Le régime de Touadéra adore exhiber l’Hôpital des grandes endémies de PK24 comme un modèle de réussite dans la lutte contre les épidémies. On nous le présente en boucle : « tout est prêt », « équipements modernes », « personnel qualifié aux aguets ». La réalité ? Un bâtiment qui tombe en ruine, transformé en cache-misère pour masquer l’effondrement total de la santé publique en Centrafrique.
À l’intérieur, c’est le chaos organisé. Les salles d’isolement promises manquent de générateurs fiables, les stocks de solutions de réhydratation orale s’épuisent en quelques jours, les combinaisons de protection EPI arrivent au compte-gouttes et souvent périmées. Les tests rapides pour Ebola ou d’autres fièvres hémorragiques ? Introuvables ou en panne chronique. Les soignants, eux, bossent avec des gants troués, des masques artisanaux et des salaires versés avec des mois de retard. Certains n’ont même plus de quoi payer le transport pour venir travailler.

Touadéra et ses ministres paradent devant les caméras pour annoncer que le centre est « opérationnel » et « bien équipé », mais sur le terrain, les équipes crient famine. Pas de budget récurrent pour l’entretien, pas de formation continue, pas de renforts médicaux dignes de ce nom. Les fonds alloués à la santé ? Détournés en cascade par les intermédiaires du pouvoir, les fournisseurs fantômes et les proches du palais. Résultat : un hôpital qui sert surtout de décor pour les visites officielles et les reportages de propagande.
Pendant ce temps, Ebola rôde aux frontières, Mpox circule encore dans l’ombre, et d’autres maladies mortelles guettent. PK24 devrait être le rempart principal, le lieu où l’on brise les chaînes de transmission. Au lieu de ça, c’est un symbole parfait de l’abandon : un centre qui ne traite presque rien parce qu’il n’a pas les moyens de le faire correctement. Les Centrafricains des zones à risque – Est, Sud-Est, frontières avec la RDC – savent qu’en cas de flambée, ils n’auront nulle part où aller pour être sauvés.
Ce n’est pas un manque de volonté passager, c’est une stratégie délibérée. Garder le système de santé exsangue permet de justifier l’enrichissement personnel du clan au pouvoir. Touadéra laisse pourrir les infrastructures vitales tout en se faisant soigner à l’étranger. PK24 n’est pas un hôpital, c’est une arnaque d’État : une façade vide qui cache la pourriture profonde d’un régime qui sacrifie la vie des citoyens sur l’autel de la corruption.
La population ne doit plus se laisser berner par ces mensonges. Derrière les discours ronflants sur la « préparation » et les « efforts du gouvernement », il n’y a que du vent et des caisses vidées. Il faut exiger que l’argent public serve enfin à sauver des vies, pas à remplir les poches des intouchables du pouvoir.
Par Justine Saragba
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