Bossembélé : François Bozizé et trois ex-militaires renvoyés devant la Cour pénale spéciale

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Bossembélé : François Bozizé et trois ex-militaires renvoyés devant la Cour pénale spéciale

 

Bossembélé : François Bozizé et trois ex-militaires renvoyés devant la Cour pénale spéciale
Lancien-President-centrafricain-Francois-Bozize – Rassemblement et coordination des forces : l’appel du général François Bozizé pour une lutte militaire unifiée en Centrafrique

 

Rédigé le 28 janvier 2026 .

Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC). 

La Cour pénale spéciale s’apprête à juger l’ancien président et trois hauts responsables militaires pour des actes remontant à son régime.

 

En effet, la Chambre d’assises de la Cour pénale spéciale a reçu mercredi 21 janvier 2026 le dossier dit « Bossembélé » opposant le Parquet spécial et les parties civiles à François Bozizé Yangouvonda et trois de ses anciens collaborateurs. L’ordonnance de renvoi du 9 septembre 2024, confirmée partiellement par un arrêt du 29 décembre 2025, établit les charges retenues contre chacun des prévenus.

 

L’ancien chef d’État doit répondre d’accusations de meurtres, d’emprisonnements arbitraires, de tortures et de disparitions forcées commis à Bangui, Bouar et Bossembélé. Ces faits auraient eu lieu notamment au Centre d’instruction militaire et à la maison d’arrêt entre février 2009 et le 23 mars 2013, période marquant la fin de son pouvoir.

 

Eugène Barret Ngaïkosset apparaît dans le dossier pour des accusations portant sur des meurtres, des détentions illégales et des actes de torture. Les lieux mentionnés incluent Bangui, Bossembélé et le Centre d’instruction militaire durant la même période que celle de l’ancien président.

 

Vianney Semndiro devra s’expliquer sur des faits allégués de privation de liberté, de torture et de disparitions forcées ayant causé de lourdes souffrances physiques et mentales. Son dossier couvre la période du 4 mai 2009 à mars 2011 dans les mêmes zones géographiques que ses coaccusés.

 

Firmin Junior Danboy, quatrième prévenu, voit son nom associé à des meurtres, des emprisonnements contraires au droit international et des tortures. Les accusations le concernant portent sur la période du 28 juillet 2011 au 23 mars 2013, principalement à Bangui et Bossembélé.

 

Un mandat d’arrêt international vise actuellement François Bozizé Yangouvonda, ce qui complique sa comparution devant la juridiction centrafricaine. Les autres prévenus devront prochainement participer aux conférences de mise en état, étape préparatoire aux débats judiciaires proprement dits.

 

La Cour pénale spéciale rappelle que tous les accusés bénéficient de la présomption d’innocence à ce stade de la procédure. Cette juridiction hybride, créée par la loi organique du 3 juin 2015, détient le mandat d’examiner les crimes de droit international perpétrés en République Centrafricaine depuis 2003.

 

Par ailleurs, l’action de la Cour pénale spéciale mérite reconnaissance pour avoir ouvert ce dossier sensible visant l’ancien régime. Toutefois, de nombreuses voix s’élèvent pour demander une équité judiciaire réelle et complète sur l’ensemble du territoire centrafricain. Plusieurs membres du gouvernement actuel, dont le ministre de la Justice lui-même, font l’objet d’accusations graves de crimes qu’il conviendrait d’examiner avec la même rigueur.

 

Les mercenaires russes du groupe Wagner, présents sur le sol centrafricain, sont également auteurs de multiples exactions qui demeurent impunies à ce jour. L’affaire Hassan Bouba demeure dans tous les esprits : cet homme, placé sous la juridiction de la Cour, a été libéré de force par ces mêmes mercenaires sans que cela ne déclenche de réaction judiciaire appropriée.

 

La crédibilité de la Cour pénale spéciale dépendra de sa capacité à poursuivre tous les auteurs présumés de crimes, quelle que soit leur affiliation politique ou leur proximité avec le pouvoir en place. L’institution ne peut se limiter à examiner uniquement les dossiers concernant les opposants au régime actuel sous peine de perdre toute légitimité aux yeux de la population centrafricaine​​​​​​​​​​​​​​​​

 

Par Brahim Sallé

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