des ambassadeurs enchaînés par une dictature sans visage

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
En Centrafrique, les nouveaux ambassadeurs ont l’habitude de défiler comme des robots au palais de la Renaissance pour présenter leur lettre de créance. Mais derrière les saluts, une vérité glace le sang : ils prêtent serment à une dictature qui les bâillonne, sous l’œil froid des russes, conseillers à la présidence.
Une cérémonie qui cache un chantage abject
La semaine dernière, cinq diplomates issus de l’Iran, du Burundi, de la Guinée-Conakry, d’Israël et du Rwanda – ont franchi les portes du palais de la Renaissance à Bangui pour remettre leurs lettres de créance à Faustin-Archange Touadéra. À première vue, une formalité banale, ponctuée d’hymnes et de poignées de main. Mais sous cette surface lisse se joue un jeu bien plus tordu. Des sources au palais de la renaissance révèlent une pratique spectaculaire : avant de fouler le sol centrafricain, la plupart de ces émissaires doivent d’abord signer un accord préalable imposé par le régime et ses alliés russes, et c’est obligatoire, avec une clause claire : Pas un mot à l’opposition, pas un regard vers la société civile, leur exige -t-on, sous peine de voir leur accréditation refusée.
L’ambassadeur de l’Union européenne, par exemple, a dû jurer même de respecter cette clause imposer par Touadera et ses conseillers russes. Il a juré de rester sourd aux cris de l’opposition et de la société civile pour poser ses valises en Centrafrique.
Mais cette exigence n’est pas destinée à tous les diplomates. Une exception, pourtant : le Rwanda, dont le représentant, Olivier Régina Kayumba, échappe à ce marché infâme, pour des raisons qui tiennent Touadéra par le col.
Les russes, principalement les Wagner, les maîtres du jeu
Depuis leur arrivée en 2018 pour tenir les rebelles à distance, les mercenaires russes du groupe de Wagner ont planté leurs griffes dans le cœur du pouvoir centrafricain. Ils ne se bornent plus à patrouiller les routes ou à sécuriser les mines . Nommés par le Président Poutine comme conseillers à la présidence centrafricaine pour surveiller Touadera, ces russes dictent la cadence dans les antichambres de la présidence. Ce sont eux, aux côtés des conseillers les plus proches de Touadéra, qui passent les ambassadeurs au crible, exigeant une loyauté aveugle envers un régime qui vacille.
“Tu viens, mais tu te tais”, voilà le contrat qu’on leur glisse à l’oreille, un ultimatum qui transforme ces émissaires en figurants d’une pièce écrite par des Russes sans scrupules. L’Iran, le Burundi, la Guinée-Conakry, Israël, y compris tous les ambassadeurs occidentaux et africains : tous plient, leurs diplomates avalant la pilule pour ne pas repartir bredouilles. Le Rwanda, lui, passe entre les gouttes, protégé par un lien intime et stratégique avec Touadéra. Car Paul Kagame, le président rwandais, ne se contente pas d’envoyer un ambassadeur : ses troupes, déployées à Bangui, veillent sur Touadéra comme des nounous armées, un privilège scellé par un secret embarrassant.
Touadéra, un pion entre Kigali et Moscou
Ce secret, c’est une histoire qui circule dans les ruelles de Bangui et au-delà : Touadéra a un enfant avec une garde du corps rwandaise de sa épouse officielle, Brigitte Touadera. La fille qui vit aujourd’hui au Rwanda avec son enfant peul centrafricain. Ce lien charnel fait du président centrafricain un otage de Kagame, qui le tient à la couille avec ses soldats et cette filiation cachée. Le Rwanda n’a pas besoin de forcer son ambassadeur à jurer quoi que ce soit ; Touadéra, déjà à la merci de Kigali, n’osera jamais lui tendre un piège. Mais cette dynamique ne change rien pour les autres. Pendant que Kagame couve son “beau-frère” à distance, Wagner serre la vis aux diplomates étrangers, qui troquent leur intégrité contre les avantages d’une mission en zone rouge. Les primes gonflées, les galons faciles : voilà ce qui pousse ces émissaires à fermer les yeux sur un pays où la misère et la peur règnent en maîtres. Pendant ce temps, les Centrafricains, eux, n’entendent rien de ces arrangements, laissés pour compte par un monde qui préfère regarder ailleurs.
Un peuple écrasé par une élite vendue
Cette alliance toxique entre Touadéra, Wagner et leurs complices rwandais vide la RCA de toute souveraineté. À quoi servent ces ambassadeurs si leur seule mission est de polir la façade d’un régime qui vend son peuple à ses gardiens ? La coopération internationale, tant vantée dans les discours officiels, n’est qu’un écran de fumée pour cacher une dictature qui s’épanouit dans l’ombre. Les opposants sont muselés, la société civile étouffée, et les diplomates, censés porter un regard extérieur, deviennent des pions dociles dans ce jeu de pouvoir. Touadéra, coincé entre les fusils de Wagner et les chaînes de Kagame, n’est plus qu’un fantoche, un président qui parade pendant que son pays s’effrite. Et les Centrafricains, eux, attendent en vain une voix qui brise ce silence complice, une voix qui ne viendra pas de ces émissaires enchaînés par une dictature sans visage….
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