Bangui : un régime qui sacrifie son peuple sous un mirage de progrès, selon Yves Sangami

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Bangui, la capitale centrafricaine, la vie quotidienne ressemble à un combat permanent. Pas contre des ennemis visibles, mais contre l’absence d’eau potable et d’électricité, ces besoins de base que tout gouvernement digne de ce nom devrait garantir. Yves Sangami, conseiller spécial du Président de l’URCA Anicet Georges Dologuélé, , n’y va pas par quatre chemins pour décrire cette réalité. Dans le débat Patara du samedi 15 mars dernier sur la radio Ndéké-Luka, il a mis des mots crus sur une situation que les Centrafricains subissent depuis trop longtemps, dénonçant un régime incapable de tenir ses promesses et qui, pire encore, semble se moquer de son peuple.
« L’eau potable, c’est la vie, et vous savez, c’est la vie », martèle Yves Sangami. Cette phrase, simple mais lourde de sens, résume l’enjeu. Sans eau, pas de dignité, pas de santé, pas d’avenir. Pourtant, à écouter les partisans du régime comme William Ndjapou , conseiller du président, on croirait presque que tout va bien. Ils se vantent d’être passés de 37 % à 51 % d’accès à l’eau potable depuis 2016. Mais Yves Sangami n’est pas dupe : selon les chiffres de l’UNICEF en 2023, moins de 10 % des Centrafricains ont réellement accès à une eau propre. Alors, où est la vérité ? Dans les beaux discours ou dans les bidons jaunes que les enfants traînent à 3 heures du matin dans les rues de Bangui ? Pour lui, la réponse est claire : « C’est un mirage, cette amélioration ». Les progrès vantés par le régime ne sont qu’une illusion, une façade pour cacher une réalité bien plus sombre.
Et cette réalité, elle a un coût. Des enfants meurent dans les hôpitaux faute d’électricité pour alimenter les appareils médicaux. Des femmes parcourent des kilomètres pour trouver une goutte d’eau, parfois au péril de leur sécurité, comme cette fillette violée à Miskine en cherchant de l’eau à 23 heures. Face à cela, Yves Sangami ne mâche pas ses mots : « C’est criminel ». Comment qualifier autrement le fait que sur 6 millions de Centrafricains, seuls quelques privilégiés, souvent proches du pouvoir, aient de l’eau et de l’électricité dans le pays?
Mais où va l’argent censé régler ces problèmes ? La Banque mondiale et d’autres partenaires ont injecté des milliards pour soutenir les secteurs de l’eau et de l’électricité. Yves Sangami pose la question qui fâche : « Cet argent est allé où ? ». Pas dans les tuyaux de la SODECA, visiblement, ni dans les lignes de l’ENERCA. Lui-même raconte avoir souscrit un abonnement à la SODECA il y a trois ans, payé en bonne et due forme, sans jamais voir une goutte d’eau arriver chez lui. Et il n’est pas le seul. Les Centrafricains paient pour des services fantômes, pendant que les responsables, bien installés dans leurs bureaux, échappent à toute sanction. « Il n’y a pas de véritable politique qui est mise en œuvre », assène-t-il….
Depuis 2016, sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra, les promesses s’accumulent, mais les résultats restent introuvables. Un château d’eau inachevé à Bimbo sur les 5000 promis, des forages qui ne marchent pas, des stations de pompage en panne : voilà le bilan concret….
Pour Yves Sangami, ce fiasco n’est pas juste une question d’incompétence. C’est une trahison. Le ministère de l’Énergie et de l’Hydraulique, qui gère aussi le carburant, est un désastre total….
« C’est un cercle à ciel ouvert, tous les voyants sont au rouge », dit-il. Eau, électricité, carburant : rien ne fonctionne. Et pourtant, le régime trouve des milliards en un clin d’œil quand il s’agit de pousser un référendum pour un troisième mandat. Mais pour l’eau et l’électricité ? Rien. « On a l’impression qu’on ne vit pas dans le même pays », soupire-t-il, opposant le quotidien des élites, avec leurs forages privés et leurs groupes électrogènes, à celui des habitants des quartiers populaires, étouffés par la poussière et la chaleur….
Alors, que faire ? Yves Sangami en appelle à la rue : « On devrait marcher pour demander des comptes au directeur général de l’ENERCA ou de la SODECA ». Pourquoi manifester pour un mandat supplémentaire quand la jeunesse n’a ni eau pour boire, ni électricité pour étudier ? Il interpelle les citoyens, mais aussi les dirigeants : « Il faut qu’on puisse sortir de cette situation ». Ce n’est pas une suggestion, c’est un cri d’urgence. Parce que vivre comme ça, ce n’est pas vivre – c’est survivre. Et pour lui, un gouvernement qui laisse son peuple survivre au lieu de lui offrir une vie digne….
Cet article pourrait s’arrêter là, mais une dernière pique de Yves Sangami résonne encore : quand on lui demande pourquoi les autorités n’arrivent pas à résoudre ces crises cycliques, il répond, cinglant : « Je ne suis pas au pouvoir, je ne gouverne pas. » Une façon de renvoyer la balle à ceux qui, eux, ont les rênes, et qui, visiblement, ne savent pas quoi en faire….
