l’ethnicisation du débat électoral pour tenter de battre son redoutable adversaire, Francisco Moundjouvoko, candidat du MCU

 

Avant même la validation des résultats proclamé par l’ANE par la Cour constitutionnelle, Jean-Michel Mandaba et ses proches s’activent en exploitant l’argument ethnique banda pour tenter de gonfler son électorat.
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Rédigé le 18 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

À Bamingui, l’annonce d’un ballottage par l’Autorité nationale des élections divise. Avant même la validation des résultats proclamé par l’ANE par la Cour constitutionnelle, Jean-Michel Mandaba et ses proches s’activent en exploitant l’argument ethnique banda pour tenter de gonfler son électorat.

 

Jean-Michel Mandaba n’est pas un inconnu dans la circonscription de Bamingui. Durant trente ans, il a siégé à l’Assemblée nationale comme député de Bamingui. Mais durant ses trente années, Jean-Michel Mandaba n’a pourtant rien fait pour sa circonscription électorale. Pas même un table-banc, pas même un dispensaire, aucune infrastructure réalisée.  Mandaba c’est un néant. Personne n’est capable d’identifier un projet durable portant sa signature. Depuis 30 ans de son règne, et surtout À chaque réélection, Mandaba disparaissait de son village Bamingui, ne revenant qu’à l’approche de la fin de son mandat pour brandir l’appartenance ethnique avant de repartir aussitôt après sa victoire.

 

Mais l’année 2020 a marqué un tournant décisif dans la carrière politique de Jean-Michel Mandaba. La Cour constitutionnelle, sous la direction de la professeure Danièle Darlan, a rejeté sa candidature. Les motifs invoqués concernaient des questions de moralité  douteuse et des dossiers de corruption qu’il s’est impliqué lorsqu’il fut député entre 2016 – 2020. Pour la première fois depuis trois décennies, Mandaba s’est retrouvé écarté du Parlement.

 

Pendant ce temps, Francisco Moundjouvoko, qui était son suppléant, a pris le relais. Élu, il a effectué un mandat unique mais remarqué. Plusieurs actions dans le secteur éducatif  dans le Bamingui ont renforcé sa légitimité auprès des électeurs. Son unique passage comme député a laissé des traces réelle que les habitants peuvent constater.

 

Jean-Michel Mandaba n’a jamais digéré ce renversement de situation. En 2025, il s’est représenté avec l’intention ferme de récupérer son siège. Il a aussi mobilisé sa famille en engageant sa fille, Élodie Mandaba, comme candidate indépendante. Cette démarche s’apparente à une tentative de transformer le siège de député en propriété dynastique, comme si la circonscription de Bamingui appartenait exclusivement à la famille Mandaba. Si ce n’est pas le père, ce doit être la fille ou le fils qui occupe le poste, une logique jugée inacceptable par de nombreux électeurs. D’autres proches ont rejoint l’effort de campagne pour former un dispositif familial complet.

 

Malgré cette organisation, les urnes du premier tour ont délivré un verdict défavorable. Francisco Moundjouvoko est arrivé largement en tête. Selon plusieurs procès-verbaux consultés par la rédaction du CNC, il aurait même obtenu la majorité absolue. Jean-Michel Mandaba et sa fille ont été distancés de façon nette.

 

C’est après cette défaite que la situation a pris un autre chemin. Mandaba a quitté Bamingui pour rejoindre Bangui immédiatement après le vote. Lors de la centralisation des résultats, l’Autorité nationale des élections a finalement annoncé un ballottage. Comme nous l’avions annoncé, toutes ces gesticulations frauduleuses constatées sont l’œuvre de monsieur Soleil Serge Sérémalé et Gervais Ndjoungou. ,  tous deux commissaires électoraux à l’ANE. Cette décision frauduleuse qui ouvre la voie à un éventuel second tour, n’a pas encore reçu l’aval de la Cour constitutionnelle. La validation officielle reste attendue dans les prochains jours.

 

Pourtant, sans attendre cette confirmation juridique du conseil constitutionnel ni le démarrage officiel d’une campagne, Jean-Michel Mandaba, son suppléant et ses proches se sont immédiatement activés sur le terrain à Bamingui. Leur stratégie repose sur l’exploitation de l’appartenance ethnique banda pour tenter de gonfler leur soutien. La circonscription compte une majorité de population banda, communauté dont Mandaba est issu. Cette rhétorique cherche à mobiliser un électorat sur des bases communautaires plutôt que sur un bilan ou un programme.

 

Pourtant, une partie importante de cet électorat banda avait déjà choisi Francisco Moundjouvoko au premier tour. Ce vote témoigne d’une reconnaissance des actions menées pendant son mandat. Il traduit aussi une rupture avec les réflexes d’allégeance communautaire qui ont longtemps fonctionné dans la zone. Les électeurs ont manifesté leur préférence pour les résultats concrets plutôt que pour les discours basés sur l’origine ethnique.

 

L’éventuel second tour s’annonce tendu. Les accusations de manipulation électorale circulent. L’argument ethnique est assumé ouvertement par le camp Mandaba avant même que la Cour constitutionnelle ne se prononce. À Bamingui, la situation dépasse maintenant la simple confrontation entre deux hommes. Elle interroge la persistance ou le rejet de méthodes politiques anciennes, celles qui privilégient l’identité sur les actes, et la rhétorique sur les réalisations​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Moïse Banafio

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