Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat

0
32

Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat

Le festival de la dictature en Afrique centrale : Denis Sassou Nguesso se lance dans un cinquième mandat
denis-sassou-nguesso-et-faustin-archange-touadera-a-brazzaville-congo – Centrafrique : Denis Sassou Nguesso très remonté contre Faustin Touadera.

 

 

Rédigé le 07 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Entre Paul Biya qui approche les 92 ans au Cameroun et les nouvelles dynasties qui émergent au Gabon, Denis Sassou Nguesso poursuit la tradition des présidents à vie. À 82 ans, il vise un cinquième mandat lors de la présidentielle du 15 mars 2026.

 

Denis Sassou Nguesso et son homologue centrafricain Faustin-Archange Touadéra rêvent d’assister aux funérailles du président camerounais Paul Biya. En attendant, le dirigeant congolais de 82 ans annonce sa candidature pour un cinquième mandat. Cette déclaration intervient le 5 février 2026, date anniversaire de sa première prise de pouvoir en 1979.

 

L’annonce a été faite lors de la Grande foire agricole du Congo, à Bambou-Mingali, au nord de Brazzaville, devant un parterre de responsables et d’agriculteurs. Le président a choisi ce cadre agricole pour officialiser ses ambitions, marquant ainsi son engagement dans la diversification économique du pays.

 

« Je dis que je vais accompagner ce mouvement parce qu’il va prendre de l’ampleur. Je vais accompagner ce mouvement et je vous dis aussi directement que pour cela, je vais faire acte de candidature », a-t-il déclaré devant l’assistance. Ces mots résonnent comme une confirmation de ce que beaucoup redoutaient déjà dans la région.

 

Avec 41 années cumulées à la tête du Congo-Brazzaville, entre 1979 et 1991 puis depuis 1997 jusqu’à aujourd’hui, Sassou Nguesso incarne la figure du dirigeant inamovible. Son parcours s’inscrit dans une logique dynastique qui gangrène l’Afrique centrale, où les présidents s’accrochent au pouvoir malgré leur âge avancé et l’usure du temps.

 

Paul Valentin Ngobo, ministre de l’Agriculture, a profité de l’événement pour saluer l’engagement présidentiel dans le secteur agricole. « Cette foire n’est pas une vitrine de circonstance, elle est une œuvre nationale, une décision politique au sens le plus élevé, celle de mettre la terre au centre du projet national », a-t-il affirmé. Ses propos s’inscrivaient dans la continuité du discours gouvernemental sur la nécessité de diversifier l’économie.

 

Le contexte économique actuel rend pourtant cette candidature particulièrement délicate pour le Congo-Brazzaville. Le pays, dépendant du pétrole, peine à créer des emplois pour sa jeunesse et à développer d’autres secteurs porteurs malgré ses ressources naturelles abondantes.

 

La campagne de dépôt des candidatures, ouverte depuis le 28 janvier, se clôturera le 12 février à la direction générale des affaires électorales. Chaque prétendant doit constituer un dossier complet respectant les critères définis par la législation congolaise. Le président sortant dispose donc encore de quelques jours pour finaliser formellement sa candidature.

 

L’âge du candidat Sassou Nguesso, 82 ans, soulève des interrogations légitimes sur sa capacité à gérer les défis des cinq prochaines années. Si l’on ajoute un mandat de cinq ans à son âge actuel, il atteindrait 87 ans en fin de mandat, voire 92 ans s’il envisageait un sixième mandat. Cette perspective rappelle celle de Paul Biya au Cameroun, qui règne depuis 1982 et affiche désormais 91 ans.

 

L’Afrique centrale semble prisonnière d’un système où les dirigeants refusent de céder la place aux nouvelles générations. Au Gabon, le nouveau président issu du coup d’État militaire laisse planer l’ambiguïté sur ses intentions futures, alimentant les craintes d’une énième dynastie. La République démocratique du Congo, avec ses propres défis politiques, complète ce tableau régional préoccupant.

 

Le scrutin du 15 mars prochain s’annonce comme un rendez-vous où Sassou Nguesso devra convaincre une population majoritairement jeune, confrontée au chômage et à la précarité. La diversification économique, promise depuis des années, reste un chantier inachevé malgré les ressources forestières et agricoles dont dispose le pays. Les autres candidats potentiels disposent encore de quelques jours pour finaliser leurs dossiers et rejoindre officiellement la course​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Maurice Passi

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC