Nationalité de Dologuélé : Jean-Jacques, un partisan du MCU, sort de sa réserve et appelle Touadéra à « cesser les mesquineries » et à rassembler les Centrafricains

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L’affaire de la nationalité et du passeport d’Anicet-Georges Dologuélé continue d’agiter la Centrafrique. Après plusieurs prises de position, Jean-Jacques, présenté comme cadre du MCU, le parti au pouvoir, est à son tour sorti de sa réserve pour exprimer publiquement sa stupéfaction face au traitement réservé à l’opposant.

 

« Je ne suis pas un partisan de monsieur Dologuélé »

 

Dans une vidéo diffusée en direct sur Facebook, Jean-Jacques prend soin de préciser qu’il ne soutient pas politiquement Anicet-Georges Dologuélé ni son parti, l’URCA. Il affirme néanmoins que ses convictions politiques ne l’empêchent pas de réagir lorsqu’il estime qu’un compatriote est injustement traité.

 

Nationalité de Dologuélé : Jean-Jacques, un partisan du MCU, sort de sa réserve et appelle Touadéra à « cesser les mesquineries » et à rassembler les Centrafricains

 

« Je ne suis pas un partisan de monsieur Dologuélé en fait de l’URCA et compagnie, mais se trouve que c’est un fils du pays », déclare-t-il.

 

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Pour lui, le débat sur la nationalité ne peut pas faire abstraction de l’origine centrafricaine de Dologuélé, qu’il présente comme un enfant du pays né de parents centrafricains et ayant occupé de hautes fonctions dans l’État.

 

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Des étrangers avec des responsabilités, Dologuélé privé de passeport

 

Jean-Jacques compare le traitement réservé à Dologuélé à celui dont bénéficient, selon lui, certains ressortissants étrangers installés en République centrafricaine. Il évoque notamment des Libanais, des Libano-Syriens, des Syriens et des Tchadiens occupant des fonctions ou bénéficiant de documents officiels centrafricains.

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« Et je rappelle en passant que quand même qu’il y a des Libanais, des Libano-syriens, des gens qui ont la peau blanche et qui sont au Conseil économique et social, qui sont même députés même en République centrafricaine », affirme-t-il.

 

Il poursuit son raisonnement en s’interrogeant sur le refus de délivrer un passeport à Dologuélé.

 

« Je ne comprends pas qu’un fils du pays de père et de mère centrafricains, même s’il est dans l’opposition et puis le premier dans l’opposition, on lui refuse son passeport », dénonce-t-il.

 

Le cadre du MCU affirme que cette situation provoque chez lui une véritable incompréhension. Il insiste sur le fait que son intervention n’est pas celle d’un militant de l’URCA, mais celle d’un responsable politique qui dit ne pas accepter ce qu’il considère comme une différence de traitement.

 

« Je sors de ma réserve »

 

Jean-Jacques révèle qu’il est lui-même membre du MCU et qu’il y exerce des responsabilités. C’est précisément cette appartenance au parti au pouvoir qui donne, selon lui, une portée particulière à sa prise de parole.

 

« Je suis membre du MCU, je suis cadre même du MCU, je ne comprends pas et j’exprime ma stupéfaction, je sors de ma réserve pour exprimer ma stupéfaction en fait au regard de ce qui se passe », explique-t-il.

 

Il affirme ainsi prendre la parole malgré son appartenance au camp présidentiel. Son message vise directement la gestion politique du dossier Dologuélé et la justification juridique avancée par le porte-parole du gouvernement.

 

Une attaque directe contre Évariste Ngamana

 

Dans sa vidéo, Jean-Jacques s’en prend également à l’argumentaire développé par Évariste Ngamana sur la nationalité de Dologuélé. Il qualifie les explications du porte-parole du gouvernement de tentative de justification d’une décision qu’il juge injustifiable.

 

« Et que cette haine, cette haine intra-centrafricaine qui s’exprime, moi Dologuélé c’est pas ma tasse de thé, je l’ai combattu à l’intérieur de l’URCA, mais il en demeure pour moi que c’est un fils de la République centrafricaine », affirme-t-il.

