Vakaga : un découpage territorial qui met le feu aux poudres

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Vakaga : un découpage territorial qui met le feu aux poudres

 

Vakaga : un découpage territorial qui met le feu aux poudres
Le ministre d’État en charge de la justice Arnaud Djoubaye Abazene copyright CNC

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans la préfecture de la Vakaga, au nord-est de la Centrafrique, la colère ne retombe pas. Le découpage territorial décidé par le gouvernement entre 2023 et 2024 a mis le feu aux poudres, surtout à Ouanda-Djallé, où les habitants dénoncent une décision prise sans eux, pour eux, mais contre leurs intérêts. Au centre de cette tempête, le ministre Djoubaye Abazen, accusé par le député local Adam Idriss Sende de tirer les ficelles pour favoriser certains au détriment des autres. Une déclaration choc du député, datée du 26 mars 2025, vient raviver le débat et promet de faire trembler les murs de Bangui.

 

Une décision tombée d’en haut, sans les principaux concernés

 

À Ouanda-Djallé, on a l’impression qu’on leur a imposé ce découpage comme un fait accompli. Les nouvelles limites administratives, tracées loin des réalités locales, ne passent pas. Le député Adam Idriss Sende l’a dit cash dans sa déclaration : « En aucun cas, les notables, les autorités locales ou la population de Ouanda-Djallé n’ont été consultés. Nous refusons cette marginalisation qui nous est imposée de force ». Pour lui et pour beaucoup, c’est une opération montée de toutes pièces, qui ne respecte ni l’histoire ni les gens d’ici. Des villages comme Ouandja, Kombal ou Seregobo, toujours rattachés à Ouanda-Djallé, se retrouvent maintenant ailleurs sur la carte, et personne n’arrive à avaler ça.

 

Ce n’est pas juste une histoire de frontières. Ça touche à quelque chose de plus profond : les terres où les ancêtres sont enterrés, l’identité même de ces communautés. Sende ne tourne pas autour du pot : « Ce découpage territorial injustifié viole nos droits et menace notre patrimoine culturel, y compris les sites où reposent les ossements de nos ancêtres ». Quand on élève des villages comme Gordil ou Ouandja au rang de sous-préfectures, beaucoup y voient une tentative de grappiller des bouts de territoire, et ça fait grincer des dents.

 

Djoubaye Abazen, l’homme au centre des critiques

 

Dans toute cette histoire, un nom revient sans arrêt : Djoubaye Abazen, le ministre de la justice. Pour le député, c’est lui qui mène la danse, utilisant son pouvoir pour pousser les intérêts de certains et laisser les autres sur le carreau. Sende le met directement en cause : « Nous dénonçons avec fermeté les manœuvres de certaines autorités de l’État, notamment le ministre Djoubaye, qui exploitent leur position pour diviser les communautés de la Vakaga et redessiner les frontières administratives à des fins personnelles et communautaires ». Dans la région, ce ministre n’a pas bonne presse. On parle d’un type à la moralité douteuse, qui ne fait pas l’unanimité, même chez les siens.

 

Ce qui énerve encore plus, c’est que les habitants ont déjà crié leur ras-le-bol, notamment lors de manifestations en 2022, sans que ça change quoi que ce soit. Sende le rappelle dans son texte : « À maintes reprises, la population de Ouanda-Djallé est descendue dans la rue pour dénoncer cette injustice. Elle a exprimé pacifiquement son mécontentement face aux manipulations des limites territoriales de notre sous-préfecture. Mais jusqu’à ce jour, aucune réponse concrète n’a été apportée ». À force d’être ignorés, les gens se sentent abandonnés, et la frustration monte.

 

Un risque de dérapage dans une zone déjà fragile

 

La Vakaga, c’est une région où ça peut vite partir en vrille. Près du Soudan et du Tchad, les tensions entre communautés et les conflits armés ne sont jamais bien loin. Ce découpage mal pensé pourrait être la goutte d’eau qui fait déborder le vase. Le député ne cache pas son inquiétude : « Cette prise de force de notre territoire risque d’ouvrir un cycle de violences incontrôlables ». Il va même plus loin, en laissant entendre que la patience a des limites : « Dans ce pays, seules les revendications armées semblent être prises en compte. Nous avons toujours privilégié la voie du dialogue et de la paix, mais aujourd’hui, nous sommes acculés et contraints de recourir aux moyens nécessaires pour faire entendre notre voix ».

 

C’est un message direct au gouvernement : soit vous écoutez, soit ça risque de mal tourner. Sende appelle aussi les Nations Unies, l’Union africaine et les partenaires de la Centrafrique à agir avant que la situation ne dégénère complètement.

 

Une manipulation qui doit être démontée

 

Pour le député, ce découpage n’a rien de légitime. Il parle d’une « mascarade » montée sans ceux qui vivent là et refuse de valider ces nouvelles lignes sur la carte : « Nous ne reconnaissons pas ces nouvelles délimitations et réaffirmons que les villages de Ouandja, Kombal et Seregobo font partie intégrante de la sous-préfecture de Ouanda-Djallé ». Il martèle que les frontières historiques doivent rester intactes, peu importe ce que certains à Bangui ont en tête.

 

Ce qui se joue dans la Vakaga, c’est une histoire de pouvoir qui décide sans demander, d’un ministre qui joue ses cartes perso, et d’une population qui refuse de se laisser faire. Sende finit sur une note qui sonne comme un ultimatum : « La population de Ouanda-Djallé ne restera pas silencieuse face à cette injustice. Elle poursuivra ses manifestations et mobilisations jusqu’à ce qu’une solution juste et équitable soit trouvée ». À Bangui, on ferait bien de tendre l’oreille, parce que là-haut, dans le Nord-Est, ça ne plaisante plus….

 

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