Esclavage dans le travail, en plus pas de contrats, pas de couverture sociale : les entreprises chinoises respectent-elles les lois du travail en République centrafricaine ?
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les normes qui encadrent les relations professionnelles varient d’un pays à l’autre, mais certains principes demeurent universels. Partout où une entreprise s’installe, elle doit théoriquement se conformer aux règles du territoire d’accueil. Mais pour les entreprise chinoises installées en Centrafrique, c’est tout le contraire.
Le droit du travail centrafricain prévoit différentes formes d’engagement professionnel : le contrat journalier pour les missions ponctuelles, le contrat à durée déterminée pour les projets limités dans le temps, et le contrat à durée indéterminée pour les emplois permanents. Chacun de ces documents doit normalement formaliser la relation entre l’employeur et son salarié, en précisant les droits et obligations de chaque partie.
La couverture sociale constitue un élément central de cette relation contractuelle. L’employeur verse une cotisation patronale, tandis qu’une part salariale est prélevée sur la rémunération du travailleur. Ce mécanisme vise à protéger les deux parties en cas d’accident, de maladie ou d’autres aléas professionnels. Sans cette protection, le salarié se retrouve seul face aux dangers inhérents à son activité.
Pourtant, dans les entreprises chinoises installées sur le territoire centrafricain, une tout autre réalité s’observe au quotidien. Les travailleurs recrutés ne reçoivent aucun contrat écrit. Cette absence documentaire concerne aussi bien les chantiers routiers, les restaurants que les sites miniers, où des centaines d’employés exercent leurs fonctions sans la moindre trace officielle de leur contrat d’engagement.
Sur les travaux routier, les ouvriers manipulent des engins lourds et travaillent dans des conditions parfois difficiles, mais aucun papier ne vient attester leur statut d’employé. La situation devient encore plus préoccupante dans le secteur minier, où des hommes descendent dans des galeries souterraines, conduisent des machines dangereuses et s’exposent quotidiennement à des risques physiques importants.
Certains de ces travailleurs accumulent cinq, six, parfois sept années de service continu sans jamais avoir signé le moindre contrat d’embauche. Cette durée dépasse largement celle d’un simple emploi temporaire et correspondrait normalement à un contrat à durée indéterminée dans le système juridique centrafricain. Pourtant, leur situation administrative reste identique au premier jour : aucune formalisation, aucune reconnaissance officielle. Ceci dit, c’est le travail au noir. Comment cela peut-il se produire publiquement dans un pays normal ?
L’absence de cotisations sociales accompagne cette situation déjà problématique. Les employeurs chinois ne versent aucune contribution à la couverture sociale, la CNSS, privant ainsi leurs salariés de toute protection en cas d’accident du travail. Dans un environnement minier où les dangers sont quotidiens, où la mort peut survenir à chaque descente dans les puits, cette lacune expose les travailleurs à une vulnérabilité extrême.
La question devient alors inévitable : quel cadre légal régit réellement ces relations de travail ? S’agit-il du droit centrafricain que ces entreprises devraient appliquer en tant qu’entités opérant sur ce territoire ? Utilisent-elles leur propre système venu de Chine ? Ou bien fonctionnent-elles dans un vide juridique que personne ne semble vouloir combler ?
Les autorités centrafricaines disposent pourtant d’institutions capables de vérifier ces pratiques. L’inspection du travail et d’autres organismes de contrôle pourraient descendre sur ces chantiers et demander à chaque employé de présenter son contrat. L’ambassade de Chine elle-même pourrait enquêter auprès des entreprises de son pays pour s’assurer du respect des normes nationales, au lieu de s’attaquer pathétiquement et simplement à CNC.
Les faits restent pourtant là, vérifiables par quiconque souhaite se rendre sur ces sites d’exploitation. Des centaines de Centrafricains travaillent chaque jour dans ces conditions, sans protection juridique ni sociale, accumulant les années de service sans jamais obtenir la reconnaissance formelle de leur statut d’employé. Une simple visite sur le terrain suffirait à constater l’ampleur du phénomène et à mesurer l’écart entre ce que prévoit la loi et ce qui se pratique réellement.
Par Gisèle MOLOMA….
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