Pourquoi Faustin-Archange Touadera a-t-il si peur de l’opposant Anicet-Georges Dologuelé qu’il prétend avoir écrasé ?

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L’acharnement du régime de Faustin-Archange Touadera alias Baba Kongoboro contre Anicet Georges Dologuélé trahit une faiblesse que les scores bidons et pathétiques  de la dernière présidentielle du 28 décembre tentent de cachés. En transformant un candidat crédible en paria administratif, Faustin-Archange Touadéra avoue implicitement que sa frauduleuse victoire sort d’un véritable hold-up électoral et non   d’un processus clair et démocratique.

 

En effet, le pouvoir en place à Bangui semble habité par une contradiction qui frise la paranoïa. D’un côté, Faustin-Archange Touadéra, lors de sa dernière déclaration sur l’affaire du passeport diplomatique de Dologuelé, s’est précipité pour rappeler à ses auditoires des résultats électoraux qui lui donneraient une avance confortable, reléguant son principal adversaire à un modeste score de 13 %.

Pourquoi Faustin-Archange Touadera a-t-il si peur de l’opposant Anicet-Georges Dologuelé qu'il prétend avoir écrasé ?

 

 

De l’autre, l’appareil d’État se mobilise avec une vigueur suspecte pour neutraliser ce même opposant, au point de lui interdire de circuler librement. Cette peur panique devant un homme prétendument vaincu indique que les chiffres sortis des urnes ne reflètent en rien la réalité du poids politique sur le terrain.

 

Si la victoire était aussi nette que proclamée, le régime n’aurait pas besoin de confisquer des passeports à l’aéroport ou de déployer des hélicoptères de combat pour une simple élection législative à Bokaranga.

 

L’exigence d’une demande de réintégration dans la nationalité centrafricaine est le sommet pathétique et criminel de cette stratégie d’exclusion.

 

En tentant de fabriquer un étranger là où le Conseil Constitutionnel a reconnu un citoyen, le palais de la Renaissance cherche à effacer une menace qu’il ne parvient pas à digérer. Cette traque administrative montre que le régime se sait illégitime dans le cœur de la quasi-totalité des compatriotes centrafricains.

 

On ne mobilise pas le Procureur de la République et le ministre de l’Intérieur pour un dossier de voyage ordinaire si l’on ne craint pas l’influence internationale et la parole d’un homme d’État respecté. Le détournement des moyens publics pour empêcher un opposant de remplir ses fonctions au sein de l’Union Africaine prouve que la survie du clan passe avant le prestige du pays.

 

Cette haine manifeste, qui s’exprime par le mépris des courriers officiels et le refus de tout dialogue républicain, installe un climat de persécution.

 

Touadéra prétend que les élections sont terminées, mais son comportement indique qu’il est toujours en guerre contre un rival qu’il ne peut ni acheter, ni faire taire. Le blocage des documents d’identité est une aveu d’impuissance politique. On préfère l’arbitraire à la compétition loyale, la menace aux arguments de fond.

 

Chaque obstacle posé sur la route de Dologuélé renforce l’idée que le pouvoir actuel repose sur un socle de sable, obligé de recourir à la force brute et à la confiscation des droits civiques pour maintenir l’illusion d’une domination totale. Les victimes de cette dérive ne se comptent plus seulement dans les rangs de l’opposition, car c’est l’image même de la Centrafrique qui s’abîme dans cette gestion de quartier où le ressentiment personnel dicte les décisions de justice.

 

En transformant la nationalité en une monnaie d’échange pour obtenir une allégeance, le dictateur de Bangui Faustin-Archange Touadera s’éloigne chaque jour un peu plus du rôle de garant des institutions. L’acharnement contre un “perdant” officiel devient la preuve que le véritable gagnant de l’estime populaire n’est pas celui qui occupe le fauteuil présidentiel. Cette obsession de l’élimination politique, menée avec une débauche de moyens financiers et matériels de l’État, finit par donner raison à ceux qui dénoncent un vol électoral à grande échelle.

 

La traque se poursuit jusque dans les villages les plus reculés, là où la simple présence d’un adversaire suffit à faire trembler l’ensemble de l’exécutif.

 

Par Gisèle MOLOMA

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