Tuerie à Kouki: Les mercenaires sèment la terreur sur le chantier minier d’Ardebaye

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Kouki, préfecture de l’Ouham, à 400 km de Bangui, un site aurifère a été ensanglanté le 14 avril 2025. Des mercenaires ont ouvert le feu sur les travailleurs, provoquant une fuite désespérée et une exécution d’une rare violence.
En effet, le lundi 14 avril 2025, la petite localité de Kouki, située dans la préfecture de l’Ouham, a plongé dans l’horreur. Vers le milieu de la journée, des hommes armés, identifiés par des témoins comme des mercenaires russes du groupe Wagner, ont pris d’assaut le chantier minier d’or d’Ardebaye, situé à 35 kilomètres de la ville. Sans sommation, ils ont tiré sur les orpailleurs affairés à extraire le métal précieux. La panique a saisi les travailleurs, qui ont fui en désordre, abandonnant outils et espoirs dans une course pour leur survie. Mais pour deux personnes, dont un jeune homme et un papa, la fuite n’a pas suffi. Le jeune homme, présenté par des sources locales comme un ancien membre du groupe armé, il a été rattrapé par les assaillants. Le papa aussi n’a pas pu s’échapper plus loin en raisonne son âge.
Ce qui a suivi glace le sang. Les mercenaires les ’ont exécuté sur place, les décapitant avec une brutalité calculée. Leur tête, tranchée, a été placée entre leurs mains, et la scène, soigneusement photographiée, s’est retrouvée sur les réseaux sociaux. Ce geste, loin d’être un acte d’exception, porte une signature reconnaissable. À Bambari, Bria, Bouka, Kouki, et Nana Bakassa, des actes similaires ont semé la terreur ces dernières années. À Bria, un gardien de boutique a été égorgé, sa tête posée entre ses jambes. À Bambari, trois ou quatre gardiens ont subi le même sort successivement en quelques mois. À Bouka, deux jeunes Centrafricains ont été tués, décapités, leurs têtes placées de manière macabre entre leur jambe pour servir d’avertissement. À Kouki, un collecteur de diamants a été assassiné suivant le même rituel. Près de Nana Bakassa, un ouvrier minier a connu une fin identique. Chaque fois, les mercenaires russes tuent, filment et diffusent sur les réseaux sociaux, comme pour revendiquer leur passage.

Ces actes ne sont pas de simples crimes. Ils traduisent une volonté d’intimider, de contrôler les zones riches en ressources par la peur. Les mercenaires russes, présents en Centrafrique depuis 2018 sous prétexte de protéger le pouvoir en place, opèrent en toute impunité. Leur emprise sur les mines d’or et de diamants s’accompagne d’une violence méthodique, qui laisse les populations centrafricaines démunies. À Kouki, comme ailleurs, les habitants se demandent qui sera le prochain.
La nouvelle de cette tuerie a enflammé les réseaux sociaux. Les images de l’exécution ont circulé, provoquant colère et indignation. Dans l’affaire d’égorgement de deux citoyens centrafricains à Bouka l’année dernière, des hommes politiques et des membres de la société civile ont pris la parole, dénonçant l’horreur. Mais cette fois, seule, la CPC-F (Coalition des patriotes pour le Changement Fondamental ), a publié un communiqué cinglant. Elle qualifie l’acte de « barbare » et exige une enquête internationale pour établir les responsabilités. La CPCF appelle à briser le cycle de violence qui gangrène le pays, pointant du doigt ceux qui laissent ces crimes impunis.
Mais du côté du gouvernement centrafricain, la réponse risque d’être fidèle à une vieille habitude. Face à des accusations similaires par le passé, les autorités ont souvent choisi le déni, qualifiant les preuves de « montages » fabriqués par des « ennemis » de la nation. Ce discours, étrangement proche de celui des mercenaires russes, alimente les soupçons. Pour beaucoup, le pouvoir à Bangui agit comme un relais docile des intérêts russes, incapable ou peu désireux de protéger ses citoyens. Cette passivité fait des ravages dans un pays déjà totalement à terre en raison des décennies de conflits et de pillages.
Les exactions de Kouki ne sont que le dernier épisode d’une longue série. Elles rappellent que la Centrafrique reste un terrain où la violence dicte sa loi, au profit de ceux qui exploitent ses richesses. La CPCF a raison d’appeler à la justice internationale. Sans une enquête sérieuse, sans sanctions contre les coupables, les mines d’or continueront de se transformer en charniers. Le peuple centrafricain mérite mieux qu’un gouvernement qui ferme les yeux et des mercenaires qui imposent leur règne par le sang….
CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE
Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21
Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC



![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
