Centrafrique : 800 foyers dévastés, 400 maisons englouties, et 200 millions dépensés pour un anniversaire au stade pendant que les enfants sombrent dans le chaos

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
Inondations à Bangui : 800 foyers en détresse, 400 maisons balayées. Le gouvernement dilapide 200 millions pour un anniversaire au stade, tournant le dos aux enfants qui sombrent dans un désastre évitable.
Rappelons que le Dimanche 30 mars dernier, la pluie a encore frappé Bangui, transformant des quartiers entiers en marécages, engloutissant des maisons, ruinant des vies. Des centaines de familles se retrouvent les pieds dans l’eau, sans électricité, sans accès à l’essentiel, tandis que des enfants, privés d’école, pataugent dans la misère. Pendant ce temps, le gouvernement centrafricain, lui, a les yeux rivés ailleurs : sur une cérémonie fastueuse célébrant le 9e anniversaire de Touadera au pouvoir. Une fête à plusieurs centaines de millions de francs CFA, financée par des cotisations arrachées aux ministres, directeurs généraux et conseillers de la présidence. Une débauche d’argent public alors que le pays coule, au propre comme au figuré.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes. En une semaine, ces dirigeants ont amassé une fortune pour financer un événement dans le stade 20 000 places, sous un ciel qui, ironie du sort, avait déjà annoncé la catastrophe. La pluie tombait avant, s’arrêtait avant, et pourtant, ils ont choisi de fermer les yeux sur les signaux d’alerte. Pendant que les élites trinquaient, des milliers de Centrafricains comptaient leurs pertes : maisons inondées, biens emportés, enfants probablement bloqués loin des salles de classe. Dans la capitale, l’eau potable manque, l’électricité reste un luxe, et les inondations viennent enfoncer le clou d’une gestion publique aux abois.
Mais où va l’argent ? Pas dans les caniveaux à curer, pas dans les écoles à protéger, pas dans les mains des sinistrés. Non, le gouvernement préfère tendre la sébile à des partenaires comme l’UNICEF, laissant à d’autres le soin de panser les plaies d’un peuple qu’il abandonne. Plus de 200 millions de francs CFA pour une cérémonie, et pas un sou, ou presque, pour les citoyens qui suffoquent sous les eaux. Cette arithmétique a de quoi révolter. Quand il s’agit de pavoiser, les caisses se remplissent à la vitesse de l’éclair ; quand il faut secourir, on cherche des excuses et des donateurs étrangers.
Et que dire des beaux discours ? On parle de décrochage scolaire, on promet des lendemains qui chantent, mais les actes ne suivent pas. Les autorités savent pertinemment que les inondations ne datent pas d’hier, que les infrastructures sont à l’agonie, que la population souffre. Pourtant, elles détournent le regard, préférant les projecteurs des stades aux cris des quartiers submergés. Les mesures annoncées – curage des caniveaux, désinfection des puits, aide aux élèves – sonnent comme des pansements sur une jambe gangrénée, confiées en grande partie à des humanitaires qui font ce que l’État devrait assumer.
Ce pouvoir donne l’impression de jouer un jeu dangereux : dilapider les ressources pour sa propre gloire pendant que le pays sombre. Les 262 ménages du 5e arrondissement, les 62 de Kaya et Bungou Ciment, et tous les autres sinistrés ne sont pas des statistiques, mais des vies brisées par l’indifférence. À quoi bon célébrer neuf ans de règne si c’est pour laisser derrière soi un peuple à bout de souffle, des enfants sans avenir et une capitale en lambeaux ? La vraie urgence n’est pas dans les stades, mais dans les rues inondées. Et ça, ils le savent très bien….
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