Le paradoxe de l’asile à Bangui : L’UNHCR finance les funérailles mais abandonne les vivants

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Le paradoxe de l’asile à Bangui : L’UNHCR finance les funérailles mais abandonne les vivants

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

L’attribution d’une aide financière conditionnée au décès met en relief les incohérences de la gestion humanitaire à Bangui. Alors que les réfugiés passent plus de deux décennies dans un dénuement total sans obtenir de soutien à l’intégration, l’UNHCR débloque des fonds uniquement au moment des obsèques, illustrant une absurdité administrative majeure.

 

Le système d’assistance mis en place par l’agence internationale présente un contraste de gestion qui suscite l’incompréhension des communautés locales. Un protocole interne prévoit l’allocation systématique d’une somme de 100 000 francs CFA (soit l’équivalent de 150 dollars américains) lors du décès d’un membre de la communauté. Cette enveloppe budgétaire est explicitement réservée à la couverture des frais de funérailles et d’enterrement, constituant parfois la seule transaction financière directe reçue par la famille.

 

Cette réactivité administrative post-mortem se heurte à la rigueur des critères appliqués du vivant des usagers. De nombreuses familles comptabilisent plus de 26 ans de présence continue sur le territoire centrafricain sans jamais avoir eu accès à une prime d’installation, à un fonds de commerce ou à une aide à l’autonomisation économique. Les demandes de subventions pour lancer des activités génératrices de revenus ou pour stabiliser la scolarité des enfants restent sans réponse, maintenant les individus dans une dépendance structurelle.

 

Le maintien de ce dispositif crée une situation où l’institution humanitaire n’intervient financièrement qu’une fois le processus d’exclusion achevé. Les bénéficiaires dénoncent une logique comptable déconnectée des réalités du terrain, où l’urgence de survivre au quotidien, d’acheter de la nourriture ou de payer les arriérés de loyer pour éviter l’expulsion ne déclenche aucun déblocage de fonds, contrairement à l’organisation des obsèques.

 

Cette politique accentue le sentiment de précarité chez les réfugiés de longue durée, qui perçoivent cette allocation comme un arbitrage budgétaire défaillant. Les chefs de famille réclament une réorientation complète de ces enveloppes financières vers des mesures d’accompagnement actives de leur vivant, afin de transformer ces budgets passifs en outils d’insertion économique et de prévention sanitaire.

 

Par Éric Azoumi

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