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![MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir MLPC : Martin Ziguélé sort du silence et fustige les « mercenaires politiques » à la solde du pouvoir Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de , En marge de la réunion hebdomadaire du bureau politique du Mouvement de Libération du Peuple Centrafricain (MLPC), le président du parti et ancien Premier ministre, Martin Ziguélé, a vigoureusement répondu aux dissidents de sa formation politique. Face aux actions de Jackson Mazette, Chantal Jean-Édouard Koyambonou et Étienne Malekoudou, qu'il qualifie de « mercenaires politiques », le leader du MLPC a tenu à clarifier la situation juridique et politique de son parti. Une « escroquerie intellectuelle » : le rappel des textes du parti Interrogé sur la légitimité de la direction actuelle face aux contestations des dissidents, Martin Ziguélé a d'abord tenu à effectuer un rappel rigoureux du cadre juridique régissant le MLPC. Qualifiant la situation créée par les dissidents de « complètement ridicule », il a rappelé que le parti est régi par des statuts et un règlement intérieur déposés auprès du ministère de l’Administration du territoire ainsi que du notaire du parti, des textes dont la légalité n'a jamais été contestée. S'appuyant sur l'article 24 des statuts et du règlement intérieur, Martin Ziguélé a expliqué le fonctionnement des instances : « Le Congrès est l'organise suprême du parti. Il élit le président du parti, le bureau politique, le Conseil politique national, tous les organes du parti. Il reste en fonction pendant 3 ans, c'est la durée statutaire. Mais, parce qu'il y a un mais, ce bureau est automatiquement dissous lorsque se met en place le bureau du nouveau congrès ordinaire du parti. » Dans la continuité de sa démonstration, l'ancien Premier ministre a réfuté l'argument des dissidents selon lequel le mandat du bureau actuel serait arrivé à expiration. Il a retracé l'histoire du parti, créé en 1979, rappelant que les congrès ordinaires ont souvent connu des intervalles particulièrement longs, neuf ans entre le premier et le deuxième congrès, puis treize ans entre le troisième et le quatrième, organisé en 2020, sans que cela n'ait jamais remis en cause la légitimité de la direction en place. « Le fait que depuis 2020 on n'ait pas tenu un congrès jusqu'en 2020, ou jusqu'en 2023 ou en 2024, ce n'est pas là la raison. C'est de l'escroquerie intellectuelle. Le véritable problème est ailleurs. » explique-t-il. Les révélations sur une déstabilisation orchestrée par le pouvoir Au-delà de l'aspect juridique, Martin Ziguélé estime que la crise actuelle trouve son origine dans un contexte politique bien précis. Selon lui, la fracture au sein du MLPC est née au lendemain des élections de 2021. Après le refus du MLPC de participer au Dialogue républicain, une décision prise collégialement par le bureau politique et non par lui seul, le pouvoir en place aurait, selon lui, activé plusieurs leviers afin de déstabiliser le parti. Martin Ziguélé accuse directement le président de la République, Faustin-Archange Touadéra, d'avoir financé les dissidents : « Dès le lendemain du dialogue républicain, le pouvoir a décidé de déstabiliser la direction du MLPC. Et le pouvoir, et notamment le président de la République, a donné des moyens financiers. Puisque c'est eux-mêmes qui en parlent, c'est eux-mêmes qui le ddisent, c'est eux-mêmes qui se disputent publiquement sur la répartition de cet argent-là, avec pour objectif de déstabiliser la direction du parti. » À ses yeux, l'éclatement des dissidents en plusieurs factions, « MLPC », « MLPC CO », tandis que Stanislas Zoumbeti évoluerait en solitaire, constitue une illustration supplémentaire de cette stratégie de division. Il y voit la preuve qu'ils ne disposent d'« aucune base légale sérieuse ». Il rappelle, à cet égard, que l'article 12 des statuts prévoit que seul le président du parti ou les deux tiers des membres du Conseil politique national peuvent convoquer un congrès. Dès lors, le seul congrès qu'il considère comme pleinement légitime demeure le cinquième congrès ordinaire, tenu les 9 et 10 septembre derniers. Des « porteurs d'eau » et des « mercenaires » Poursuivant son argumentaire, le président du MLPC estime que l'attitude de ses opposants internes est incompatible avec la vocation même d'un parti d'opposition, dont la mission consiste à proposer une alternative politique crédible afin de conquérir démocratiquement le pouvoir. « Vous ne pouvez pas dire que vous voulez révolutionner, réveiller votre parti politique en allant soutenir celui qui est au pouvoir. Ça veut dire que c'est des porteurs d'eau, c'est des gens qui sont utilisés, employés. C'est des mercenaires comme les Wagner sur le plan politique là, ils sont des mercenaires également sur le plan politique. » Par ailleurs, Martin Ziguélé affirme que la plainte déposée il y a plus de deux ans contre ces dissidents demeure bloquée. Selon lui, ce procès serait entravé par le pouvoir ainsi que par le ministre d'État à la Justice, comme l'aurait indiqué l'avocat du parti, Maître Nicolas Tiangaye. Malgré cette situation, le président du MLPC assure que « Le parti est debout ». Il estime que le peuple centrafricain demeure lucide et ne se laissera pas abuser par ce qu'il considère comme des manœuvres de déstabilisation financière et politique. L’ancien Premier ministre balaie d'un revers de main les prétendus projets de « réconciliation » avancés par les dissidents du MLPC CO ou d'autres mouvances. Il martèle que la direction d'un parti historique ne se conquiert ni par des accords de couloir ni par des alliances opportunistes avec le pouvoir en place. En réaffirmant sa confiance dans la clairvoyance du peuple centrafricain, Martin Ziguélé présente le MLPC qu'il dirige comme un parti uni, résolu à résister aux tentatives de déstabilisation et aux entreprises de corruption politique. Par Gisèle MOLOMA Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC Abonnez-vous à notre chaine YouTube : Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65 Email : Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/08/martin-ziguele-1-218x150.jpg)

