Centrafrique : quand l’oncle Jean-Pierre Waboué, à la tête du conseil constitutionnel, valide le coup d’État électoral de son neveu Faustin Archange Touadera

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Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Jean-Pierre Waboué vient d’apposer son tampon sur la plus grande arnaque électorale de l’histoire de la Centrafrique. Son neveu Touadera obtient miraculeusement 77% avec la bénédiction constitutionnelle.
Le verdict est tombé ce lundi 19 janvier 2026 à Bangui, deux semaines après la proclamation des résultats par l’Autorité nationale des Élections. Le Conseil constitutionnel a attendu quatorze jours avant d’annoncer un score encore plus gonflé que celui de l’ANE. Cette patience calculée cache mal la fabrication artisanale des chiffres.
L’Autorité Nationale des Élections avait proclamé ses résultats le 5 janvier avec 76% pour Touadera après seulement une semaine de dépouillement. Le pays a voté le 28 décembre et en sept jours, l’institution a prétendu compiler les procès-verbaux d’un territoire vaste, sans routes praticables ni infrastructures aériennes suffisantes. Cette rapidité défie toute logique dans un pays où certaines localités restent inaccessibles pendant des mois.
Mais Jean-Pierre Waboué a jugé ce pourcentage insuffisant pour son neveu. Le président du Conseil constitutionnel, cousin maternel de Faustin Archange Touadera, est donc parti chercher des procès-verbaux supplémentaires dans les quartiers de Bangui. Cette chasse aux bulletins fantômes a permis d’ajouter un point précieux au score initial.
Le patronyme Touadera signifie “cadeau de cousin” dans la langue locale. Sa mère l’a fait élever par la famille après la disparition de son père nigérien. Cette histoire familiale explique les liens étroits entre le président et Jean-Pierre Waboué, transformant le Conseil constitutionnel en entreprise familiale de validation électorale.
Sur le terrain, le scrutin s’est déroulé dans un chaos total que personne ne peut nier. Les Mercenaires russes de Wagner se sont installés comme responsables de bureaux de vote dans plusieurs localités. Ces hommes armés, officiellement alliés au régime de Bangui, ont supervisé le vote avec leurs méthodes expéditives.
Les ex-rebelles signataires des accords de paix ont également participé à cette comédie. Ils ont forcé les électeurs à voter sous la menace, transformant les bureaux de vote en zones de non-droit. Les urnes ont été remplies de bulletins préfabriqués pendant que les observateurs détournaient le regard.
L’Union africaine a envoyé sa mission d’observation qui s’est contentée d’applaudir. Ces experts internationaux ont validé un processus dont la crédibilité était déjà morte avant le jour du scrutin. Leur complaisance encourage la dérive autoritaire du régime centrafricain.
Le contraste avec les Élections de 2020 montre l’ampleur de la manipulation. À l’époque, seulement 30% du territoire national avait pu voter à cause de l’insécurité. Cette année, la quasi-totalité du pays a participé grâce à la présence des forces Wagner qui ont “sécurisé” le scrutin à leur manière.
Les Centrafricains appellent désormais Touadera “le candidat de Wagner” sur les réseaux sociaux. Cette milice russe contrôle les ressources minières du pays et impose ses hommes dans l’appareil sécuritaire. Le président sortant leur doit sa réélection et tout le monde le sait.
Dans les rues de Bangui comme dans les provinces, les témoignages affluent sur les intimidations massives. Les habitants racontent comment le vote s’est transformé en pantomime où chacun connaissait le résultat avant l’ouverture des bureaux. Les réseaux sociaux centrafricains débordent de vidéos montrant des irrégularités criantes.
La communauté internationale fait semblant de ne rien voir. Les capitales africaines qui prétendaient accompagner la sortie de crise depuis 2015 se taisent devant cette mascarade. Le silence complice des organisations régionales encourage la consolidation d’un régime qui ne respecte plus aucune règle démocratique.
Les observateurs étrangers qui pensent que tout se passe normalement en République centrafricaine vivent dans une bulle. Ils ne voient que les façades que le régime leur présente lors de visites guidées. La réalité du terrain leur échappe complètement ou ils choisissent de l’ignorer.
Le fossé se creuse entre ce que vivent les Centrafricains et l’image officielle du scrutin. Jean-Pierre Waboué a certifié un hold-up électoral en bonne et due forme. Son institution censée garantir la régularité du processus s’est transformée en machine à fabriquer des pourcentages sur mesure pour le pouvoir en place.
Par Alain Nzilo
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