Ouadda-Maïkaga : arrestation d’un soldat FACA par les mercenaires russes

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Le mardi 1er avril 2025, une opération spéciale s’est déroulée dans la préfecture de la Haute-Kotto, dans la localité de Ouadda-Maïkaga, à 204 kilomètres de Bria, au nord de la Centrafrique. Une équipe formée de gendarmes centrafricains, de policiers et de mercenaires russes, arrivée tout droit de Bangui, a arrêté un soldat des Forces armées centrafricaines (FACA). Cette intervention fait suite à une série d’événements tragiques ayant coûté la vie à deux jeunes, connus localement sous le nom de « Russes noirs », et qui ont ravivé les tensions dans la ville il y’a quatre mois.
Retour sur les faits
Tout a débuté le 10 décembre 2024, dans une ambiance qui semblait banale au départ. Deux jeunes, l’un âgé de 18 ans, l’autre de 35 ans, accompagnaient des soldats FACA pour boire du Ngouli, un alcool traditionnel. Ces jeunes, souvent appelés « Russes noirs » parce qu’ils aident régulièrement les mercenaires russes et les soldats FACA. Ces jeunes recrutés dans la ville, étaient armés et prenaient parfois part aux opérations militaires avec les soldats. Ce soir-là, sur le lieu de la vente d’alcool, pour des raisons encore troubles, l’un des soldats FACA a fait feu sur eux, les blessant grièvement. Le jeune de 18 ans, grièvement touché, est mort au dispensaire de la Minusca malgré les tentatives pour le sauver. L’homme de 35 ans, père de sept enfants et marié à deux femmes, a reçu une balle dans le cou et est décédé sur place.

Cet événement a déclenché une forte colère parmi les habitants. Peu après, un autre drame est venu envenimer les choses : des soldats FACA ont tiré sur un autre « Russe noir », ce qui a encore attisé les tensions déjà vives à Ouadda-Maïkaga et dans les environs.
Une équipe dépêchée depuis Bangui
Devant ces violences à répétition et la montée de la frustration parmi la population, et surtout après la publication des faits par le journal Corbeau News, une enquête a été lancée depuis la capitale. L’équipe arrivée à Ouadda-Maïkaga, composée de gendarmes, de policiers et de mercenaires russes, avait pour mission de clarifier ces assassinats et de ramener le calme. Après plusieurs jours de travail sur place, le soldat FACA soupçonné d’avoir tué les deux jeunes le 10 décembre a été arrêté. Il a été emmené à Bria, chef-lieu de la Haute-Kotto, où il est actuellement détenu en attendant son transfèrement
à Bangui. Là-bas, il devra répondre de ses actes devant les autorités judiciaires.
Une situation tendue à Ouadda-Maïkaga
À Ouadda-Maïkaga, l’ambiance reste lourde. Le chef de détachement militaire, une figure qui dérange beaucoup la population, est critiqué par presque tout le monde. Même les équipes de la MINUSCA, présentes dans la zone, ne le portent pas dans leur cœur. Longtemps vu comme quelqu’un de mentalement troublée et difficile à supporter, il donne l’impression de s’être calmé ces derniers temps, peut-être à cause de la pression des récents événements. La ville, secouée par ces histoires, suit de près ce qui va se passer ensuite….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
