
Dans une lettre ouverte intitulée « Qui peut changer la RCA », l’ancien député de Mala, Jean-Pierre Mara, interpelle le président Faustin-Archange Touadéra sur le pouvoir d’achat des populations et l’évolution du prix du manioc.
Jean-Pierre Mara revient d’abord sur le parcours politique de Faustin-Archange Touadéra, Premier ministre sous François Bozizé puis président de la République à partir de 2016. Il évoque également le parcours de Félix Moloua, devenu ministre du Plan puis Premier ministre sous la présidence de Touadéra.

L’ancien député s’appuie ensuite sur la tribune-reportage consacrée aux 100 jours du gouvernement Moloua III, réalisée sur l’axe Bangui-Bangassou par le sociologue et analyste politique Faustin Zaméto. Celui-ci rapporte notamment son passage au KM5 à Bangui, où il a rencontré une vendeuse de manioc.
Selon le témoignage repris par Jean-Pierre Mara, cette vendeuse, qui commercialise du manioc depuis 20 ans, affirme que sa cuvette est toujours vendue à 1 500 francs CFA et que le sac de riz coûte 35 000 francs CFA. Elle estime que rien n’a changé pour les populations qu’elle représente.
Jean-Pierre Mara compare les prix du manioc depuis 2016
Jean-Pierre Mara revient sur le prix du manioc au début du premier mandat de Faustin-Archange Touadéra en 2016.
Il affirme qu’à cette période, un sac de manioc de 75 kilogrammes coûtait 1 000 francs CFA au marché de Dékoa. Il précise qu’un sac contenait du Ngawi et indique qu’au marché d’approvisionnement du PK12, cinq Ngawi se vendaient entre 2 000 et 2 500 francs CFA, soit environ 500 francs CFA par Ngawi.
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L’ancien député compare ces chiffres avec les prix observés au PK5. Selon lui, le prix du Ngawi est passé progressivement de 1 000 francs CFA à 2 500 francs CFA.
Pour Jean-Pierre Mara, cette évolution des prix doit être analysée en tenant compte du coût des autres produits consommés par les ménages. Il prend notamment l’exemple de la viande de bœuf et du poulet d’élevage.
« Son pouvoir d’achat est divisé par cinq », affirme Jean-Pierre Mara
Jean-Pierre Mara estime que la seule comparaison du prix du manioc ne permet pas de mesurer l’évolution du pouvoir d’achat de la vendeuse citée dans le reportage.
Selon son analyse, en 2016, les revenus tirés de la vente d’un Ngawi permettaient, d’après lui, d’acheter un kilogramme de viande de bœuf ou un poulet d’élevage. Aujourd’hui, affirme-t-il, il faudrait vendre cinq Ngawi pour acheter le même kilogramme de viande.
L’ancien député attribue cette évolution à l’inflation et affirme que le pouvoir d’achat des ménages a été réduit sous le régime de Faustin-Archange Touadéra et les différents Premiers ministres qui se sont succédé depuis 2016. Il rappelle que, selon lui, les Premiers ministres mettent en œuvre la vision du président de la République.
Jean-Pierre Mara interroge ainsi directement la responsabilité de l’exécutif dans l’évolution du pouvoir d’achat : « Le mandat est celui du Président Touadéra ou de son Premier ministre ? »
Quatre questions sur les prix et le pouvoir d’achat
Dans sa lettre ouverte, Jean-Pierre Mara demande au président Touadéra depuis quand la cuvette de Ngawi coûte 1 500 francs CFA et qui a fixé ce prix. Il demande également si le tarif est identique sur l’ensemble du territoire centrafricain.
Il demande aussi à quand remonte la dernière intervention de l’État pour réglementer les prix du manioc et de la viande. Une autre question porte sur la place du pouvoir d’achat des citoyens dans les préoccupations du régime et du MCU.
L’ancien député interroge enfin l’explication donnée aux difficultés économiques des populations qui ne sont pas fonctionnaires. Il met en parallèle les revenus réguliers des fonctionnaires et la situation des personnes vivant principalement de leurs activités agricoles ou commerciales.
Les populations rurales au centre de la lettre
Jean-Pierre Mara cite plusieurs localités, notamment Gobongo, Mala, Miaméré, Bambouti et Adoumandalia. Il estime que les populations de ces zones doivent être prises en compte dans les politiques portant sur le pouvoir d’achat et l’emploi.
Il affirme que 70 à 80 % de la population ne demandent que du travail. Il cite également les paysans de Ndassima, Gamboula et Guiffa, ainsi que les problèmes liés aux routes de l’intérieur du pays, à l’accès à l’eau potable à Bangui et aux dispensaires dans les communes.
L’ancien député estime que ces préoccupations doivent être considérées dans l’évaluation des 100 jours du gouvernement Moloua III.
À Mala, le manioc resterait sans acheteurs
Jean-Pierre Mara revient enfin sur sa propre expérience politique dans la circonscription de Mala. Il affirme que Yanindji et Gourna Zacko avaient, avec la complicité du sous-préfet Kpodan et de la cheffe du secteur scolaire, œuvré en 2020 pour son éviction de la circonscription au profit d’un candidat du MCU.
Il affirme que la population attend depuis lors les résultats des promesses concernant l’amélioration du pouvoir d’achat. Selon lui, le sac de manioc et le sac de maïs à Mala coûtent comme en 2016 et restent sans acheteurs.
Jean-Pierre Mara
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