De la traque des délinquants au racket d’État : Le régime de Bangui tombe complètement dans la mythomanie

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De la traque des délinquants au racket d’État : Le régime de Bangui tombe complètement dans la mythomanie

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 L’allocution du dictateur de Bangui lors de son couronnement au stade 20 000 places le 30 mars 2026 a retenti comme une déclaration de guerre contre ceux qu’il nomme les délinquants.

 

Pourtant, derrière la promesse de faire qui annonce les règnes de l’ordre, se cache une réalité bien plus chaotique : celle d’une administration judiciaire transformée en instrument de prédation. Ce que le régime présente comme une lutte pour la vertu n’est en vérité qu’un mécanisme de racket organisé, où la loi ne sert plus à protéger, mais à dépouiller les citoyens sous la menace permanente de la force.

 

La nouvelle constitution de 2023 que beaucoup appellent le statut du MCU, ce texte que le clan au pouvoir tente de faire passer pour une règle commune, a fini par donner les pleins pouvoirs à une minorité.

 

Dans les quartiers de la capitale et dans les provinces, les agents du régime utilisent les consignes de fermeté pour justifier des extorsions quotidiennes. La justice n’est plus cette instance neutre censée arbitrer les conflits, elle est devenue le bras armé d’un racket d’État où chaque procédure est l’occasion de prélever une taxe informelle sur la survie des Centrafricains.

 

L’annonce de la fin de l’impunité, clamée avec force au stade 20 000 places, sonne particulièrement faux. Le dictateur de Bangui promet de poursuivre les coupables, mais le regard de la justice s’arrête là où commencent les intérêts de ses proches. Les véritables acteurs de la corruption et les pillards des ressources nationales jouissent d’une protection totale, protégés par ce même appareil judiciaire qui s’acharne sur les petits commerçants et les voix divergentes. Ce traitement différencié prouve que le droit est désormais sous influence directe du palais.

 

Les forces de sécurité, encouragées par des ordres de mission sans limite, multiplient les abus en toute liberté. La peur du gendarme ou du juge ne vient plus d’une crainte légitime de la sanction, mais de la certitude de perdre ses biens ou sa liberté sans motif valable. Le quotidien de la population est marqué par cette insécurité juridique totale, où la règle du jeu change selon l’humeur des puissants. Le système ne cherche pas à rétablir la paix, il cherche à maintenir un climat de soumission par la pression économique et physique.

 

Cette dérive transforme l’État en une entité étrangère à ses propres citoyens. En faisant de la justice un outil de traque politique et de profit personnel, le dictateur de Bangui rompt le dernier contrat de confiance avec le pays. La “7ème République” s’ouvre ainsi sur un paradoxe : au nom de la loi, on installe l’arbitraire ; au nom de la sécurité, on organise le pillage. La justice centrafricaine n’est plus qu’une fiction juridique au service d’un régime qui a fait de la prédation sa seule véritable méthode de gouvernement.

 

Par Alain Nzilo

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