Nana-Mambéré, 2 septembre 2026 Le jeune combattant peul blessé lors de l’attaque menée le 23 août contre la position du général Adamo Ndalé a été amputé d’une jambe lundi dernier à l’hôpital Beninga de Bouar. Présenté sur les réseaux sociaux comme un membre actif du groupe armé de Ndalé récemment arrêté par la gendarmerie, il avait quitté la CPC plusieurs mois avant cette offensive.
24 juillet 2026 : Wagner échoue une première fois à Aba-Bogani
Le 24 juillet 2026, des mercenaires russes avaient lancé une première opération contre les positions de la CPC dans le secteur d’Aba-Bogani, à environ 17 kilomètres de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambéré.

Les assaillants avaient notamment utilisé deux habitants comme guides après leur enlèvement. L’opération avait rapidement tourné à l’affrontement avec les hommes du général Ndalé. Les deux captifs avaient réussi à s’échapper pendant la confusion, tandis qu’un véhicule militaire des mercenaires avait été détruit par les tirs de la CPC.
16 août 2026 : deuxième offensive russe repoussée
Le 16 août, Wagner avait lancé une nouvelle offensive dans le même secteur. Un camion militaire chargé de combattants avait quitté Bouar pour rejoindre le campement attribué au général Ndalé.
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Le mouvement avait été repéré avant l’arrivée des mercenaires. Les combattants de la CPC avaient attendu que les assaillants progressent dans leur zone avant d’ouvrir le feu à courte distance. Plusieurs mercenaires avaient été tués et d’autres blessés.
Des renforts avaient ensuite quitté Bouar pour récupérer les corps et les blessés. L’opération n’avait pas permis de prendre la position de la CPC.
23 août : les ex-rebelles du 3R échouent à leur tour
Après ces deux revers, une nouvelle tentative avait été menée le 23 août par des éléments issus du mouvement 3R ayant rejoint le processus d’accord avec le gouvernement.
Douze motos transportant deux combattants chacune s’étaient dirigées vers la position de Ndalé. Les éléments de la CPC chargés de surveiller l’entrée du campement avaient rapidement réagi à leur progression.
Les tirs avaient contraint les assaillants à battre en retraite. Quatre éléments du 3R avaient été blessés. Dix motos avaient été vues repartir, tandis que deux autres n’avaient pas été retrouvées dans le mouvement de retrait.
Parmi les quatre blessés figurait un jeune Peul qui avait auparavant combattu pendant environ trois ans aux côtés des hommes du général Ndalé.
Un ancien élément de la CPC devenu informateur de Wagner
Le parcours de ce combattant permet de comprendre son implication dans les différentes opérations menées contre la position de Ndalé.
Après environ trois années passées au sein de la CPC, le jeune homme avait décidé, en mai 2026, de déposer son arme. Il avait été sollicité par des connaissances peules issues du 3R et avait choisi de rejoindre le processus d’intégration dans l’armée nationale.
Son arme avait été remise dans le cadre de son désarmement aux éléments russes présents dans la zone. Il avait ensuite commencé à collaborer avec ces derniers et à leur fournir des indications sur les positions et les mouvements des hommes du général Ndalé.
C’est dans ce contexte qu’il aurait participé aux opérations ayant précédé l’attaque du 23 août. Il connaissait en effet l’organisation de la position de Ndalé et pouvait renseigner les assaillants sur le terrain.
Après les deux échecs de Wagner, il aurait également accompagné les éléments issus du 3R lors de leur tentative d’attaque du 23 août. C’est au cours de cette opération qu’il a été blessé avec trois autres combattants.
Un autre élément du 3R aurait été grièvement blessé au niveau de la bouche. Une balle lui aurait traversé cette partie du visage au cours de l’affrontement.
Amputé d’une jambe à l’hôpital Beninga de Bouar
Le jeune Peul blessé lors de cette attaque a été évacué vers un établissement hospitalier de Bouar. Son état nécessitait une prise en charge médicale importante.
Lundi dernier, les médecins de l’hôpital Beninga de Bouar ont procédé à l’amputation de l’une de ses jambes. Son état de santé est directement lié aux blessures reçues lors de l’affrontement du 23 août contre les éléments de la CPC.
Ce parcours établit également une distinction importante : au moment où il a été blessé, il ne combattait plus aux côtés du général Ndalé. Il avait quitté la CPC depuis mai et avait rejoint le processus de désarmement avant de collaborer avec les éléments russes présents dans la région.
Une publication Facebook transforme les faits
Alors que les informations sur son hospitalisation circulaient, une page Facebook présentée comme « Wakala Actualités » a publié un texte affirmant qu’un certain « Soggo » avait été arrêté à l’hôpital de Maigoro par la gendarmerie.
La publication le présente comme « un membre actif du groupe armé de Marcel Ndalé » et affirme qu’il était recherché pour des assassinats et des pillages. Elle ajoute qu’il serait placé sous la surveillance permanente des forces de sécurité centrafricaines.
Cette présentation ne correspond pas aux éléments recueillis sur son parcours. Le blessé présenté comme un membre actif du groupe de Ndalé avait quitté cette organisation plusieurs mois avant l’attaque du 23 août. Il avait ensuite rejoint les éléments issus du 3R et collaboré avec les mercenaires russes.
La publication Facebook transforme ainsi le parcours du blessé et les circonstances de son hospitalisation pour présenter une autre version des événements. Elle associe directement le jeune homme au groupe de Ndalé alors que les faits recueillis indiquent qu’il avait quitté cette position depuis mai 2026.
Une communication qui intervient après plusieurs revers
Cette publication intervient après trois opérations successives contre la position du général Ndalé. Les deux premières avaient été menées par les mercenaires russes les 24 juillet et 16 août à Aba-Bogani. La troisième, le 23 août, avait été menée par des éléments issus du 3R.
Dans les trois cas, la position de la CPC n’a pas été prise. Les hommes de Ndalé ont conservé leur campement situé à environ 17 kilomètres de Bouar.
Le récit diffusé sur Facebook présente pourtant le blessé comme un combattant toujours affilié à Ndalé et arrêté dans un hôpital après avoir été recherché par les forces de sécurité. Les informations disponibles sur son parcours ne correspondent pas à cette présentation.
L’amputation du jeune Peul à l’hôpital Beninga de Bouar constitue un nouvel élément de cette affaire. Blessé lors de l’attaque du 23 août menée par les ex-combattants du 3R, il avait auparavant quitté le groupe de Ndalé pour rejoindre le processus de désarmement et collaborer ensuite avec les forces qui ont participé aux opérations contre la position de la CPC.
La confusion entretenue autour de son identité et de son parcours contribue à transformer un épisode militaire précis en récit de propagande sur les réseaux sociaux, alors que les faits connus permettent de retracer son passage de la CPC au 3R et son implication dans les opérations menées contre les hommes du général Ndalé.
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