Centrafrique : Le Tribunal Administratif invalide à nouveau les manœuvres du ministère de la Culture contre l’UMC

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Le Tribunal Administratif invalide à nouveau les manœuvres du ministère de la Culture contre l’UMC

 

Centrafrique : Le Tribunal Administratif invalide à nouveau les manœuvres du ministère de la Culture contre l’UMC
Ngola Poto RAMADAN MAHATA, dite Sista Ngola, la ministre toto du tourisme et de la culture

 

Rédigé le 11 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Le Tribunal Administratif de Bangui vient d’asséner un nouveau revers au Ministère des Arts, de la Culture et du Tourisme dans l’interminable feuilleton de l’Union des Musiciens Centrafricains.

 

Dans un jugement rendu le 7 janvier 2026, la juridiction administrative suspend une énième tentative de l’administration culturelle d’organiser des élections parallèles au sein de l’UMC. Cette décision fait suite à celle du 29 octobre 2025 qui avait déjà bloqué une première initiative similaire du même ministère.

 

Le scénario se répète avec une régularité déconcertante. Malgré l’élection légitime d’Armand Touaboy à la présidence de l’UMC le 30 août 2025, malgré la décision judiciaire d’octobre dernier confirmant cette légitimité, le Ministère de la Culture persiste dans sa volonté d’imposer une direction différente à l’organisation des musiciens.

 

La décision ministérielle N°1521 du 3 décembre 2025, qui validait le bureau de Dany Ngarasso, vient d’être gelée par le tribunal. Cette validation administrative ignorait complètement le jugement d’octobre et le scrutin régulier d’août. L’administration culturelle agit comme si les décisions de justice n’existaient pas.

 

Philippe Bokoula, chargé de mission au ministère et ami de Ngarasso, continue de manœuvrer dans les coulisses pour maintenir son allié aux commandes de l’UMC. Les notes circulaires se succèdent, toutes visant à contourner les verdicts judiciaires qui contrarient leurs plans.

 

Le Tribunal Administratif a tranché avec netteté. La requête présentée par l’UMC est recevable, la juridiction se déclare compétente, et l’exécution de la décision ministérielle validant le bureau Ngarasso est suspendue. Les frais de justice restent à la charge du Trésor public.

 

Cette affaire démontre un dysfonctionnement préoccupant de l’administration centrafricaine. Un ministère qui refuse obstinément de se plier aux décisions de justice crée un précédent dangereux. Que vaut l’autorité judiciaire si l’exécutif peut l’ignorer à sa guise ?

 

Les musiciens centrafricains assistent impuissants à ce bras de fer entre leur organisation et une administration qui refuse de lâcher prise. Chaque jugement favorable au bureau élu provoque une nouvelle initiative ministérielle pour annuler ses effets. Chaque victoire juridique est suivie d’une nouvelle offensive administrative.

 

Le ministère semble convaincu qu’à force de multiplier les décisions administratives, il finira par user la résistance du bureau légitime. Cette stratégie d’épuisement transforme une simple association culturelle en champ de bataille bureaucratique.

 

Le Ministère de l’Administration du Territoire, seule tutelle légale des associations en Centrafrique, reste étrangement silencieux dans cette affaire. Sa voix pourrait pourtant clarifier définitivement la situation en rappelant que le Ministère de la Culture n’a aucune autorité sur la gouvernance interne de l’UMC.

 

Albertine Ouaboua, Directrice Générale des Arts et de la Culture, signe les notes circulaires qui sont régulièrement annulées par la justice. Sa position devient inconfortable. Comment justifier la multiplication d’actes administratifs systématiquement invalidés par les tribunaux ?

 

Le coût de cette obstination administrative pèse sur les finances publiques. À chaque défaite judiciaire, c’est le Trésor public qui paie les frais de justice. L’argent des contribuables centrafricains finance un acharnement administratif sans base légale.

 

Les musiciens qui ont participé au scrutin d’août 2025 voient leur choix démocratique constamment remis en question. Leur vote compte-t-il vraiment si l’administration peut décider de l’ignorer et d’organiser de nouvelles élections jusqu’à obtenir le résultat qui lui convient ?

 

La Constitution centrafricaine garantit la liberté d’association et l’autonomie des organisations de la société civile. Ces principes fondamentaux sont bafoués par une administration qui considère l’UMC comme relevant de son autorité directe.

 

L’acharnement de Bokoula et Ngarasso à conserver le contrôle de l’UMC interroge. Quels intérêts justifient une telle énergie déployée pour diriger une association de musiciens ? Les enjeux financiers liés aux droits d’auteur et aux subventions culturelles expliquent peut-être cette bataille acharnée.

 

Le bureau d’Armand Touaboy a choisi la voie légale pour défendre sa légitimité. Plutôt que d’entrer dans une confrontation directe ou de créer une scission, il saisit méthodiquement la justice à chaque nouvelle manœuvre administrative. Cette stratégie judiciaire porte ses fruits mais nécessite des ressources et une patience considérables.

 

Le jugement du 7 janvier 2026 intervient un mois après la décision administrative du 3 décembre. Le ministère n’a même pas attendu de voir si le bureau Touaboy contesterait sa décision avant de la publier. Cette précipitation traduit une certaine arrogance administrative.

 

Les textes réglementaires de l’UMC prévoient des procédures claires pour l’organisation des élections. Ces procédures ont été respectées lors du scrutin d’août 2025. Le ministère invoque ces mêmes textes pour justifier ses propres initiatives électorales, mais sans respecter l’autonomie de l’association qui devrait les mettre en œuvre.

 

La justice administrative centrafricaine démontre dans cette affaire une certaine indépendance. Malgré la pression que peut représenter le fait de contredire un ministère, le Tribunal Administratif maintient sa ligne de conduite et annule systématiquement les actes manifestement illégaux.

 

Cette affaire aurait dû se régler en quelques semaines après l’élection d’août. Six mois plus tard, la situation reste bloquée par l’entêtement d’une administration qui refuse de reconnaître sa défaite et l’hostilité d’un ancien dirigeant qui refuse de passer la main.

 

Les partenaires internationaux qui soutiennent le secteur culturel centrafricain observent cette crise avec perplexité. Comment collaborer avec une organisation dont la direction légitime est constamment contestée par sa propre tutelle ministérielle ?

 

Les musiciens centrafricains méritent mieux que ce psychodrame administratif. Leur énergie devrait être consacrée à la création artistique, au développement de leur profession, à la défense de leurs droits, pas à des batailles juridiques interminables contre leur propre ministère de tutelle.

 

Le jugement du 7 janvier devrait normalement clore ce chapitre. Mais l’expérience des mois précédents invite à la prudence. Combien de temps avant qu’une nouvelle décision administrative ne vienne contredire ce jugement ? Combien de temps avant que l’UMC ne doive à nouveau saisir la justice pour faire respecter ses droits ? Le cycle semble sans fin, alimenté par une administration qui considère que les décisions judiciaires ne sont que des obstacles temporaires à contourner plutôt que des verdicts à respecter.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Alain Nzilo

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