 

Puis il vise directement le porte-parole du gouvernement : « Je ne comprends pas cette espèce de pseudo casuistique juridique monsieur Ngamana, porte-parole du gouvernement essaie d’expliquer l’inexplicable dans une espèce de casuistique juridique mais à deux balles en fait, porte-parole du gouvernement pour essayer de justifier l’injustifiable. »

 

Cette sortie intervient alors qu’Évariste Ngamana avait défendu une interprétation restrictive du rôle de la Cour constitutionnelle dans les questions liées à la nationalité. Plusieurs acteurs politiques et juridiques ont depuis contesté cette lecture.

 

« Il faut cesser les mesquineries »

 

Jean-Jacques rappelle ensuite le parcours de Dologuélé et son appartenance à la République centrafricaine.

 

« Monsieur Dologuélé est né en République centrafricaine, de parents centrafricains, il a occupé des hautes fonctions », affirme-t-il.

 

Il appelle directement le président Faustin-Archange Touadéra à dépasser les querelles politiques et personnelles pour privilégier le rassemblement national. Son message est adressé au chef de l’État en sa qualité de président de la République.

 

« Même s’il y a des conflits interpersonnels entre mon aîné, monsieur Faustin-Archange Touadéra, et son challenger, voilà, pour essayer de justifier l’injustifiable, il faut arrêter », lance-t-il.

 

Avant d’ajouter : « À un moment donné il faut rassembler, tu es le président de la septième République, il faut cesser les mesquineries et essayer de rassembler tous les fils de la République centrafricaine à l’intérieur et c’est ça la grandeur. »

 

Un appel au rassemblement face aux tensions régionales

 

Jean-Jacques élargit enfin son intervention au contexte géopolitique de la région. Il estime que les tensions observées dans plusieurs pays voisins doivent pousser les responsables centrafricains à rechercher davantage d’unité nationale.

 

« C’est moi ton petit frère Jean-Jacques qui te parle, à un moment donné il faut rassembler, il faut cesser les petits », déclare-t-il directement au chef de l’État.

 

Il cite notamment les évolutions politiques et sécuritaires au Niger, au Tchad et à Am Dafock, pour justifier son appel à l’unité.

 

« À un moment donné il faut cesser, il faut rassembler, nous devons être rassemblés et tu es le président du rassemblement des Centrafricains, il faut rassembler tout le monde pour être en ordre de bataille », insiste-t-il.

 

« Je suis choqué »

 

Pour conclure, le cadre du MCU explique que son intervention publique n’est pas une prise de position en faveur de l’opposition, mais la conséquence d’un profond désaccord avec la manière dont le dossier est traité.

 

« Et si aujourd’hui je sors de ma réserve tout en étant à l’intérieur du MCU, c’est parce que je suis choqué en fait, je suis choqué », affirme Jean-Jacques.

 

Sa sortie constitue ainsi une prise de position inhabituelle au sein du camp présidentiel. Tout en rappelant son opposition politique à Dologuélé, il demande au pouvoir de dépasser le conflit politique et de traiter le dossier sous l’angle du rassemblement national, alors que la controverse sur la nationalité et le passeport de l’opposant continue de provoquer de vives réactions.

 

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Fiche auteur : Alain NziloFonction Fondateur et directeur de publication de Corbeau News Centrafrique Journaliste d’investigationIdentité Journaliste centrafricain, né à Bangui. Créateur du groupe média Corbeau News Centrafrique, lancé en 2014.Formation Master en management des médias, École supérieure d’Action et de recherche commerciale, France Maîtrise en communication et médias, Université de Sherbrooke, Québec, Canada Doctorat en administration des affaires, option communication et médias, Université du Québec à Trois-Rivières, CanadaSpécialités Enquêtes d’investigation Analyses politiques africaines Crises sécuritaires en Centrafrique Politiques économiques africainesDescription Alain Nzilo est un journaliste spécialisé dans l’investigation et l’analyse politique. Son média, Corbeau News Centrafrique, est reconnu pour ses enquêtes sur les crises sécuritaires et les enjeux politiques du pays. Il est régulièrement cité par des institutions internationales comme source indépendante.Adresse professionnelle Corbeau News Centrafrique BP 1500, Bangui, République centrafricaine Téléphone : +236 75 72 18 21 Email : alainnzilo@gmail.com