Zémio : Les dessous de l’affrontement sanglant entre les soldats FACA et les mercenaires russes du groupe Wagner

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Zémio : Les dessous de l’affrontement sanglant entre les soldats FACA et les mercenaires russes du groupe Wagner

 

 

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Par : la rédaction de ,  

L’affrontement armé survenu ce mercredi à Zémio dévoile la rupture profonde et la colère grandissante des militaires centrafricains devant l’arrogance et les violences répétées des mercenaires russes.

 

La ville de Zémio, située dans le Haut-Mbomou, a été plongée dans la terreur ce mercredi 24 juin 2026 à partir de 19h50. Si les premières rumeurs évoquaient une incursion de la milice d’autodéfense Azandé, les investigations menées sur le terrain par la rédaction de Corbeau News Centrafrique montrent une réalité tout autre. Il s’agit d’un affrontement direct, à l’arme lourde et légère, entre les soldats des Forces armées centrafricaines et leurs alliés russes du groupe Wagner. L’origine de cette discorde est aussi surprenante que révélatrice du climat de frictions permanentes qui règne entre les deux corps.

 

Tout a commencé autour de la gestion de l’abattoir municipal. Inquiets pour leur sécurité en raison de la présence diffuse de groupes armés autour de la ville, les éleveurs de bétail et les bouchers ont pris la décision de déplacer leurs activités de la périphérie vers le centre, à proximité immédiate de la base des FACA. Cependant, les nuisances et les odeurs insupportables liées à l’abattage quotidien des bêtes ont rapidement poussé les militaires centrafricains à exiger le retour des bouchers sur leur site initial. Refusant d’obtempérer, ces derniers ont rétorqué qu’ils ne traitaient qu’avec les mercenaires russes, ignorant l’autorité des forces nationales.

 

Mis au courant de la situation, un détachement de Wagner s’est rendu à la base des FACA non pas pour concilier, mais pour dicter sa loi. Les mercenaires russes ont proféré des menaces directes à l’encontre des soldats centrafricains, leur ordonnant de ne pas se mêler des affaires des éleveurs. Au cours de cette altercation verbale d’une grande violence, un mercenaire russe a soudainement ouvert le feu, touchant délibérément un soldat centrafricain à la jambe.

 

Ce coup de feu a mis le feu aux poudres. Refusant de voir leur camarade abattu sous leurs yeux, les autres militaires centrafricains ont immédiatement riposté. Des tirs de sommation en l’air ont d’abord retenti, suivis rapidement d’un échange de tirs direct et nourri à bout portant. Pendant plusieurs heures, le centre-ville est devenu le lieu d’une fusillade acharnée entre alliés d’hier.

 

Le bilan de ce face-à-face est lourd. Du côté civil, une femme enceinte a perdu la vie après avoir reçu une balle perdue au cours des échanges. Du côté des forces nationales, deux soldats ont été gravement blessés et conduits en urgence pour recevoir des soins. Quant aux pertes chez les mercenaires de Wagner, l’opacité reste totale. Fidèles à leur stratégie de communication, les forces russes dissimulent continuellement leurs morts et leurs blessés afin de maintenir une image d’invincibilité auprès de la population.

 

Cet incident grave survenu à Zémio met en évidence un phénomène nouveau : la résistance des soldats centrafricains. Habituellement habitués à subir des humiliations, des coups de fouet et des violences physiques de la part des instructeurs russes sans broncher, les militaires nationaux commencent désormais à dire non. Cette insurrection locale devant les exactions de Wagner pourrait faire tache d’huile à travers tout le pays.

 

Si cette révolte venait à se généraliser dans les autres préfectures, l’avenir du dispositif sécuritaire actuel serait grandement menacé. Les mercenaires russes ne comptent qu’un peu plus de 2 000 hommes sur le territoire, alors que les effectifs des forces nationales avoisinent les 20 000 soldats. En cas de soulèvement général, le rapport de force basculerait inévitablement, mettant en péril le régime lui-même. Il appartient désormais au président Faustin-Archange Touadéra et à son chef d’état-major de recadrer d’urgence ces forces bilatérales et de faire respecter la dignité des soldats nationaux, sous peine de voir la situation leur échapper définitivement.

 

Par Éric Nzapa

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