C’est une véritable danse des sorciers : le mytho-dictateur Faustin-Archange Touadéra siffle la fin de la récréation pour les militaires
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
L’autocrate de Bangui s’est livré à une pitoyable mise en scène théâtrale lors de la rentrée judiciaire, faisant malin de découvrir l’anarchie qui règne au sein des forces de défense et de sécurité. Après une décennie de pouvoir absolu, cette soudaine posture de commandeur résonne comme une insulte à l’intelligence des Centrafricains.
Pour instrumenter cette diversion, le mytho-dictateur affirme textuellement : « La justice militaire doit sortir de sa léthargie pour répondre aux défis de l’impunité au sein de nos forces de défense et de sécurité. Les comportements déviants, les exactions contre les populations civiles et les complicités criminelles ne seront plus tolérés. J’annonce l’application stricte du principe de la “Tolérance Zéro”. Aucun grade, aucune fonction, aucune accointance politique ne saurait soustraire un auteur de forfaiture à la rigueur de la loi. La récréation est définitivement terminée. »
Ce numéro de prestidigitation politique tente de masquer une réalité implacable : le chaos sécuritaire et l’impunité ambiante sont les purs produits d’un système que Touadéra entretient et couve méthodiquement depuis dix ans.
Cette rhétorique de la fermeté s’effondre d’elle-même face à l’immobilisme des structures de commandement de l’armée et de la défense. À qui le dictateur tente-t-il d’imposer cette prétendue rigueur alors que les mêmes visages inamovibles squattent le sommet de la hiérarchie militaire depuis des années. Le ministre de la Défense est confortablement installé à son poste, et le chef d’état-major général des armées bat des records de longévité sans jamais avoir à rendre des comptes sur les débâcles successives et le racket généralisé des troupes ainsi que des criminalités des militaires que lui-même reconnait.
Si la récréation était réellement terminée, la première mesure logique aurait été de balayer cette oligarchie militaire incompétente. Le maintien de cette vieille garde prouve que le discours présidentiel n’est qu’un enfumage grossier destiné à amuser la galerie internationale.
L’invocation des « complicités criminelles » atteint le sommet du cynisme et de l’hypocrisie politique. Le premier complice de la déstabilisation et de la criminalisation du territoire national n’est autre que le locataire du palais de la Renaissance lui-même. C’est le pouvoir de Bangui qui a fait le choix délibéré de sous-traiter la sécurité nationale, la garde présidentielle et le contrôle des frontières à des mercenaires et paramilitaires russes, leur offrant une immunité juridique totale et absolue. Les véritables complicités criminelles se nouent lors des signatures de contrats opaques concédant les mines d’or de Ndassima et les massifs forestiers aux réseaux du Kremlin. Prétendre traquer les déviances des simples soldats alors que le sommet de l’État valide le siphonnage des richesses par des forces d’occupation relève d’une schizophrénie politique aiguë.
Cette militarisation de la justice, brandie comme une solution miracle, cache un projet de verrouillage institutionnel beaucoup plus sombre. En ressuscitant des tribunaux militaires moribonds, le régime cherche à soustraire les exactions les plus graves commises sur le terrain par les forces mixtes aux regards des juridictions civiles indépendantes. Les dossiers sensibles touchant aux massacres de civils dans l’arrière-pays et aux rackets industriels organisés par les alliés de Moscou seront désormais étouffés à huis clos dans des casernes, sous le sceau du secret militaire. La prétendue « Tolérance Zéro » n’est qu’un outil d’épuration interne conçu pour terroriser les officiers subalternes qui oseraient contester la vassalisation de leur propre armée par les conseillers russes.
L’illusion d’une justice martiale impartiale s’éteint définitivement devant la réalité d’un État en décomposition avancée. La population centrafricaine, prise en otage entre la violence des groupes armés traditionnels et la prédation des forces officielles associées aux instructeurs étrangers, sait parfaitement que les décrets verbaux du dictateur n’ont aucun effet sur le terrain. Le grand spectacle de la rentrée judiciaire n’était qu’un exercice de diversion pour faire oublier l’échec total d’un septennat usurpé, où la justice est devenue une marchandise et la souveraineté nationale un lointain souvenir piétiné par les bottes des occupants russes avec la bénédiction complice du sommet de l’État.
Par Alain Nzilo
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