Firmin Ngrébada, du sommet au fossé : comment Touadéra a rayé son fidèle lieutenant

Rédigé le 12 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Firmin Ngrébada a gravi tous les échelons aux côtés de Faustin Archange Touadéra. Chef de cabinet quand ce dernier dirigeait le gouvernement à l’époque du Président François Bozizé, directeur de cabinet à la présidence dès 2016, puis premier ministre en 2019. Une ascension qui semblait sans fin.
Pourtant, le dictateur de Bangui a décidé de tourner la page. Après avoir quitté la primature, Firmin Ngrébada espérait diriger l’Assemblée nationale. Refus catégorique. Il s’est replié sur un siège de député à l’assemblée nationale comme élu de Boali, sa circonscription d’origine. Mais même là, le pouvoir ne voulait plus de lui.
Les dernières législatives du 28 décembre 2025 ont scellé son destin. Le régime a actionné tous les leviers pour lui fermer définitivement la route. Son escorte ? Supprimée. Ses soutiens ? Dispersés. Dans les bureaux de vote de Boali, les urnes ont livré un verdict sans appel.
L’autorité nationale des élections a proclamé les chiffres : David Gondisa remporte 6 446 suffrages, soit 61,53% des voix. Ngrébada termine avec 4 031 voix, soit 38,47%. Une défaite cinglante dans son propre fief.
Les observateurs notent l’ampleur de l’écart. Comment un ancien premier ministre, implanté localement à Boali depuis des années, peut-il perdre avec une telle marge ? Les partisans de Ngrébada parlent de manipulation. Ils affirment que les chiffres ont été fabriqués de toutes pièces pour satisfaire les désirs de Bangui.
Le dictateur Faustin-Archange Touadera n’a jamais expliqué publiquement cette rupture. Aucune déclaration. Simplement des actes : retrait des privilèges, fermeture des accès, élimination politique. Les proches du chef de l’État évoquent des divergences, des ambitions trop visibles, des manœuvres jugées déloyales.
Ngrébada incarnait pourtant la fidélité. Des années durant, il a servi sans broncher, exécuté les directives, défendu les choix gouvernementaux. Cette loyauté ne lui a finalement rien rapporté. Au contraire, elle a peut-être alimenté la méfiance. Un collaborateur trop puissant devient une menace.
Par Brahim Sallé
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