Le système éducatif centrafricain à la dérive : racket généralisé et niveau alarmant au lycée de Gbaloko
Bangui, CNC. Dans les établissements publics centrafricains, de Bangui aux provinces, le système éducatif centrafricain expose quotidiennement sa déliquescence. À seulement 16 kilomètres de la capitale, le lycée de Gbaloko révèle une pratique devenue systémique : les élèves doivent débourser 100 francs CFA pour participer aux cours d’éducation physique et sportive (EPS), une extorsion qui se répète dans tous les grands établissements de Bangui.
Un racket institutionnalisé dans le système éducatif centrafricain
Du lycée de Gobongo au lycée de Fatima, en passant par le lycée technique ou Boganda, Miskine, Caron ou ailleurs, , les témoignages recueillis par la rédaction du CNC révèlent un système de taxation parallèle bien rodé. Cette pratique est devenue monnaie courante. Par exemple au lycée de Gbaloko au PK16 de Bangui sur la route de Boali, c’est même devenu alarmant :
« Avec six enfants scolarisés, je dois payer 600 francs CFA uniquement pour les cours d’EPS. Sans compter les autres frais imposés par les professeurs. C’est devenu impossible pour nous », déplore un parent d’élève du lycée de Gbaloko.
Plus inquiétant encore, ce phénomène touche toutes les matières du système éducatif centrafricain. Pour l’économie familiale par exemple, au lycée de Gbaloko, les élèves sont contraints de verser parfois entre 500 et 1000 francs CFA. Même la participation aux devoirs est conditionnée au paiement de sommes variant de 100 à 300 francs CFA pour l’achat supposé de copies d’examen, et ce, c’est pratiquement partout dans les établissements scolaires du pays.
Un effondrement généralisé du niveau académique : des enseignants aux élèves
Dans le quatrième arrondissement de Bangui, le lycée de Gobongo présente les mêmes symptômes que ses homologues du système éducatif centrafricain. Le niveau des enseignants atteint des abysses inquiétant. Au lycée de Gbaloko, un professeur de mathématiques écrit “TEDE” pour “TD” (Travaux Dirigés), révélant des lacunes fondamentales chez les éducateurs eux-mêmes. Cette situation n’est pas isolée mais reflète un problème systémique qui touche l’ensemble des établissements de la capitale.
Une autorité de tutelle en plein déni
Pendant que les familles s’appauvrissent et que le niveau s’effondre, le ministère de l’Éducation nationale, dirigé depuis 10 mois par un nouveau ministre d’État, vante une prétendue “montée en puissance” du système éducatif. Une communication qui frôle la sorcellerie, où les établissements comme le lycée de Fatima et le lycée technique perpétuent ces pratiques prédatrices depuis des années.
La faillite du contrôle
L’absence totale de réaction des inspecteurs pédagogiques et des proviseurs face à ces dérives du système éducatif centrafricain pose question. Cette inertie des organes de contrôle, observée dans tous les établissements de Bangui, suggère soit une complicité tacite, soit une démission pure et simple de l’autorité publique.
La capitale centrafricaine, censée représenter une vitrine du système éducatif centrafricain, expose ainsi l’ampleur de la déliquescence de l’école publique. Ce système de racket, parfaitement rodé et généralisé dans tous les grands établissements de Bangui, prospère sous le regard complice des autorités éducatives qui persistent à nier l’évidence.
Dans ce contexte, les promesses ministérielles résonnent comme une provocation des sorciers ou des franc-maçon pour les milliers de familles prises en otage par un système éducatif centrafricain qui a abandonné sa mission d’éducation au profit d’une logique mercantile. Le sort des élèves des lycées de Bangui n’est que la partie visible d’un désastre éducatif national qui hypothèque l’avenir de toute une génération.
Sans une intervention urgente et une refonte complète du système de contrôle, l’école publique centrafricaine continuera sa descente aux enfers, sacrifiant au passage les espoirs d’une jeunesse déjà durement éprouvée par des années de crise.
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![Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Touadéra, regarde tes écoles à Birao, es-tu désormais content de ce naufrage ? Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Des salles de classe sans tables, des maîtres sans salaire, des filles qui abandonnent : à Birao, l’école préfectorale mixte donne à voir ce que l’État de Touadéra vaut réellement. Le directeur Chrispin Mbretizzi ne cherche plus ses mots. Son établissement tourne avec ce qu’il a, c’est-à-dire presque rien. Les enseignants contractuels ont dû descendre dans la rue pour toucher ce qui leur était dû, et même après ça, le compte n’y est pas. Les titulaires sont si peu nombreux que l’école fait appel à des maîtres-parents, des gens de bonne volonté sans formation, qui font ce qu’ils peuvent devant des classes entières d’enfants qui méritent mieux. C’est sur leurs épaules que repose aujourd’hui l’instruction publique à Birao. Les murs tiennent, mais l’intérieur est vide. Des élèves s’assoient à même le sol parce qu’il n’y a pas de tables-bancs. Les manuels disponibles couvrent à peine le français et les mathématiques, rien d’autre. Et le plus absurde dans tout ça : trois salles de classe ont été construites, elles sont là, debout, fermées à clé, inutilisables. Les tables-bancs promis pour les équiper ne sont jamais arrivés. Mbretizzi attend. L’école attend. Les ONG sont devenues le seul espoir réel d’obtenir un mobilier que l’État aurait dû livrer depuis longtemps. Ce qui inquiète le plus le directeur, c’est les filles. Elles partent. Pas toutes d’un coup, mais une par une, tirées hors de l’école par la pauvreté des familles et des mariages arrangés trop tôt. Mbretizzi le dit aux parents, il les interpelle, il insiste. Mais un homme seul face à une misère structurelle ne peut pas grand-chose. Tant que Bangui n’engage pas de moyens concrets pour financer les besoins de base et sécuriser la scolarité des filles en Vakaga, ses appels resteront sans écho. Par Ibrahim Moussa Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](http://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/05/eleves-Amdafock-218x150.jpg)