Appel à l’unité ou menace déguisée ? Balalou criminalise la dissidence sous prétexte de “discours de haine”

Rédigé le 08 février 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Maxime Balalou a dévoilé ce mercredi la nouvelle arme du régime pour museler l’opposition. Sous couvert d’appel à l’unité nationale, le clepto-mythomane criminalise par avance toute contestation du hold-up électoral en la qualifiant de “discours de haine”.
« Il a mis en garde contre les discours de haine, la désinformation, les discours belliqueux et aussi il s’est présenté sur l’usage malveillant, n’est-ce pas, de l’IA, ce qu’on appelle l’Intelligence Artificielle, à travers les braconnées, l’information sur les réseaux sociaux », a déclaré le mythomane avec un sérieux qui cache mal la menace. Cette sortie intervient juste après avoir glorifié un score de 77,90% obtenu dans des conditions plus que douteuses et célébré la victoire écrasante de Cœurs Unis qui rafle cinquante sièges pendant que l’opposition n’obtient rien.
Le porte-parole encadre cette mise en garde dans un discours apparemment consensuel. « Ce qui est marquant, il faut le reconnaître, de ce discours, c’est l’appel à l’Unité nationale et au rassemblement. Ce pays a besoin de la paix, d’unité, de la fraternité, que nous devions tous construire cette unité ensemble. » Mais cette fraternité affichée cache une injonction claire : ralliez-vous au pouvoir ou vous serez qualifiés de semeurs de haine.
Balalou développe ensuite sa vision de cette unité obligatoire. « C’est une volonté affirmée de gouverner sans distinction, sans exclusion dans un esprit, n’est-ce pas, de fraternité. » Sans exclusion ? Les chiffres du premier tour démentent cette affirmation. Zéro siège pour l’URCA de Dologuélé, zéro pour le parti de Dondra, zéro pour toutes les grandes formations d’opposition. Cette fraternité sélective ne concerne visiblement que ceux qui acceptent de se soumettre au régime.
Le clepto-mythomane poursuit sa rhétorique de réconciliation forcée. « Il a réaffirmé encore, il t’en a mis à ses frères, même de l’opposition. Il a même dit qu’il est prêt à travailler avec tout le monde. Ceux qui n’ont pas voté pour lui, qu’ils sachent qu’il est leur président. » Travailler avec l’opposition à condition qu’elle accepte sa marginalisation totale et qu’elle valide le hold-up électoral qui vient de la priver de toute représentation parlementaire.
Balalou invoque ensuite l’absence de gagnants et de perdants. « Il n’y a pas de gaillant ni de perdant. Il a dit que le seul gaillant c’est le peuple centrafricain. » Cette formule creuse insulte l’intelligence de ceux qui ont vu leurs partis exclus du Parlement malgré des millions de votes. Le gagnant, c’est Touadéra avec ses 77,90% truqués. Les perdants, ce sont tous ceux qui refusent de se prosterner devant cette victoire fabriquée.
Le mythomane insiste sur sa nouvelle politique d’unité. « Sa nouvelle politique n’est pas la facture, non, c’est l’unité comme il l’a toujours caractérisée. Ensemble, travaillons ensemble pour remplir cette mission sacerdota, le serveur du peuple. » Travailler ensemble signifie donc accepter un coup d’État électoral, valider un score grotesque, et applaudir l’exclusion de l’opposition du jeu démocratique. Voilà la conception de l’unité selon Balalou.
Le porte-parole exige ensuite un dépassement de soi. « Il a demandé, il nous a demandé à nous tous un dépassement de soi. Il va au-delà des clivages politiques. » Ce dépassement consiste apparemment à renoncer à toute critique du régime et à toute contestation des résultats électoraux. Aller au-delà des clivages politiques revient à nier l’existence même de l’opposition et à transformer le pays en parti unique déguisé.
Balalou termine sur une note d’apaisement imposé qui sonne comme une menace à peine voilée. « La place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place n’est plus aux insultes, ni à la division, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Décryptage : toute critique du régime devient querelle, toute contestation devient haine, toute diffusion de preuves de fraude devient division. Et ceux qui persisteront dans ces comportements s’exposent à la répression.
Le clepto-mythomane développe ensuite le message présidentiel d’inclusion. « Le président de la République a donné le temps, à travers un discours, assembleur, de paix, de fraternité et d’engagement à construire la nouvelle République Centrafricaine avec tout le monde. Personne ne se l’a mis de côté. » Personne n’est mis de côté, sauf les grands partis d’opposition qui n’ont obtenu aucun siège. Personne n’est exclu, sauf les millions de Centrafricains dont les votes n’ont servi à rien face au rouleau compresseur de Cœurs Unis.
