Wagner, Afrika Korps…, Pour Martin Ziguélé, « c’est blanc bonnet et bonnet blanc » : la RCA toujours sous influence des mercenaires
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Dans l’émission Beuf Politique en Visio sur JMTV+, Martin Ziguélé, ancien Premier ministre centrafricain et président du MLPC, a livré son analyse sur la présence des groupes armés russes en Centrafrique.
Ziguélé a rappelé qu’il avait voté l’accord de défense signé entre la République centrafricaine et la Russie en tant que député. Cet accord visait une coopération normale entre États. Pourtant, au lieu de conseillers militaires officiels russes, le pays a reçu des éléments du groupe Wagner.
Il qualifie Wagner de mercenaires. Ces derniers forment selon lui une entreprise à plusieurs facettes : militaire, commerciale, économique et spécialisée dans la manipulation de l’information. Ziguélé a expliqué que le groupe a profité de son succès sur le terrain en décembre 2020, lors de la riposte contre la coalition des Patriotes pour le changement (CPC), pour étendre son rôle dans de nombreux secteurs de la vie nationale.
Il affirme que Wagner a influencé la réforme constitutionnelle, le référendum et les élections récentes, qu’il décrit comme exclusives. Aujourd’hui, alors que l’on évoque le remplacement de Wagner par l’Afrika Korps, Ziguélé estime qu’il s’agit du même phénomène. Il utilise l’expression « c’est blanc bonnet et bonnet blanc » pour souligner que le changement de nom ne modifie pas la nature de l’influence.
L’ancien chef du gouvernement maintient que les mercenaires n’ont pas leur place dans un État de droit. Leur présence va à l’encontre des principes d’un fonctionnement normal des institutions. Il préfère des relations directes entre États plutôt qu’avec des groupes privés armés.
Ziguélé a observé que ces éléments se montrent moins visibles dans les rues de Bangui ces derniers mois. Cependant, il reste persuadé qu’ils demeurent présents sur le territoire, notamment pour assurer la sécurité lors d’événements majeurs comme l’investiture présidentielle prévue le 30 mars au stade Barthélemy Boganda.
Pour lui, cette situation illustre les limites d’une politique étrangère fondée sur des alliances de circonstance. Il plaide pour que la Centrafrique recherche un équilibre dans ses partenariats et mette toujours en priorité les intérêts nationaux. La maturité d’une telle politique se mesure à sa capacité à diversifier les relations tout en évitant de dépendre d’un seul acteur.
Martin Ziguélé, qui termine son deuxième mandat de député et ne s’est pas représenté aux dernières élections législatives, a indiqué qu’il se consacrera désormais pleinement à son parti et à ses travaux sur l’avenir du pays, notamment à travers son livre Des crises à l’espérance – Ma vision pour la Centrafrique.
Son intervention rappelle que la question de la souveraineté passe aussi par la maîtrise des forces de sécurité nationales, sans recours permanent à des acteurs extérieurs privés.
Par Alain Nzilo
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