Le cardinal Nzapalaïnga refuse de cautionner les mensonges du pouvoir centrafricain

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Le cardinal Nzapalaïnga refuse de cautionner les mensonges du pouvoir centrafricain

 

Le cardinal Nzapalaïnga refuse de cautionner les mensonges du pouvoir centrafricain
cardinal-dieudonne-nzapalainga-conference-presse-fete-nationale – Centrafrique : Les quatre vérités de Nzapalainga sur la sécurité

 

Rédigé le 10 février 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

Faustin-Archange Touadéra vient de décrocher frauduleusement 76,15% des suffrages lors de la dernière présidentielle du 28 décembre que l’opposition conteste vigoureusement les résultats massivement truqués. Mais le cardinal Dieudonné Nzapalainga ne cache pas son exaspération face aux promesses creuses du régime.

 

L’archevêque de Bangui exprime son ras-le-bol avec franchise sur les antennes de la radio Vatican. « On ne peut pas continuer en disant que tout va bien, alors que les gens ont d’autres préoccupations », déclare-t-il sans détour à Radio Vatican. Le prélat exige que les autorités arrêtent leur comédie pathétique habituelle et transforment enfin leurs beaux discours de campagne en actions tangibles pour la population.

 

Dieudonné Nzapalainga réclame une « autocritique du pouvoir », un vrai examen de conscience plutôt que l’autosatisfaction permanente affichée par les clepto-tyrano-mythomanes. Le cardinal veut que le gouvernement établisse un inventaire honnête de ses réalisations et surtout de ses échecs, nombreux. Mais également qu’il écoute vraiment ce que souhaite le peuple, au lieu de feindre de l’ignorer.

 

La Conférence épiscopale centrafricaine ne mâche pas ses mots non plus. Dans son message du 11 janvier, elle dénonce « l’abus de pouvoir et la corruption qui sont des ennemis qu’il faut encore éradiquer ». Ces fléaux rongent le pays et enrichissent une minorité  du pouvoir pendant que la majorité des centrafricains survit dans la misère totale.

 

Le cardinal enfonce le clou : « On ne vient pas utiliser l’État pour se mettre plein les poches, pour s’enrichir personnellement ».

 

Les ressources naturelles du pays — or et diamant — profitent à de grandes compagnies étrangères et à quelques privilégiés locaux, mais les retombées pour les citoyens ordinaires restent dérisoires. Pendant ce temps, les infrastructures demeurent dans un état lamentable. « Les routes ne sont pas construites, les hôpitaux ne sont pas parfois au rendez-vous, les écoles également », énumère l’archevêque.

 

La sécurité reste précaire dans plusieurs régions. Récemment, des affrontements entre l’armée et la milice AAKG ont ensanglanté le Sud-Est, notamment à Zémio et Bambouti dans la préfecture du Haut-Mbomou. Ces violences ont éclaté juste avant l’annonce des résultats électoraux, comme si le pays ne pouvait même pas organiser un scrutin sans que le sang coule. Le calme revient petit à petit, mais la situation humanitaire demeure catastrophique.

 

Le cardinal raconte son déplacement récent dans cette zone troublée, accompagné d’un imam et d’un pasteur. « Nous nous sommes rendus à Zemio, pour rencontrer des gens, pour lancer des appels, écouter les gens, leur dire qu’on ne pourra pas construire le pays avec les armes ». Ils n’ont malheureusement pas pu rejoindre les jeunes combattants réfugiés loin dans la brousse, faute de temps.

 

Des milliers de Centrafricains terrorisés ont cherché protection dans l’enceinte de la mission catholique. L’Église s’organise comme elle peut pour accueillir ces déplacés. « Une mère ne rejette pas ses enfants », explique Nzapalainga. Instinctivement, quand le danger gronde, les gens viennent frapper à la porte de l’Église, seul refuge fiable dans la tempête.

 

Avec les responsables musulmans et protestants, le cardinal a visité les prêtres sur place. L’évêque local mobilise des fonds pour que Caritas intervienne, mais l’acheminement de l’aide reste compliqué. Les routes délabrées et l’insécurité rendent chaque convoi périlleux. « L’Église essaie de faire ce qu’elle peut, parce qu’elle ne peut pas répondre à tous les besoins », reconnaît-il avec lucidité.

 

Les Centrafricains aspirent à vivre normalement. Ils ont enduré trop de souffrances, des pénuries de médicaments, la fermeture des écoles. Ils veulent juste la paix et la possibilité de reconstruire leur existence. Cela signifie que les dirigeants doivent cesser de gouverner depuis leur tour d’ivoire et collaborer véritablement avec ceux qui viennent de voter pour eux. Le cardinal garde un mince espoir que cette fois, les choses changeront vraiment. Mais son ton laisse percer un doute tenace quant à la volonté réelle du régime de Touadéra de modifier sa façon de gouverner

 

Par Brahim Sallé

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