Balalou lance ensuite un appel patriotique qui ressemble davantage à une sommation. « Cet appel patriotique doit nous pousser tous, ensemble, à dépendre de cet appel du président de la République, de bâtir une nation fraternelle, une nation unie, où nous allons mettre de côté nos égaux. Nous devons travailler tous ensemble pour un seul pays. » Mettre de côté nos égaux ou nos égos ? Cette confusion révèle peut-être le fond de la pensée du mythomane. Le régime veut que les Centrafricains mettent effectivement de côté leur dignité, leurs droits, leur liberté de contester.
Le porte-parole répète son mantra de pacification forcée. « Et si nous avons compris le fond de ce message du président de la République aujourd’hui, la place n’est plus au querelle, la place n’est plus à la haine, la place est à l’amour, la place est à l’union, ensemble, derrière le président de la République. » Comprendre le fond du message signifie accepter de se taire, de valider le hold-up électoral, et de renoncer à toute forme de dissidence.
Balalou invoque ensuite le respect des institutions pour mieux piéger l’opposition. « Nous ne pouvons pas à la fois accepter les institutions et à la fois les dévoyer non. Nous devrions respecter nos institutions, les rendre plus fortes. Cet appel au respect des décisions aussi, il a voulu dire que nous n’avons plus de temps à perdre. » Respecter les institutions signifie donc accepter le verdict du Conseil constitutionnel qui a validé les 77,90% de Touadéra. Contester ce verdict devient un acte de subversion institutionnelle passible de sanctions.
Le mythomane énumère ensuite les priorités gouvernementales. « C’est pour ça que dans son engagement, il a parlé de la stabilité des institutions, de la paix durable, de la cohésion nationale, du développement socio-économique. » La stabilité, la paix, la cohésion : autant de mots-codes pour désigner la soumission au régime. Toute remise en cause du hold-up électoral menace cette stabilité et justifie donc une réponse ferme du pouvoir.
Balalou termine sur la continuité de l’État. « La continuité de l’État et son engagement pour stabiliser non seulement les institutions, mais créer les conditions pour que ce pays reste en paix. » Créer les conditions de la paix passe donc par la criminalisation de toute dissidence sous prétexte de discours de haine. Cette paix n’est que le silence forcé d’une population muselée.
La stratégie du régime apparaît désormais limpide. En qualifiant toute contestation de discours de haine, toute critique de désinformation, toute diffusion de preuves de fraude d’usage malveillant de l’IA, le pouvoir se donne les moyens juridiques et rhétoriques de réprimer l’opposition. Les Centrafricains qui dénoncent les bourrages d’urnes deviennent des semeurs de haine. Ceux qui diffusent des vidéos de fraudes deviennent des manipulateurs utilisant l’Intelligence Artificielle. Ceux qui refusent de reconnaître les 77,90% de Touadéra deviennent des ennemis de la paix nationale.
Cette criminalisation préventive de la dissidence s’inscrit dans une logique autoritaire bien rodée. Le régime ne réprime plus des actes mais des paroles. Il ne sanctionne plus des violences mais des critiques. Il ne combat plus des ennemis armés mais des voix dissidentes sur les réseaux sociaux. Et tout cela au nom de l’unité nationale, de la fraternité, et de la lutte contre les discours de haine.
Les mercenaires russes peuvent continuer à quadriller le territoire. Les FACA peuvent continuer à fuir devant l’ennemi comme à Bambouti. Cœurs Unis peut continuer à rafler tous les sièges pendant que l’opposition n’obtient rien. Touadéra peut continuer à accumuler les mandats via des référendums controversés. Tout cela devient acceptable du moment qu’on l’enrobe dans un discours d’amour et d’union nationale.
Balalou maîtrise parfaitement cette inversion rhétorique. Les vrais semeurs de haine sont ceux qui organisent des hold-up électoraux et privent des millions de Centrafricains de représentation. Les vrais propagateurs de désinformation sont ceux qui qualifient de démocratique un scrutin où un seul parti rafle tout. Les vrais utilisateurs malveillants de tous les outils disponibles sont ceux qui truquent les urnes, ferment les bureaux de vote dans les zones d’opposition, et font valider des scores grotesques par un Conseil constitutionnel aux ordres.
Mais dans la Centrafrique de Touadéra et de son porte-parole mythomane, la vérité n’a plus cours. Seule compte la version officielle, celle qui transforme chaque fraude en victoire démocratique, chaque répression en mesure de paix, chaque exclusion en fraternité inclusive. Et ceux qui osent contester cette version s’exposent désormais à être qualifiés de propagateurs de discours de haine
Par Gisèle MOLOMA
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