Centrafrique : la COSCIPAC exige la libération des leaders de la société civile et interpelle Touadéra

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La COSCIPAC réclame la libération immédiate et sans condition des leaders de la société civile arrêtés après la journée de ville morte du 12 octobre 2026. Dans une déclaration publiée le 23 octobre à Bangui, l’organisation conteste les arguments avancés par Faustin-Archange Touadéra et demande des réponses à la crise sociale.

 

La Coordination des organisations de la société civile pour la paix en Centrafrique (COSCIPAC) durcit le ton à l’égard du président Faustin-Archange Touadéra. Dans une déclaration de neuf pages datée du 23 octobre 2026, elle revient sur la rencontre organisée le 21 octobre entre le chef de l’État et certains représentants de la société civile au sujet des personnes interpellées après la journée de ville morte du 12 octobre.

 

Centrafrique : la COSCIPAC exige la libération des leaders de la société civile et interpelle Touadéra
Petit-Delphin Kotto de la COSCIPAC

 

L’organisation conteste les conditions de cette rencontre, qu’elle considère comme insuffisamment représentative des organisations citoyennes. Elle estime que le choix des participants ne devait pas se limiter à ceux dont les positions sont proches du pouvoir.

 

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Pour la COSCIPAC, la libération des responsables de la société civile arrêtés ne peut pas dépendre d’une négociation politique. Elle considère que ces arrestations concernent des citoyens qui ont exprimé leur mécontentement face aux difficultés économiques et sociales rencontrées par la population.

 

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La séparation des pouvoirs au centre des critiques

 

La COSCIPAC conteste l’argument de la séparation des pouvoirs avancé par Faustin-Archange Touadéra lors de sa rencontre du 21 octobre. Selon l’organisation, le président de la République aurait expliqué qu’il ne pouvait pas intervenir dans une procédure judiciaire visant les leaders interpellés.

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La coordination reconnaît que la séparation des pouvoirs constitue un principe essentiel de l’État de droit. Elle estime néanmoins que ce principe doit être appliqué de manière cohérente, quelles que soient les personnes concernées.

 

Pour étayer ses critiques, la COSCIPAC évoque les cas de Hassane Bouba et de Daniel Nzewe. Elle demande des explications sur les circonstances dans lesquelles Hassane Bouba aurait échappé à l’action de la Cour pénale spéciale (CPS), alors qu’un mandat d’arrêt aurait été émis à son encontre.

 

Le document fait également état d’allégations concernant la mobilisation de forces de sécurité pour empêcher son arrestation. La COSCIPAC demande que les responsabilités soient établies à partir de faits vérifiables et que des explications publiques soient apportées.

 

Concernant Daniel Nzewe, l’organisation s’interroge sur le traitement de son dossier. Elle ne fournit toutefois pas, dans sa déclaration, les éléments détaillés permettant de vérifier indépendamment les circonstances qu’elle évoque.

 

La coordination estime que les autorités doivent garantir l’application uniforme des règles judiciaires, sans distinction liée aux fonctions exercées ou aux relations avec les responsables politiques.

 

Le dossier Dologuélé également évoqué

 

La COSCIPAC aborde aussi le cas d’Anicet-Georges Dologuélé, président de l’Union pour le renouveau centrafricain (UCA) et ancien candidat à l’élection présidentielle.

 

L’organisation fait référence aux décisions intervenues dans le cadre de l’examen de sa nationalité et de son éligibilité aux élections de 2025. Elle évoque les interrogations suscitées par les conséquences administratives de ces décisions, notamment concernant la délivrance de certains documents officiels.

 

La coordination précise qu’elle ne prétend pas déterminer elle-même la portée exacte de ces décisions ni les responsabilités individuelles qui pourraient être engagées. Elle demande plutôt des éclaircissements institutionnels accessibles aux citoyens.

 

Pour la COSCIPAC, le respect des décisions de justice doit s’imposer à toutes les institutions. Elle estime que les autorités doivent apporter des explications lorsque des controverses portent sur l’application de décisions judiciaires.

 

Le coût du carburant et la cherté de la vie au cœur de la mobilisation

 

La déclaration revient longuement sur les raisons de la journée de ville morte du 12 octobre. La COSCIPAC rattache cette mobilisation aux difficultés économiques, notamment au coût élevé des produits pétroliers et à ses conséquences sur les tarifs du transport et les prix des denrées alimentaires.

 

L’organisation estime que ces préoccupations ne doivent pas être assimilées, sans preuves, à une tentative de déstabilisation des institutions.

 

Elle réagit notamment aux propos du président de la République sur une possible convergence entre les événements survenus dans le nord du pays, les menaces imputées aux groupes armés, les mouvements de contestation des transporteurs dans l’ouest et la journée de ville morte organisée par la société civile.

 

La COSCIPAC demande sur quels éléments objectifs repose ce rapprochement. Selon elle, la simultanéité de plusieurs événements ne suffit pas à démontrer l’existence d’une concertation ou d’une volonté commune de déstabiliser le pays.

