Hydrocarbures hors de prix  en Centrafrique : Touadéra défie le FMI et enfonce les Centrafricains

0
134

Hydrocarbures hors de prix  en Centrafrique : Touadéra défie le FMI et enfonce les Centrafricains

 

Hydrocarbures hors de prix en Centrafrique : Touadéra défie le FMI et enfonce les Centrafricains
Le ministre en charge du développement de l’énergie et des ressources hydrauliques, Arthur Bertrand Piri

 

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.

 Dans un pays où la misère est le quotidien de 70 % des ménages, selon un rapport de la banque mondiale relayé par Le Démocrate Nº5833, la flambée des prix des hydrocarbures pourrait sembler une aberration économique. Pourtant, sous la présidence de Faustin-Archange Touadéra, cette réalité s’impose comme une douloureuse constante. Malgré les recommandations pressantes du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le gouvernement centrafricain refuse obstinément de réduire les tarifs à la pompe, préférant une logique soi-disant de maximisation des recettes au détriment d’une population déjà exsangue. Ce bras de fer avec les institutions internationales révèle-t-il un mépris du pouvoir pour ses citoyens, ou une incapacité chronique à gérer les priorités nationales ?

 

Une hausse injustifiée dans un contexte de crise

 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes, et Médias Plus Nº3373 les dévoile avec une clarté accablante : en République centrafricaine, les prix d’Hydrocarbures  explose. Le litre de gasoil s’élève à 1 350 FCFA et le pétrole à 850 FCFA, des prix qui, selon le journal, font du pays le champion de la cherté dans la zone CEMAC. À titre de comparaison, , selon le quotidien centrafricain, au Cameroun voisin, le super et le gasoil oscillent respectivement autour de 840 et 828 FCFA, tandis qu’au Tchad, le gasoil se vend à 828 FCFA. Cette disparité frappe d’autant plus que la hausse des prix d’Hydrocarbures , décidée en janvier 2023 suite au conflit en Ukraine, n’a jamais été revue à la baisse, malgré une stabilisation relative des marchés mondiaux.

 

Devant cette situation, les institutions internationales, en particulier le FMI, ont exhorté Bangui à agir sur les prix d’Hydrocarbures . Lors d’une mission de l’une de ses équipe dans la capitale centrafricaine, rapportée par Médias Plus, les experts du FMI ont appelé le gouvernement à « s’assurer de la mise en œuvre effective de ses engagements de réformes dans le secteur des produits pétroliers » et à « réduire les coûts d’importation  d’Hydrocarbures  » pour alléger le fardeau des citoyens. Une baisse des prix à la pompe, ont-ils argué, permettrait non seulement d’améliorer la fiscalité pétrolière, mais aussi de soulager une population écrasée par la cherté de la vie. Pourtant, ces recommandations restent lettre morte, le pouvoir préférant maintenir une politique qui, selon les critiques, privilégie les caisses de l’État aux dépens des Centrafricains.

 

Une population prise en otage

 

L’impact de cette obstination est dévastateur. Dans un pays où le revenu moyen est dérisoire, comme le souligne Le Démocrate, la hausse des hydrocarbures se répercute sur tous les aspects de la vie quotidienne : transports, alimentation, énergie. Les manifestations de la société civile, qui ont suivi l’augmentation de janvier 2023, n’ont rien changé à la donne. « Le gouvernement ne cesse de se plaindre de la tension de trésorerie », note Médias Plus, mais cette justification peine à convaincre. Lors d’une conférence de presse à Bangui, le ministre de l’Énergie et de l’Hydraulique a tenté de défendre cette politique, mais ses arguments, jugés flous par le journal, n’ont pas apaisé les critiques.

 

Les citoyens, eux, paient le prix fort de la hausse des prix de l’Hydrocarbures . Dans L’Expansion Nº2625, des commerçants de Bangui témoignent de l’impossibilité de respecter les prix homologués fixés par le ministère du Commerce, invoquant des taxes douanières exorbitantes et un coût de transport gonflé par les carburants hors de prix. « Ce sont les importateurs qui nous vendent cher, on est obligé d’ajouter quelque chose », explique l’un d’eux, Christian Solé, reflétant une chaîne de dépendance qui étrangle les détaillants comme les consommateurs. Une mère de famille, Prudence, tempête dans le même journal : « Avec 2 500 FCFA, je n’arrive pas à faire le marché ». Cette détresse, largement partagée, montre un fossé grandissant entre un pouvoir déconnecté et un peuple à bout de souffle.

 

Un défi au FMI : arrogance ou désespoir ?

 

Le refus de Touadéra de suivre les conseils du FMI n’est pas qu’une question économique ; il est aussi politique. En défiant ouvertement les institutions internationales, le président Baba Kongoboro semble vouloir affirmer une souveraineté économique, peut-être pour compenser les critiques sur sa dépendance envers des partenaires comme la Russie et le groupe Wagner, omniprésents dans d’autres secteurs. Mais ce pari est risqué. « Les bailleurs traditionnels semblent déterminés à voir clair avant de décaisser pour le pays », avertit *Le Démocrate*, suggérant que cette posture pourrait isoler davantage la Centrafrique sur la scène internationale.

 

Pis encore, cette inflexibilité s’inscrit dans un contexte où les promesses de relance économique, comme le « Mémé-Coin » vanté dans *L’Expansion*, peinent à se concrétiser. Le Plan national de développement, chiffré à 7 000 milliards FCFA selon L’Hirondelle Nº5954, reste une chimère tant que des prérequis comme la bonne gouvernance et la stabilité politique ne sont pas remplis. En maintenant des prix prohibitifs sur les hydrocarbures, Touadéra non seulement défie le FMI, mais enfonce aussi les Centrafricains dans une précarité qu’aucune cryptomonnaie gadget ne saurait masquer.

 

Vers une crise sociale inévitable ?

 

L’entêtement du gouvernement à ignorer les appels à la raison pourrait bien être le prélude à une explosion sociale. Les précédents ne manquent pas : les hausses de prix de 2023 avaient déjà suscité des protestations, et la grogne actuelle, alimentée par une pauvreté endémique, risque de dégénérer. « Non, Monsieur le Président, ces gens-là sont dans la rue contre leur réelle volonté », prévient Martin Hacéro dans Le Démocrate, prédisant un jour où la colère populaire pourrait se retourner contre un régime qui exploite la misère rather than la combattre.

 

En définitive, la politique des hydrocarbures sous Touadéra est un miroir cruel de ses priorités : maintenir un semblant de contrôle budgétaire au prix d’un peuple sacrifié. En défiant le FMI, le président ne fait pas que jouer avec les chiffres ; il joue avec le feu. La question reste ouverte : jusqu’où ira cette surdité face aux cris d’une nation au bord du gouffre ? Pour l’instant, les Centrafricains, eux, n’ont d’autre choix que de payer – littéralement et figurativement – le coût d’un pouvoir qui semble avoir oublié à qui il doit rendre des comptes.

 

CONTACTER CORBEAU NEWS CENTRAFRIQUE

Corbeaunews Centrafrique

Tel/ WhatsApp : +236 75 72 18 21

Email: corbeaunewscentrafrique@gmail.com

Rejoignez notre communauté

Chaine officielle du CNC

Invitation à suivre la chaine du CNC

CNC Groupe 3

CNC groupe 4

CNC groupe le Soleil

Note : les deux premiers groupes sont réservés  uniquement aux publications officielles du CNC