Accusé de ne pas leur avoir cédé le passage, un homme tabassé et poignardé à mort par des combattants du 3R à Carnot

Rédigé le 28 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le 23 janvier dernier, un homme rentrant chez lui a trouvé la mort sous les coups d’ex-rebelles du mouvement 3R pour une question de priorité routière.
Les faits se sont déroulés à Dinguiri, un village situé à environ 60 kilomètres de Carnot, dans la préfecture de la Mambéré. La victime revenait chez elle après avoir consommé de l’alcool ce vendredi-là. Son état d’ébriété allait malheureusement contribuer au déroulement tragique des événements qui allaient suivre.
Sur le chemin du retour, l’homme a croisé un groupe d’éléments du mouvement 3R circulant sur des motos. Il faut rappeler que ce mouvement rebelle a récemment signé un accord de paix avec le gouvernement le 19 avril 2025 à Ndjamena, au Tchad. Depuis lors, certains combattants ont rejoint l’armée nationale tandis que d’autres attendent leur désarmement, ce qui les place désormais sous l’autorité gouvernementale.
Lorsque les ex-rebelles de 3R sur leurs motos ont aperçu l’homme, ils se sont arrêtés brusquement devant lui. Ils lui ont reproché de ne pas avoir libéré le passage malgré leur présence visible. Cette simple question de priorité routière allait dégénérer en violence extrême contre le pauvre homme.
L’état d’intoxication de la victime n’a probablement pas facilité le dialogue avec les ex-combattants. Les anciens rebelles ont alors commencé à frapper l’homme de manière répétée sans que personne n’intervienne. Les coups pleuvaient sur le corps de la victime qui ne pouvait plus se défendre correctement.
Puis l’un des ex-rebelles a sorti un couteau et a porté un coup fatal à l’homme. La victime s’est effondrée sur place, son décès survenant immédiatement après cette agression au couteau. Les agresseurs sont alors remontés sur leurs motos et ont quitté les lieux rapidement sans se retourner.
Il faut noter que bien que le mouvement 3R compte majoritairement des ex-rebelles de la communauté peule, les auteurs de cette agression appartiennent à la composante chrétienne du groupe. Cette précision s’avère importante car l’amalgame est souvent fait entre le mouvement et une seule communauté religieuse ou ethnique dans l’opinion publique centrafricaine.
La présence de combattants chrétiens au sein du 3R reste méconnue du grand public dans le pays. Pourtant, cette diversité existe bel et bien dans la composition du mouvement armé depuis sa création. L’acte commis ce vendredi ne peut donc être attribué à une communauté spécifique mais relève de la responsabilité individuelle de ses auteurs.
Par Henri Mandazou
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