quand les espions de Touadéra se moquent de l’armée et de l’opposition

Par la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC.
En Centrafrique, les espions de Touadéra rient sans retenue, méprisant une armée vidée de son honneur et une opposition muselée, tandis qu’ils vantent leur rôle dans un régime qui écrase tout.
À Bangui, les discussions vont bon train dans les buvettes et les bars, mais pas n’importe lesquelles. Autour des bouteilles de Mocaf et de 33, les espions du président Faustin-Archange Touadéra, communément appelés B2, accompagnés des griots de Sani Yalo, ne se privent pas pour afficher leur mépris envers l’opposition, les militaires et même les anciens dignitaires. Pour eux, tout ça n’est qu’une vaste plaisanterie : un petit coup de pression suffit, disent-ils, à faire trembler tout le monde. Et ils s’en amusent, tapaudent des mains, rient à gorge déployée, fiers de leur emprise sur le pays.
L’arrestation des frères d’Henri-Marie Dondra, dans la nuit du 19 au 20 mars, par les forces de l’Office central de répression du banditisme (OCRB) avec le soutien des mercenaires russes du groupe Wagner, est brandie comme une victoire. Même chose pour l’interruption musclée, la semaine dernière, d’une réunion privée de l’opposant Anicet Georges Dologuélé au PK 13 par la gendarmerie. À les entendre, ces coups de force prouvent que personne n’ose plus lever la tête. « L’opposition ? Écrasée. Les militaires ? Neutralisés », clament-ils, une bière à la main.
Ces espions de l’ombre, proches du président Touadéra et du parrain des parrains mafieux Sani Yalo, se retrouvent dans les bars et buvettes pour célébrer. Entre deux gorgées, ils se moquent des militaires, qu’ils décrivent comme des pantins courant après des miettes, un peu d’argent pour boire et courir les filles. « Le chef d’état-major ? Le patron de la gendarmerie ? Des types qui ne pensent qu’à remplir leurs poches », lâchent-ils, hilares. Quant à l’opposition, ils la jugent finie, incapable de rassembler ou de parler sans trembler. « Bozizé, Nguendet, Samba-Panza, où sont-ils aujourd’hui ? » s’amusent-ils, répétant leur refrain : « Touad kwa à gué ti lo gwéngo », Touadéra est là pour longtemps.
Dans leur esprit, c’est simple : il suffit d’un aboiement pour disperser le troupeau. Les figures politiques, d’après eux, ne pensent même plus à se présenter à l’élection présidentielle de décembre prochain. Ils savent pertinemment qu’ils vont être battus comme des enfants, expliquent-ils.
Wagner, omniprésent dans le pays, ajoute une couche à leur assurance. Les mercenaires russes, disent-ils, font le sale boulot que l’armée ne peut plus assumer. Les récits de pressions sur la population, de violences impunies ? Ils les balaient d’un éclat de rire, fiers de tenir le pays d’une main de fer. Cette arrogance s’affiche partout, jusque dans leur façon de parler de la marche du 4 avril. Le prochain test, pour eux, c’est évidemment la marche du 4 avril. Les pro-Touadéra la regardent avec un mélange de curiosité et de cynisme. Au départ, le président l’avait interdite, mais ils y voient aujourd’hui une aubaine. « Laissons-les marcher », disent-ils. Si la foule est maigre, ils crieront victoire, preuve que leur stratégie d’intimidation fonctionne. Si les gens affluent, ils ajusteront leurs plans. Pour eux, c’est un jeu, une façon de jauger la température populaire tout en préparant la suite.
Ce tableau est inquiétant. D’un côté, un pouvoir qui fanfaronne, convaincu d’avoir muselé toute dissidence. De l’autre, une opposition qui peine à respirer et une armée réduite à l’état de coquille vide. Pendant ce temps, la population, prise en étau, assiste à ce spectacle où la peur est devenue une arme politique. Ces éclats de rire autour des tables de Bangui ne sont pas anodins : ils révèlent une machine qui tourne à plein régime pour écraser toute velléité de résistance. Reste à savoir si le 4 avril confirmera leur triomphe ou marquera le début d’un sursaut. Une chose est sûre : en Centrafrique, la bataille pour la parole et la dignité est loin d’être gagnée….
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