
La panique a définitivement changé de camp au sommet de l’État centrafricain. Face à l’échec cuisant de l’appareil sécuritaire et judiciaire à faire taire les citoyens centrafricains sur les réseaux sociaux, le régime tente une nouvelle manœuvre de répression numérique. Le Conseil des ministres du 3 septembre 2026 a ainsi validé la création d’une cellule de veille communicationnelle auprès du porte-parole du gouvernement, marquant une nouvelle étape dans l’escalade de la désinformation d’État.
L’échec de la stratégie de la terreur : de Touadéra aux procureurs
Cette décision intervient après une longue série de défaites pour l’exécutif. L’empereur dictateur Faustin-Archange Touadéra avait lui-même donné le ton en menaçant publiquement les internautes lors de son discours au stade de 20 000 places à Bangui, sifflant une prétendue « fin de la récréation » sur les réseaux sociaux. Face à la résistance du peuple centrafricain qui refuse de se taire, le pouvoir s’est ensuite tourné vers les opérateurs téléphoniques pour tenter de tracer les échanges, notamment sur les plateformes comme WhatsApp. Une peine perdue face au cryptage et à la détermination des citoyens.

Voyant l’impuissance présidentielle, le ministre de la Justice, lors de la rentrée judiciaire, y compris le directeur général de la police par intérim et le deuxième vice-procureur de la République sont tour à tour montés au créneau pour annoncer des ouvertures d’enquêtes et des poursuites. Peine perdue : la peur a changé de camp et la vérité continue de circuler.
La milice de trolls du régime : l’héritage Wagner au service de la propagande
C’est dans ce contexte de déroute totale que le gouvernement entre en scène pour lancer son projet de contrôle des réseaux. Conscient de son image dévastée, de son incapacité à tenir des conférences de presse crédibles et des moqueries incessantes qui touchent plusieurs ministres, l’exécutif a présenté ce projet de décret sous couvert de « suivi de l’environnement médiatique et numérique ».
Incapables d’éteindre la vérité par la menace, le régime et la clique au pouvoir ont décidé d’appliquer la méthode Wagner, déjà expérimentée dans les cellules de manipulation installée au quartier Boy-Rabe. Il s’agit de recruter des brigades de jeunes trolls, payés par les deniers publics, pour les installer devant des téléphones et des ordinateurs afin de fabriquer des faux comptes en masse, d’inonder les réseaux de contre-vérités et de vanter les mérites de ministres discrédités.
Le gouvernement centrafricain, premier moteur de la désinformation
Alors que le texte approuvé par le Conseil des ministres prétend que cette structure aura pour rôle « de recueillir et d’analyser les informations » et « d’anticiper les risques liés à la désinformation et aux rumeurs », la réalité est tout autre. En créant cette fabrique de trolls, le gouvernement centrafricain s’impose lui-même comme le principal moteur de la rumeur, de la désinformation et de la propagande dans le pays. Plus le régime investit dans la manipulation, plus la colère populaire et les révélations sur sa gestion s’accentuent.
Le texte désormais transmis à la signature du président Faustin-Archange Touadéra ne changera rien à la réalité du terrain. Les menaces directes, l’intimidation judiciaire et l’achat de trolls numériques par le pouvoir ne pourront jamais étouffer la voix du peuple centrafricain ni masquer l’imposture d’un régime aux abois.
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