À Zemio, des malades du VIH sans médicaments et sans personnel pour les soigner
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Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Depuis 2017, la région de Zemio vit sous la pression d’une crise armée qui a forcé des milliers de personnes à fuir vers Zapay, en République démocratique du Congo. Parmi ces déplacés figurent des patients sous traitement antirétroviral à vie, dont la survie dépend d’une prise régulière et ininterrompue de leurs médicaments.
Le temps qui passe aggrave leur situation. Plus les mois s’écoulent, plus il devient difficile pour ces malades de retrouver leurs ARV dans les conditions d’exil où ils vivent. La reprise des affrontements en mai 2024, à partir de Koumboli, entre les FACA, la police, les forces russes de la milice Wagner et les milices de l’AAKG, a rendu le retour vers les structures de soins pratiquement impossible pour la plupart d’entre eux.
À l’hôpital secondaire de Zemio, le personnel soignant qui est resté porte lui-même des blessures invisibles. Les agents du bureau de rendez-vous ont vécu des épisodes difficiles qui les ont marqués durablement, au point que leur capacité à tenir le service dans des conditions normales est aujourd’hui sérieusement compromise.
C’est dans ce contexte qu’une décision a été prise de renvoyer l’assistante chargée de la dispensation des médicaments à son lieu d’affectation d’origine, sans qu’elle ait été au préalable consultée ni entendue. Une telle démarche soulève une question pratique immédiate : comment assurer la continuité du service quand une seule personne en avait la charge, et qu’elle part sans passation ?
Le poste de dispensation des ARV ne peut fonctionner avec un seul agent, surtout dans un environnement aussi tendu. Il aurait fallu renforcer cette assistante avec au moins un ou deux soignants formés à la prise en charge des pathologies liées au VIH/SIDA, avant même d’envisager quelque réorganisation que ce soit.
Le renvoi d’un agent sans remplacement préparé ni transfert de responsabilités crée un vide que les malades paient de leur santé. Dans une structure qui dessert des patients dont chaque jour sans traitement peut avoir des conséquences irréversibles, les décisions administratives ne peuvent pas être prises à la légère, sans évaluation préalable des difficultés réelles du terrain.
Les tensions entre membres du personnel soignant, dans un tel contexte, ne sont ni une surprise ni une fatalité. Elles résultent d’une organisation qui ne tient pas compte des conditions humaines dans lesquelles ces agents travaillent. La violence, quelle que soit sa forme, n’a jamais produit de soins de qualité.
Par Éric Nzapa
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