Monaco Consulting et le café centrafricain : qui est ce partenaire inconnu qui décroche un mémorandum gouvernemental en RCA?

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Monaco Consulting et le café centrafricain : qui est ce partenaire inconnu qui décroche un mémorandum gouvernemental en RCA?

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

Un gouvernement sans argent vient de signer un accord avec une société dont personne ne connaît le nom. Le café était le prétexte. Le mémorandum est le résultat.

 

En effet, le 27 avril 2026, le conseil des ministres extraordinaire a autorisé la signature d’un mémorandum d’entente entre le gouvernement centrafricain et Monaco Consulting, dans le cadre du programme de développement de la filière café en RCA. Le ministre de l’Agriculture a présenté la note. Le président a donné son accord. Deux ministres signeront au nom de l’État, celui de l’Agriculture et celui de l’Économie.

 

Monaco Consulting. Le nom revient une seule fois dans le compte rendu officiel, sans introduction, sans description, sans historique. On ne sait pas où cette société est enregistrée. On ne sait pas qui la dirige. On ne sait pas si elle a déjà travaillé en Afrique centrale, ni dans quel pays elle a livré des résultats comparables. Le gouvernement centrafricain a pourtant jugé utile de lui confier un partenariat sur un programme agricole censé couvrir 601 180 hectares et produire près de 25 000 tonnes de café vert par an.

 

Le programme lui-même repose sur une étude de préfaisabilité. Pas une étude finale. Pas des données vérifiées sur le terrain. Une préfaisabilité, c’est-à-dire un document qui dit que le projet est théoriquement possible, sous réserve que les chiffres soient confirmés par une mission technique conjointe, qui n’a pas encore eu lieu. Le conseil a autorisé cette mission en même temps qu’il signait le mémorandum. L’accord est donc signé avant que les données soient vérifiées.

 

Les zones retenues couvrent six préfectures : Nana-Mambéré, Sangha-Mbaéré, Ouaka, Mbomou, Ombella-M’Poko et Basse-Kotto. Sept centres de collecte régionaux sont prévus. Des systèmes d’irrigation, des équipements logistiques, des normes commerciales aux standards internationaux, des structures financières d’accompagnement. Tout cela figure dans la note présentée au conseil. Rien de tout cela n’existe encore sur le terrain.

 

Le marché mondial du café connaît effectivement une dynamique favorable en ce moment. Les prix sont hauts. Les pays producteurs émergents ont une fenêtre. La RCA a des zones forestières qui peuvent accueillir la culture du café. Tout cela est vrai. Mais une fenêtre favorable sur les marchés ne suffit pas à expliquer pourquoi c’est Monaco Consulting, société sans visage connu, qui décroche cet accord.

 

D’où vient cette société ? Qui l’a introduite auprès du gouvernement ? Quel intérêt financier prend-elle dans le programme ? Le mémorandum lui donne-t-il un droit exclusif sur la filière, ou seulement un rôle d’assistance technique ? Le compte rendu du conseil ne répond à aucune de ces questions.

 

Ce n’est pas la première fois que Bangui signe des accords avec des partenaires dont l’identité reste floue. Le schéma est connu : un programme ambitieux, des chiffres impressionnants, une étude préliminaire présentée comme une démonstration de faisabilité, et une société étrangère qui entre dans le dispositif avant même que les données de base soient confirmées.

 

Le café centrafricain a du potentiel. Monaco Consulting, elle, a un mémorandum.​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Gisèle MOLOMA

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