Rupture ou reculade ? Après 10 ans de promesses, Touadéra en est réduit à réclamer des kits solaires à la BAD au Congo pour charger des téléphones portables dans son pays

Rédigé le 09 août 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Le passage du dictateur Faustin-Archange Touadéra au sommet de la Banque africaine de développement à Brazzaville a définitivement enterré le mythe de la Centrafrique émergente pour le remplacer par l’urgence du saupoudrage.
Le grand oral de l’empereur de Bangui en République du Congo a pris des allures de naufrage pour la communication officielle du régime. Venu à Brazzaville pour mendier l’accélération des décaissements sur les projets régionaux, le chef de l’État s’est retrouvé face au bilan désastreux de sa propre gestion énergétique. Après une décennie complète de pouvoir absolu et de discours enflammés sur les grands chantiers de reconstruction, le dictateur a dû admettre publiquement l’échec de sa politique en quémandant des solutions de fortune devant les gouverneurs de la banque.
Les grands projets d’infrastructures tant vantés par la dictature centrafricaine, notamment le programme énergétique M300 conçu avec les partenaires internationaux, apparaissent désormais comme de lointains mirages. De sa propre bouche, l’empereur a reconnu au micro des journalistes que ces installations nécessitent des années pour leur implémentation, un aveu tardif qui sonne comme une trahison pour les populations plongées dans le noir depuis 2016. Faute de compétences techniques au sein des ministères et d’une gouvernance rigoureuse pour capter les financements, le pouvoir abandonne les ambitions structurelles pour se tourner vers l’expédient.
Le reniement est total lorsque le dictateur centrafricain propose directement à la BAD de financer des projets intermédiaires basés sur la distribution de petits kits solaires de poche. La vision économique du régime se rétrécit au point de limiter l’avenir de la Centrafrique à la simple possibilité pour les ménages d’obtenir un peu de lumière et de quoi alimenter les batteries des téléphones portables. Cette demande formulée au Congo montre la faillite d’un système qui, après dix ans de promesses d’indépendance énergétique, ramène le pays au stade de l’aide humanitaire d’urgence.
Cette reculade fragilise également le Plan national de développement que l’empereur avait pourtant présenté avec arrogance lors de son récent voyage au Maroc. Les investisseurs africains et internationaux constatent que les annonces de Casablanca ne reposent sur aucune réalité concrète puisque le pouvoir est incapable de consommer plus de 28% de l’enveloppe budgétaire déjà allouée par les bailleurs de fonds. La quête de gadgets solaires à Brazzaville confirme que l’appareil d’État de la dictature n’a ni les cadres ni la rigueur requis pour piloter le développement d’une nation enclavée.
La méfiance s’installe durablement chez les responsables de la Banque africaine de développement qui observent le décalage entre les besoins réels du peuple et l’incapacité chronique des autorités à finaliser les dossiers techniques. En se contentant de réclamer du matériel de poche au lieu de réformer la bureaucratie corrompue de Bangui, le chef de l’État condamne la Centrafrique à rester le parent pauvre du financement régional. Les institutions financières maintiennent le blocage sur les crédits lourds, laissant l’empereur repartir du Congo avec pour seule perspective une économie nationale réduite à l’alimentation des téléphones mobiles.
Par Alain Nzilo
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