Zemio : quatre personnes enlevées par les miliciens azandés sur la route de Mboki, leurs corps toujours introuvables

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le 25 mars dernier, un drame bouleversant frappe à nouveau la localité de Zemio, dans la préfecture de Haut-Mbomou, où quatre personnes ont été enlevées par des miliciens azandés.
Parmi les victimes de cette tragédie, figurent une jeune femme malade, sa mère, un enfant de 5 ans, et un jeune conducteur de taxi-moto, un Peul, tous membres de la communauté musulmane. Cet enlèvement, survenu le 25 mars dernier, plonge les familles et la communauté musulmane de Mboki dans un profond deuil.
En effet, tout a commencé lorsque l’ONG Alima, basée à Mboki et Zemio, a pris en charge le transfert d’une jeune femme malade, originaire de Mboki, vers Zemio pour des soins médicaux. Accompagnée de la maman de la jeune femme et de l’enfant de la jeune femme, la jeune fille a été transportée par un jeune Peul, chauffeur de taxi-moto, mais également commerçant à Mboki. Après avoir déposé la famille à Zemio, le conducteur est rentré à Mboki sans problème. Une fois que la jeune femme a reçu les soins nécessaires à l’hôpital de Zemio, la famille a de nouveau fait appel au même conducteur pour venir les récupérer. Mais leur voyage de retour a été stoppé net par les miliciens azandés.
Le 25 mars, alors qu’ils revenaient de Zemio, les quatre personnes sont interceptées au croisement Biro, situé à 15 kilomètres de la ville, sur un axe menant à Mboki, Djema. Là, les miliciens azandés les arrêtent et les enlèvent. Jusqu’à ce jour, leurs corps n’ont pas été retrouvés. Les familles, accompagnées de soldats des Forces armées centrafricaines (Faca), ont quitté Mboki pour tenter de les localiser, mais leurs recherches sont restées vaines.
Deux jours plus tard, soit le 27 mars, un nouvel élément est apparu : la moto utilisée pour transporter les quatre personnes a été retrouvée à Djema, une autre localité de la Haut-Mbomou. À bord se trouvaient trois individus, un conducteur et deux passagers, qui ont été arrêtés. Leur présence sur cette moto pose des questions : que faisaient-ils avec la moto de ces victimes ? Les suspects devaient être transférés à Zemio dans les prochains jours pour interrogatoire.
douleur est d’autant plus vive que les victimes appartenaient à la communauté musulmane. Le jeune conducteur Peul, bien que décrit comme un commerçant gentil de Zemio, transportait des passagers musulmans, ce qui semble avoir motivé cette attaque ciblée par les miliciens azandés.
Les miliciens azandés, qui contrôlent désormais la zone, justifient leurs actes par l’absence de paix. Ils affirment que la sécurité n’est pas garantie tant que des autres ethnies, notamment les musulmans, restent présents sur leur territoire. Pourtant, les rebelles de l’UPC, autrefois actifs dans le secteur et accusés d’exactions, ne sont plus une menace visible. Aujourd’hui, ce sont les miliciens azandés eux-mêmes qui assurent la « sécurité », tout en semant la terreur.
Leur discours est clair : ils veulent voir les populations musulmanes quitter le Haut-Mbomou, revendiquant une exclusivité territoriale pour les Azandés. Cette logique d’épuration ethnique, bien que formulée sans détour, reste difficile à comprendre dans un contexte où les anciens conflits armés semblent s’être apaisés.
Ce drame laisse derrière lui des familles brisées et une communauté sous le choc. À Zemio comme à Mboki, on pleure les disparus, tandis que la question demeure : jusqu’où iront les miliciens azandés dans cette spirale de violence ? Pour l’heure, aucune réponse ne se dessine, et le silence des autorités locales ne fait qu’alourdir l’atmosphère de désarroi….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
