Criminalité à Ngaoundaye : quatre soldats arrêtés pour vol aggravé

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
À Ngaoundaye, quatre soldats FACA, dont un caporal, sont en garde à vue depuis samedi, poursuivis pour vol aggravé, révélant des dérives au sein de l’armée.
Samedi dernier, quatre éléments des Forces armées centrafricaines (FACA), dont un sous-officier et trois soldats, ont été appréhendés et placés en garde à vue à la gendarmerie de Ngaoundaye, une ville située dans la préfecture de Lim-Pendé, au nord-ouest de la République centrafricaine, à la croisée des frontières avec le Cameroun et le Tchad. Ils sont accusés de vol de bétail des éleveurs, un acte qui dévoile les comportements criminels persistants de certains militaires dans cette région sensible.
Ngaoundaye, par sa position stratégique, est un carrefour commercial vital. Chaque samedi, les éleveurs de la région convergent vers le marché hebdomadaire de Mbaïmboum, une localité camerounaise située juste de l’autre côté de la frontière, pour vendre leur bétail. Ce commerce attire des milliers de têtes de bœufs et génère des liquidités importantes pour les éleveurs de la région. Mais il attire aussi l’attention de certains soldats FACA, qui, loin de protéger les populations, tendent des embuscades, ou « guet-apens », aux éleveurs en partances ou de retour de ce marché hebdomadaire. Ces militaires, selon des témoignages des autorités locales, ne se contentent pas d’installer des barrages illégaux ; ils organisent des pièges sophistiqués pour voler argent, bétail ou les deux. Les quatre soldats arrêtés samedi auraient agi dans ce contexte, profitant de la vulnérabilité des éleveurs pour s’enrichir illicitement.
Cet épisode n’est pas un fait nouveau. Deux semaines plus tôt, deux autres soldats FACA ont été appréhendés à la frontière tchadienne alors qu’ils tentaient de vendre du tramadol, une drogue de synthèse. Interpellés par les autorités tchadiennes, ils ont été libérés après des négociations et rapatriés à Bangui. Ces incidents à répétition trahissent une crise profonde au sein de l’armée centrafricaine. Mal rémunérés, insuffisamment formés et souvent livrés à eux-mêmes, certains militaires sombrent dans la criminalité, soit pour survivre, soit pour s’enrichir. À Ngaoundaye, où les groupes armés comme les 3R maintiennent une pression constante, ces agissements des forces de l’ordre aggravent l’insécurité et la défiance des habitants.
Depuis des années, l’armée centrafricaine bénéficie d’un soutien important de partenaires internationaux, notamment l’Union européenne et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), qui investissent dans la formation et l’équipement des FACA. Pourtant, ces efforts semblent insuffisants pour endiguer les dérives. Un rapport de l’International Crisis Group de 2022 soulignait déjà les failles structurelles de l’armée : recrutement bâclé, formation inadéquate et corruption endémique. L’augmentation du nombre de soldats, souvent vantée comme une « montée en puissance », ne traduit pas une amélioration de la qualité. Au contraire, la discipline fait défaut, et les abus contre les civils se multiplient. Certains observateurs estiment même que l’état actuel des FACA est pire qu’avant la crise de 2013, caractérisée par l’effondrement de l’État centrafricain.
Les habitants de Ngaoundaye, eux, n’en peuvent plus. Les éleveurs, déjà aux prises avec les violences des groupes armés et les défis d’une région où les services de base sont rares, deux médecins pour 200 000 personnes, selon Action contre la Faim , se sentent abandonnés par ceux censés les protéger. Cette situation alimente leur méfiance envers l’armée et l’État. Si les autorités ne sanctionnent pas sévèrement les coupables et ne s’attaquent pas aux causes profondes – mauvais recrutement, formation inadéquate, corruption – l’armée restera une source de problèmes autant qu’une solution.
Pour l’instant, les quatre militaires restent en détention à Ngaoundaye, en attente d’une enquête approfondie. Mais au-delà de ce cas, c’est tout le système militaire centrafricain qui doit être repensé, pour que la « montée en puissance » ne soit plus synonyme de montée de la criminalité….
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![À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence À Ndélé, le sultan et le Président du tribunal se regardent en chiens de faïence Rédigé le [date_cnc] . Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC Une dispute d’adultère dans un village à 45 kilomètres de Ndélé a ouvert une brèche entre la justice de l’État et l’autorité coutumière musulmane, et personne ne sait encore comment elle se refermera. En effet, tout est parti d’un jeune commerçant, propriétaire d’une boutique à 45 kilomètres de Ndélé, . L’homme avait dragué et noué des relations avec deux femmes mariées du village. Les deux maris, profondément blessés par le comportement de ce jeune garçon, ont porté l’affaire devant le sultan-maire Senoussi Ibrahim Kamoune, chef coutumier de la localité. Immédiatement, de son côté, le sultan a convoqué les parties en conflit, prononcé un jugement, exigé une amende et un serment sur le Coran pour le jeune boutiqué. Ce dernier a accepté le jugement et paye l’amende, puis est reparti dans son village. Mais les deux époux trempés n’ont pas digéré la sentence du sultan. Ils ont rattrapé le garçon dans sa boutique et l’ont agressé. Blessé, ce dernier a déposé plainte au tribunal. Invité à la radio locale nommée Ndélé pas loin, le Président du tribunal, interrogé sur l’affaire, a pris la parole pour dire, sans ambages, que le sultan n’avait pas qualité pour trancher une telle affaire, que ce rôle revenait exclusivement à la justice de l’État, et que la démarche du chef coutumier ne cadrait pas avec la loi centrafricaine. Ces déclarations ont mis le feu aux poudres. Une partie de la communauté musulmane de Ndélé, ainsi que le Comité islamique de Bamingui-Bangoran, ont pris la défense du sultan, estimant que les propos du président du tribunal et du procureur constituaient une insulte envers leur chef et leur religion. Le sultanat du Dar el-Kouti, rappellent-ils, existait bien avant l’indépendance de la RCA, à une époque où ces magistrats n’étaient pas encore nés. Le président du tribunal ne s’est pas arrêté là. Il a ajouté publiquement que les mariages célébrés dans les quartiers — à la mosquée ou selon les rites coutumiers avec remise de dot aux parents — ne bénéficient d’aucune reconnaissance légale, et que seul le passage à la mairie confère une validité juridique à une union. Des mots qui ont eu des effets immédiats : une femme a été convoquée au tribunal, son mari informé que leur mariage coutumier n’avait aucune valeur, ce qui a abouti à une séparation. Pour beaucoup d’habitants de Ndélé, cette succession de déclarations touche à quelque chose de plus profond que les règles de procédure. Ce que le président du tribunal présente comme une application normale du droit, la communauté musulmane le ressent comme un effacement délibéré de ses usages, de son organisation sociale, et de l’autorité de celui qui les incarne depuis des générations. Par Barthelemy Kossi Rejoignez notre communauté Chaine officielle du CNC Invitation à suivre la chaine du CNC CNC Groupe 3 CNC groupe 4 CNC groupe le Soleil Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC](https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2025/01/Ibrahim-Kamoun-Senoussi-sultan-maire-de-Ndele--218x150.jpg)
