La signature, le 21 août 2026 à Kinshasa, de deux mémorandums d’entente militaire entre la République centrafricaine et la République démocratique du Congo provoque de vives frictions diplomatiques avec Kigali. Ce nouvel engagement sécuritaire bilatéral provoque la colère des autorités rwandaises, qui exigent désormais le retrait de leur contingent militaire déployé en Centrafrique sous le cadre bilatéral.
L’accord de défense avec la RDC de 2024 : le verrouillage des frontières contre les Mbororo
Cette nouvelle étape s’inscrit dans la continuité de l’accord de coopération militaire conclu le 18 octobre 2024 à Kinshasa par le ministre centrafricain de la Défense, Rameaux-Claude Bireau, et son homologue congolais, Guy Kabombo Muadiamvita. Ce premier texte visait principalement à sécuriser la frontière commune longue de plus de 1 600 kilomètres.
Ce partenariat de 2024 ciblait spécifiquement les incursions répétées d’éleveurs transhumants armés Mbororo et de combattants rebelles venus du territoire centrafricain pour commettre des exactions dans les provinces du Nord de la RDC, notamment le Bas-Uélé. Les deux États avaient mis en place une stratégie conjointe pour barrer la route à ces infiltrations transfrontalières.
À lire aussi : Ouanda-Djallé : une affaire de jalousie se termine par un coup de couteau
Le mémorandum militaire avec la RDC d’août 2026 : l’interdiction stricte de toute base arrière
Le 21 août 2026, Kinshasa et Bangui ont franchi un palier supplémentaire en signant deux mémorandums axés sur la formation et le renseignement militaire. Le cœur de cet arrangement repose sur un principe strict de non-agression : aucun des deux territoires ne doit servir de base arrière aux ennemis ou aux groupes armés qui s’attaquent à l’autre pays.
À lire aussi : Rentrée scolaire 2026-2027 : Faustin Zaméto interpelle le ministre de l’Éducation sur les difficultés du terrain
Lors de la cérémonie officielle, le ministre centrafricain de la Défense a affirmé sans équivoque que le territoire centrafricain ne servira jamais de base arrière pour des opérations hostiles contre la République démocratique du Congo. Cet engagement réciproque vise à empêcher toute force rebelle ou armée étrangère d’utiliser les zones frontalières comme plateforme de déstabilisation.
La psychose à Kinshasa et les accusations contre l’utilisation du sol centrafricain par le Rwanda
En République démocratique du Congo, l’opinion publique et certains milieux sécuritaires accusent fréquemment le Rwanda d’utiliser sa position militaire en Centrafrique comme base arrière pour appuyer les rebelles du M23 et de l’AFC. L’attaque de drones menée contre l’aéroport de Kisangani en début d’année a particulièrement alimenté ces soupçons à Kinshasa, où la théorie d’un lancement organisé depuis le territoire centrafricain s’est largement diffusée.
Bien que cette hypothèse ne soit pas officiellement établie, la persistance de ces accusations au sein de la population congolaise a poussé Kinshasa à exiger ce verrouillage juridique strict avec la RCA. Le second mémorandum d’août 2026 a été élaboré spécifiquement pour dissiper ces inquiétudes et fermer toute possibilité théorique d’utilisation stratégique du sol centrafricain par des forces ennemies de la RDC.
La fureur de Kigali et la menace de retrait des troupes rwandaises
Cette promesse solennelle faite à Kinshasa a provoqué une vive réaction au Rwanda. Kigali interprète cet engagement centrafricain comme une défiance directe et une concession aux accusations congolaises qui désignent la présence rwandaise en RCA comme une menace régionale.
Exprimant fermement son mécontentement, le gouvernement rwandais exige le retrait immédiat de sa force bilatérale déployée en Centrafrique. Kigali envisage ainsi de mettre fin à son partenariat de défense direct avec Bangui, tout en maintenant pour l’instant ses troupes intégrées au sein de la mission des Nations unies, la MINUSCA.
Le dilemme de Touadéra et les limites stratégiques des mercenaires russes
Cette demande de retrait place le président Faustin-Archange Touadéra dans une impasse sécuritaire critique. Les troupes d’élite rwandaises occupent des fonctions hautement stratégiques dans la capitale, assurant la protection rapprochée de la présidence, la surveillance du palais présidentiel et la coordination des services de renseignement.
Pour combler ce vide imminent, les autorités centrafricaines envisagent de confier ces postes névralgiques aux mercenaires russes d’Africa corps. Toutefois, les observateurs militaires centrafricains soulignent que ces éléments russes ne disposent pas de la même capacité opérationnelle pour la garde de proximité et la surveillance des miradors, en raison notamment des difficultés d’adaptation visuelle et physique aux conditions de forte luminosité sous le soleil centrafricain. « Ces mercenaires sont comme des albinos, ils ne voient pas loin », explique l’un des observateurs interrogés par la rédaction du CNC.
Pour eux, Faustin-Archange Touadera a déjà une mauvaise expérience avec son conseiller albinos, son homme à tout faire qui a de difficulté à regarder aussi loin quand le soleil pique.
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC
Abonnez-vous à notre chaine YouTube : (31) Corbeau News TV – YouTube
Contactez-nous via WhatsApp : +236, 70, 16, 44, 65
Email : Redaction@corbeaunews-centrafrique.org
Pour Alain Nzilo : anzilo@corbeaunews-centrafrique.org





