Centrafrique : Deux miliciens azandés partis se désarmer à Bambouti sont désormais introuvables

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Deux miliciens azandés partis se désarmer à Bambouti sont désormais introuvables

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Arrivés à Bambouti pour déposer volontairement les armes, deux jeunes ex-combattants azandés n’ont plus donné aucun signe de vie, provoquant la panique générale au sein de leurs familles respectives.

 

La ville de Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, vit dans une attente insupportable. Le samedi 13 juin dernier, deux jeunes gens, des ex-miliciens azandés du Haut-Mbomou qui avaient initialement pris les armes pour défendre leur territoire ancestral, ont pris la décision de quitter la localité d’Obo pour Bambouti. Leur objectif officiel était de se rendre à cette ville frontalière , une sous-préfecture située à l’extrême est de la République centrafricaine, à la frontière avec le Soudan du Sud, afin de participer au processus de désarmement avec les mercenaires russes.

 

Parmi ces deux hommes figure le nommé Marien.

 

Les deux compagnons ont fait la route et sont bien arrivés à destination. C’est à ce moment précis que les traces s’effacent. Dès leur arrivée à Bambouti, les deux jeunes ex-miliciens se sont dirigés vers la base occupée par les mercenaires russes du Groupe Wagner pour leur remettre leur équipement militaire. Depuis cette démarche volontaire, le silence est total. Les canaux de communication sont coupés et aucune nouvelle n’a filtré de la base des mercenaires russes où les deux hommes sont confinés et retenus.

 

Cette absence prolongée de plusieurs jours plonge les proches des disparus dans une angoisse profonde. Dans la région, les rumeurs et les analyses se multiplient pour tenter de comprendre le sort réservé à Marien Blanc et à son compagnon. La rédaction de CNC a pu obtenir les explications d’un spécialiste des réseaux de sécurité de la zone. Selon cet expert, l’intégrité physique des deux jeunes hommes n’est pas directement menacée pour le moment, mais ils subissent un traitement spécifique.

 

Ils sont retenus à l’intérieur de la position militaire russe pour subir des interrogatoires particulièrement poussés et une pression psychologique et physique très lourde.

 

L’objectif des paramilitaires russes est d’obtenir des renseignements opérationnels cruciaux. Les mercenaires cherchent à arracher aux deux ex-miliciens l’emplacement exact de la base des combattants azandés ainsi que le lieu de détention secret de la sous-préfète, du commandant de brigade de la gendarmerie ainsi que les deux agents électoraux capturés à Bambouti le 28 décembre 2025.

 

Pour rappel, la sous-préfète de Bambouti, le commandant de brigade de la gendarmerie locale ainsi que deux agents électoraux sont toujours entre les mains des miliciens. Les forces russes font ainsi pression sur Marien Blanc et son frère d’armes en leur faisant comprendre que leur libération et leur survie dépendent uniquement de leur coopération pour guider les troupes vers le campement des otages.

 

Cette méthode d’action correspond aux directives imposées par le commandement russe depuis la capitale. Il y’a trois jours, le chef des opérations russes, Dmitry Sytyi, a affirmé sur les ondes de la Radio Ndeke Luka qu’il n’y aurait aucune forme de négociation avec les miliciens d’autodéfense Azandé, qualifiés de terroristes par ce même criminel en chef, et que seule la force militaire serait employée. Pour les hommes de Wagner, l’arrivée spontanée de ces deux transfuges constitue une opportunité d’obtenir les coordonnées de la forêt où sont cachés les quatre prisonniers politiques et institutionnels.

 

Au-delà de la localisation de la base forestière, le spécialiste de sécurité contacté indique que les forces russes exigent également des dénoncations nominatives. Les russes veulent aussi que les deux jeunes pointent du doigt des complicités internes, notamment des notables, des commerçants ou des personnalités influentes résidant à Obo  ou ailleurs qui soutiendraient en sous-main la milice azandée. Si les deux prisonniers cèdent à la pression et livrent des noms, les mercenaires prévoient de mener des opérations de capture, exposant les personnes désignées à des actes de torture.

 

Du côté de la milice azandée du Haut-Mbomou, la réaction à cette double disparition mêle colère et détachement. Interrogés par la rédaction de CNC, plusieurs cadres du mouvement affirment que la situation de Marien Blanc et de son compagnon relève de leur propre responsabilité. Les dirigeants expliquent que ces deux membres ont agi de manière totalement clandestine, sans en référer à l’état-major de la milice et sans avoir reçu l’aval ou des consignes de la part de leur hiérarchie. Pour les responsables du groupe armé, les deux hommes ont choisi de faire défection de leur propre chef et doivent désormais assumer seuls les conséquences de leur démarche auprès des forces russes

 

Par Éric Nzapa

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