Procès Ndélé-2 : les témoins mystérieusement amnésiques à l’audience

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
L’audience de ce mercredi à la Cour Pénale Spéciale (CPS) de Bangui a démontré un paradoxe spectaculaire. Alors que les massacres de Ndélé auraient fait plus de 60 morts en 2020, les témoins clés peinent étrangement à reconnaître les accusés ou même à confirmer les faits.
Dans le box des accusés, trois hommes : Omar Serge Abdoulaye Hassan, Abdraman Seliman alias Ada et Hamat Abakar Hissen alias Mahmat Ankadreur. Les six autres, dont le général Facher, sont jugés par contumace. Les charges sont lourdes : crimes contre l’humanité, meurtres, atteintes à la dignité humaine, crimes de guerre.
L’audience a démarré sous de bons auspices avec le témoignage de l’imam Abdel Hafiz Sumaïn. Le religieux a décrit sans détour les exactions commises par les éléments armés du FPRC dans les villages d’Aliou, Lemena et Gouzbeïda : “Des maisons incendiées, des corps brûlés, des populations contraintes à l’exode“.
Puis vint le témoin M202. Dissimulé dans un isoloir bleu, ses réponses se sont limitées à une litanie de dénégations. “Je ne reconnais pas… Je ne sais pas… Je n’étais pas là…” Une amnésie sélective qui interpelle le parquet.
Le substitut du procureur, Alain Tolmo, tente d’expliquer ce mutisme : “En temps de guerre, personne ne reste regarder qui commet les crimes“. Une justification qui peine à convaincre les familles des victimes venues de Ndélé, située à 654 kilomètres de Bangui.
À la sortie de l’audience, un avocat des parties civiles confie: “Comment obtenir justice quand les témoins ont plus peur des accusés que confiance en la protection de la cour ?” Une vingtaine d’autres témoins doivent encore comparaître.
Cette affaire, déterminante pour la crédibilité de la CPS, pose une question absolue : la justice centrafricaine peut-elle réellement protéger ceux qui osent témoigner ? En attendant, à Ndélé, les victimes s’interrogent sur leur chance d’obtenir réparation.
Les audiences reprendront dans les prochains jours au siège de la CPS à Bangui. Le procès Ndélé-2, qui concerne spécifiquement les exactions de la faction Rounga du FPRC, doit faire la lumière sur l’un des épisodes les plus sanglants du conflit centrafricain.
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](http://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)

