L’Invisible Fléau des Enfants Sans acte de naissance à Belemboké

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Belemboké, à 47 km de l’axe Bayanga-Salo, des enfants naissent et grandissent sans acte de naissance, privés d’identité officielle. Une crise silencieuse qui touche de nombreuses localités centrafricaines et menace l’avenir d’une génération entière, abandonnée par un système défaillant.
En effet, dans le village Belemboké , à Nola, dans la préfecture de la Sangha-Mbaéré, et dans bien d’autres coins reculés de la République Centrafricaine, naître sans être enregistré est presque normal. Julien Passi, un habitant du village, raconte une situation qui fait froid dans le dos : il n’y a pas de service d’état civil. « On fait un enfant, on le laisse comme ça, sans rien pour le déclarer », dit-il. Ça touche plein d’endroits, pas juste un ou deux villages, et ça veut dire que des centaines de milliers d’enfants grandissent sans aucun papier officiel.
Sans acte de naissance, ces petits n’ont pas d’existence légale. Julien Passi appelle ça « l’admessance », un mot qui revient souvent pour parler de cet enregistrement qui manque. Sans ça, pas d’école, pas de soins faciles à obtenir, et plus tard, pas de boulot sérieux. « Quel avenir pour eux ? » se demande Julien Passi, inquiet. C’est une question qui reste en l’air, parce que cet acte, c’est la base de tout : c’est la preuve qu’on existe.
Et pour ceux qui essaient de réparer ça plus tard, c’est un cauchemar. Si un enfant grandit et veut un acte de naissance, on lui dit d’amener des témoins ou ses parents pour un jugement supplétif. Mais ça prend du temps, de l’argent, et même quand le papier est là, les bureaux de la capitale le refusent souvent en disant que c’est un faux document. « C’est une galère pour rien », lâche Julien Passi, et il a raison : les familles se retrouvent coincées.
Pour les parents, c’est dur. Ils n’ont pas toujours les moyens de courir après ces démarches, et les chefs de quartier ou les maires ne peuvent rien faire sans un vrai service d’état civil. À Belemboké, l’État n’est pas là, point final. Les gens sont laissés seuls avec leurs problèmes, et ça fait des années que ça dure.
À plus grande échelle, ça pose un gros souci pour le pays. Comment savoir qui vit où, combien ils sont, ou ce dont ils ont besoin, si personne n’est enregistré ? Dans 10, 15, 20 ans, ces enfants seront grands, et sans identité, ils ne pourront rien faire : ni travailler légalement, ni voter, ni exister aux yeux du système. C’est une catastrophe qui se prépare doucement.
Belemboké, c’est juste un exemple. Dans la Sangha-Mbaéré et ailleurs, plein de villages vivent la même chose. Si rien ne change, si l’État ne met pas en place des services d’état civil là où il faut, toute une partie de la jeunesse restera invisible. Et un pays qui oublie ses enfants, ça ne peut pas avancer….
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