Victor Sayo, frère de l’ancien ministre Armel Sayo : où se trouve-t-il depuis son enlèvement à Galafondo ?

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Depuis janvier 2025, Victor Sayo, frère de l’ancien ministre Armel Sayo, est porté disparu après son enlèvement à Galafondo. Cette affaire, liée à la répression ciblant sa famille, révèle les abus de l’OCRB et l’impunité en Centrafrique.
Une famille dans la tourmente
Le 17 janvier 2025, la famille Sayo bascule dans un cauchemar. Ce jour-là, Armel Sayo, ancien ministre et chef du groupe armé Comité militaire pour le salut et le redressement (CMSPR), est arrêté à l’aéroport de Douala, au Cameroun, alors qu’il s’apprête à embarquer pour la France. Accusé de tentative de coup d’État et de crimes de guerre, il est transféré à Yaoundé, où il reste détenu par les autorités camerounaises. Cette interpellation, largement relayée, déclenche une vague de répression contre ses proches à Bangui.
Quelques heures plus tard, Clarisse Sayo, ministre-conseillère à la primature, se rend au centre-ville de Bangui pour faire légaliser des diplômes. Accompagnée de son frère Aristide Sayo, un adjudant de la gendarmerie, de l’accompagner à la mairie. Alors qu’ils marchent ensemble, Clarisse reçoit un appel du directeur de l’Office central pour la répression du banditisme (OCRB), le général de police Armel Baraba. « Ça fait longtemps que je ne t’ai pas vue », lui dit-il, selon des informations recueillies par la rédaction du CNC. « Passe me saluer au bureau, je suis là ».
Confiante, Clarisse Sayo répond : « Ok, j’arrive. Je suis près de la Mairie, je peux passer te voir ». Accompagnée d’Aristide Sayo, elle se rend au bureau du général Armel Baraba, ignorant qu’il s’agit d’un piège. À leur arrivée, les deux discutent et rient avec le directeur Armel Baraba. Soudain, le directeur général de la police, le général Bienvenu Zokoué fait irruption et déclare : « Vous êtes en état d’arrestation ». Sans mandat ni explication, Clarisse et Aristide sont embarqués par les agents de l’OCRB. Ce guet-apens, minutieusement planifié, marque le début d’un calvaire pour la famille.
L’enlèvement de Victor Sayo
Au même moment, à Galafondo, près de Sibut, dans la préfecture de la Kémo, Victor Sayo, frère cadet d’Armel, Clarisse et Aristide, est enlevé sur son lieu de travail. Militaire de l’armée nationale, Victor Sayo est détaché dans cette localité, loin des intrigues de la capitale. Pourtant, la répression qui vise sa famille le rattrape. Quelques heures après l’arrestation de Clarisse et Aristide, un commando lourdement armé l’interpelle sans motif apparent. Depuis ce jour, Victor Sayo a disparu.
Aucune information officielle n’a été communiquée sur son sort. « On ne sait pas où il est. On ne sait pas s’il est vivant ou mort ». Les autorités restent muettes, et la famille oscille entre espoir et désespoir. Cette disparition, passée sous silence par les médias, pousse à s’interroger sur les pratiques du régime actuel.
Un acharnement contre une famille
Le calvaire de la famille Sayo ne s’arrête pas là. Un mois après son arrestation, Clarisse Sayo, gravement malade, est libérée provisoirement pour raisons médicales. Hospitalisée sous surveillance stricte au Centre hospitalier universitaire de Bangui, elle reste sous la menace constante des forces de l’ordre, qui la gardent à vue même dans son état critique. Selon son conjoint, elle attendait une intervention chirurgicale en France avant son arrestation. Aristide Sayo, quant à lui, est transféré le 14 avril 2025 à la prison du camp de Roux, où il est admis à l’infirmerie sous perfusion, méconnaissable, rongé par la malnutrition et la maladie.
L’absence de charges formelles contre Clarisse et Aristide, deux mois après leur arrestation, confirme le caractère arbitraire de leur détention. Le 7 avril, le doyen des juges, qui est le juge d’instruction dans l’affaire, a conclu que sept des onze suspects devaient être libérés faute de preuves. Mais le ministre de la Justice, Arnaud Djoubaye Abazène, s’est interposé, ordonnant leur maintien en détention, dans une ingérence scandaleuse qui bafoue l’indépendance judiciaire.
Une répression collective
Ce qui choque dans cette affaire, c’est l’acharnement contre une famille entière, punie pour les prétendues actions d’un seul de ses membres. La Constitution centrafricaine, révisée en 2023, garantit le principe de la responsabilité pénale individuelle. En ciblant Clarisse, Aristide et Victor en raison de leur lien avec Armel, les autorités s’inscrivent dans une logique de répression collective, une pratique indigne d’un État de droit. Cette dérive alimente un climat de peur à Bangui, où nul ne semble à l’abri.
L’OCRB, censée lutter contre le banditisme, s’est transformée en bras armé du pouvoir, ciblant opposants, proches de rebelles ou simples citoyens sans distinction. Les rapports de Human Rights Watch ont dénoncé dès 2016 ses détentions arbitraires et exécutions sommaires. L’enlèvement de Victor Sayo, suivi de son silence total, explique une volonté de faire taire toute enquête sur son cas, laissant craindre le pire.
Un silence international assourdissant
L’affaire Sayo dévoile une dérive inquiétante en Centrafrique : l’utilisation de l’OCRB comme un outil de répression politique. Pourtant, la communauté internationale reste étrangement silencieuse. Lors d’une récente visite à Bangui, le sous-secrétaire général des Nations unies pour les droits humains s’est contenté de noter la surpopulation carcérale, passant sous silence les exactions de l’OCRB et les disparitions comme celle de Victor Sayo.
Où est Victor Sayo ? Cette question, que la famille pose avec désespoir, devrait interpeller les autorités centrafricaines et leurs partenaires internationaux. Le gouvernement de Faustin-Archange Touadéra doit des réponses claires. La disparition d’un militaire, enlevé sur son lieu de travail, ne peut être ignorée. Si Victor est en vie, où est-il détenu et pourquoi ? S’il a été victime d’un sort tragique, qui en porte la responsabilité ?
Un appel à la vérité
L’histoire de la famille Sayo est celle d’une injustice criante, d’un système qui broie les individus pour asseoir son autorité. Clarisse et Aristide, malades et détenus sans preuves, incarnent les victimes d’un pouvoir qui sacrifie les droits humains. Mais c’est le sort de Victor, disparu dans l’indifférence, qui symbolise l’ampleur de l’arbitraire en Centrafrique.
Il est temps que les autorités fassent toute la lumière sur l’enlèvement de Victor Sayo. Il est temps que la communauté internationale, les organisations de défense des droits humains et les partenaires de la Centrafrique exigent des comptes. Car tant que des citoyens comme Victor pourront disparaître sans trace, c’est l’ensemble du peuple centrafricain qui vivra dans l’ombre de la peur….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
