José Richard Pouamby : le président du HCC qui s’autorise ce qu’il interdit aux autres
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
José Richard Pouamby , le chef du Haut Conseil de Communication prêche la neutralité pour Pabandji tout en ayant lui-même affiché publiquement son appartenance au parti au pouvoir lors de son précédent mandat.
José Richard Pouamby vient de donner une leçon de morale d’une hypocrisie déconcertante. En sanctionnant Didier Martial Pabandji pour ses prises de position publiques, le président du Haut Conseil de la Communication (HCC) oublie commodément ses propres écarts passés, quand il proclamait haut et fort son militantisme pour le MCU, parti au pouvoir.
“Un haut conseiller n’est pas un simple citoyen de la République”, déclare solennellement José Richard Pouamby dans son interview sur la radio Ndèkè – Luka. Cette phrase sonne particulièrement creux dans la bouche d’un homme qui, lors de son mandat précédent, avait publiquement affiché son rattachement politique sans que cela pose le moindre problème à sa conscience d’alors.
Quand CNC avait souligné cette contradiction il y’a quelques mois, José Richard Pouamby s’était défendu en invoquant précisément son statut de “Centrafricain ordinaire” ayant le droit de faire de la politique. “Je suis d’abord Centrafricain avant d’être président du HCC”, argumentait-il alors pour justifier ses positions partisanes. Cette défense d’hier contredit exactement les reproches d’aujourd’hui contre Pabandji.
L’amnésie sélective de Pouamby atteint des sommets quand il explique que “le conseiller n’a pas le droit de prendre des positions publiques sur les affaires de la cité”. Cette règle d’or qu’il brandit aujourd’hui, où était-elle quand lui-même violait allègrement ce principe de neutralité ? Cette double mesure témoigne d’une conception très personnelle de la déontologie institutionnelle.
Sa déclaration selon laquelle Pabandji a commis un “parjure” prête à sourire quand on connaît son propre parcours. Car enfin, qui a trahi son serment le premier ? Celui qui répond à des attaques personnelles ou celui qui transforme sa fonction en tribune politique partisane ? Cette question mérite d’être posée avec la même véhémence que José Richard Pouamby met à poursuivre son collègue.
Mais c’est son interview sur la radio Ndèkè – Luka, particulièrement une partie en langue nationale qui dévoile le fond de sa pensée avec une franchise involontaire. Le président du HCC a fini par avouer ce qui le dérange vraiment chez Pabandji : non pas ses prises de position en tant que telles, mais le fait qu’il ait osé critiquer “nos autorités” en les qualifiant de personnes “qui ne comprennent rien ”, allant jusqu’à les traiter de “Boubourou”.
Cette révélation tardive éclaire d’un jour nouveau la sanction infligée à Pabandji. Il ne s’agit plus d’une application neutre du règlement intérieur, mais d’une réaction épidermique face à des critiques qui touchent au pouvoir. Pouamby se dévoile ainsi comme le gardien zélé d’un régime qu’il refuse de voir attaqué, même légitimement.
L’ironie de la situation atteint son comble quand on réalise que ce même homme avait pris des positions publiques bien plus compromettantes lors de son précédent mandat. Ses déclarations d’appartenance au parti au pouvoir n’avaient provoqué aucune sanction de sa part contre lui-même. Mais dès que Pabandji s’en prend aux “autorités”, les sanctions pleuvent avec une rapidité suspecte.
Cette sélectivité dans l’indignation trahit la véritable nature du problème. Pouamby ne sanctionne pas l’expression publique d’opinions politiques en général, il sanctionne spécifiquement les critiques dirigées contre le gouvernement qu’il sert officieusement. Cette distinction fondamentale transforme le HCC en organe de protection du pouvoir plutôt qu’en institution de régulation impartiale.
L’expression “nos autorités sont des boubourou ” utilisée par Pouamby mérite également attention. Ce possessif trahit une identification personnelle au pouvoir qui explique sa réaction disproportionnée. Pour lui, critiquer le gouvernement revient à l’attaquer personnellement, d’où cette colère qui transperce son masque de neutralité institutionnelle.
L’aveu involontaire du président du HCC sur la radio Ndèkè – Luka constitue une confession publique de partialité. En expliquant que c’est spécifiquement la critique des “autorités” qui l’a poussé à réagir, il reconnaît implicitement que sa fonction de régulateur passe après sa loyauté politique. Cette confusion des rôles discrédite totalement l’institution qu’il dirige.
Cette approche sélective de la déontologie transforme le HCC en tribunal d’exception où les sanctions dépendent moins de la nature des fautes que de leur cible politique. Pabandji découvre ainsi que certains sujets restent tabous, non en vertu du règlement intérieur, mais en raison des affinités politiques de son président.
L’attitude de Pouamby témoigne d’une conception autoritaire de la direction institutionnelle où les règles s’appliquent selon le bon vouloir du chef. Cette dérive managériale transforme le HCC en tribunal d’exception où la justice dépend plus des humeurs présidentielles que de l’application équitable des textes.
Cette affaire dépasse largement les querelles personnelles pour interroger le fonctionnement démocratique des institutions de régulation. Comment une autorité peut-elle crédiblement sanctionner des comportements qu’elle a elle-même adoptés ? Cette question fondamentale mérite une réponse claire et publique.
L’institution souffre de cette gestion à deux vitesses où les mêmes fautes sont tantôt tolérées, tantôt sanctionnées selon l’identité de leurs auteurs. Cette incohérence sape la crédibilité du HCC et transforme ses décisions en règlements de comptes déguisés.
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Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)