 

La coordination distingue les revendications sociales des activités des groupes armés et des difficultés rencontrées par les transporteurs. Elle estime que toute accusation de complicité ou de participation à une entreprise de déstabilisation doit reposer sur des éléments probants.

 

Dans son argumentation, elle insiste sur les conséquences de la hausse des coûts pour les ménages, les travailleurs et les commerçants. Elle considère que la baisse du pouvoir d’achat et les difficultés à couvrir les besoins essentiels expliquent le mécontentement exprimé par une partie de la population.

 

La COSCIPAC reproche ainsi aux autorités de ne pas accorder suffisamment d’attention aux causes économiques de la mobilisation. Elle estime qu’une réponse gouvernementale adaptée aux préoccupations liées au carburant et au coût de la vie aurait pu contribuer à réduire les tensions.

 

La liberté de manifestation défendue par la société civile

 

La coordination défend le droit des citoyens à exprimer pacifiquement leurs désaccords avec les autorités. Elle cite les libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique comme des garanties essentielles de la participation démocratique.

 

La COSCIPAC rappelle que les marches, les rassemblements et les prises de parole publiques constituent des moyens d’expression citoyenne, dans le respect des dispositions légales applicables.

 

Elle s’interroge également sur les conditions dans lesquelles les manifestations ont pu se dérouler en Centrafrique depuis 2016. Elle évoque des restrictions contestées et des difficultés susceptibles, selon elle, de limiter la participation citoyenne.

 

L’organisation estime que les autorités ne peuvent pas décourager certaines formes de protestation, puis reprocher aux citoyens de recourir à d’autres moyens de mobilisation pacifique.

 

Elle considère que la société civile doit conserver son indépendance et sa capacité à interpeller les pouvoirs publics. Son rôle, selon la déclaration, consiste notamment à défendre les intérêts collectifs, à signaler les dysfonctionnements institutionnels et à transmettre les préoccupations des populations.

Face à la dégradation des conditions socioéconomiques, la société civile réclame des réponses concrètes sur le coût du carburant tout en défendant les libertés publiques face aux autorités de Bangui.

 

Pour la COSCIPAC, la contestation pacifique ne doit pas être systématiquement considérée comme une menace contre les institutions. Elle appelle les autorités à distinguer les revendications sociales des actes susceptibles de porter atteinte à la sécurité publique.

 

Cinq exigences adressées au pouvoir

 

Dans sa déclaration, la COSCIPAC formule cinq exigences à l’endroit des autorités centrafricaines.

 

La première porte sur la libération immédiate et sans condition des leaders de la société civile arrêtés après la mobilisation du 12 octobre, dans le respect des garanties procédurales et des droits fondamentaux.

 

La deuxième concerne le respect effectif des libertés publiques, notamment celles d’expression, d’association et de réunion pacifique. L’organisation demande que les citoyens puissent faire connaître leurs préoccupations dans le cadre légal.

 

La troisième exige l’ouverture d’un dialogue sincère et inclusif entre les pouvoirs publics, les organisations de la société civile et les autres acteurs concernés. Ce dialogue devrait permettre d’examiner les revendications relatives au coût du carburant, à la cherté de la vie et à la dégradation des conditions socioéconomiques.

 

La quatrième vise à mettre fin à l’assimilation des mobilisations sociales pacifiques à des entreprises de déstabilisation lorsqu’aucun élément objectif ne permet d’étayer de telles accusations. La COSCIPAC demande également un traitement impartial des procédures judiciaires.

 

Enfin, la cinquième exigence porte sur le rétablissement de la confiance entre les gouvernants et les citoyens, à travers la transparence, la responsabilité institutionnelle et la prise en compte des difficultés de la population.

 

La COSCIPAC appelle à poursuivre les actions citoyennes

 

Au-delà de ses demandes adressées au président de la République, la COSCIPAC appelle les Centrafricains à rester mobilisés en prévision des prochaines actions citoyennes annoncées.

 

L’organisation demande aux participants de préserver le caractère pacifique de leurs engagements, d’éviter les provocations et de faire preuve de discipline collective. Elle affirme que ses revendications ne visent pas les institutions de la République, mais les pratiques qu’elle considère comme contraires aux libertés publiques et à la justice.

 

Dans les dernières pages de sa déclaration, la coordination réaffirme que la libération des responsables arrêtés demeure sa priorité. Elle demande aux autorités de clarifier les responsabilités, de respecter les libertés publiques et d’engager un véritable dialogue avec les organisations qui portent les préoccupations de la population.

 

La déclaration du 23 octobre constitue ainsi une réponse politique et institutionnelle à la rencontre organisée par Faustin-Archange Touadéra deux jours plus tôt. La COSCIPAC maintient ses revendications et annonce sa volonté de poursuivre les actions citoyennes dans un cadre pacifique. Actions disponibles

 

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