Tuberculose en République centrafricaine : l’augmentation spectaculaire du nombre de cas observée par le centre de Boy-Rabe
Rédigé le .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
À Bangui, au centre de santé de Boy-Rabe, Abdoulaye Kapounou suit au quotidien l’évolution de la tuberculose. Responsable du service de dépistage et de traitement, il constate une hausse marquée du nombre de personnes qui arrivent avec la maladie.
Depuis le début de l’année jusqu’à aujourd’hui, le centre a déjà pris en charge 111 patients. Des hommes comme des femmes. « Le niveau augmente, ça augmente », explique-t-il simplement. Cette tendance observée sur le terrain pousse à renforcer les actions de sensibilisation pour inverser la courbe.
Une prise en charge organisée et gratuite
Dès que le laboratoire confirme un cas positif, le nom du patient est transmis directement à l’équipe. Abdoulaye Kapounou lui remet alors une fiche de suivi et commence le traitement après avoir pesé la personne. Les médicaments sont adaptés au poids de chacun.
Le protocole prévoit un rendez-vous toutes les semaines ou toutes les deux semaines pendant les deux premiers mois. Un contrôle est réalisé à la fin de cette période. Si le résultat reste négatif, le suivi continue jusqu’au cinquième mois, puis un dernier contrôle intervient au sixième mois. Quand tout est négatif à ce stade, la personne est déclarée guérie.
Le traitement repose sur le REZ, un comprimé qui combine quatre molécules : rifampicine, isoniazide, éthambutol et pyrazinamide. Dans ce centre, les stocks restent suffisants. Dès qu’une commande est nécessaire, elle est passée auprès du programme national et le ravitaillement arrive rapidement, souvent via le PAM. Tout est gratuit pour les patients.
Des ajustements selon la réalité des patients
Le suivi tient compte des difficultés quotidiennes. Beaucoup de personnes habitent loin du centre, notamment vers PK-12 ou Kwanga. Le problème de transport peut les décourager. Pour celles qui viennent de ces quartiers éloignés, l’équipe donne parfois les médicaments pour trois semaines au lieu de une ou deux. Cela les encourage à revenir régulièrement.
Chaque patient reçoit un carnet. À chaque visite, il pointe, reçoit ses médicaments et repart. Ce système permet de tracer le parcours de soin.
Symptômes et dépistage
Les signes qui doivent alerter restent les mêmes : une toux qui dure plus d’une ou deux semaines, un amaigrissement visible, une perte d’appétit et des sueurs nocturnes. Quand une personne présente ces éléments, elle est orientée vers le médecin ou directement vers le service.
Le dépistage commence généralement par l’examen des crachats. Si le résultat est positif, le traitement démarre. S’il est négatif, une radiologie est demandée. Dans certains cas, la tuberculose se cache ailleurs : ganglions, ventre, ou même sous forme pleurale avec du liquide dans le thorax. Une ponction peut alors être réalisée.
Il existe aussi des formes extra-pulmonaires. L’équipe les prend en charge de la même manière.
Les difficultés du quotidien
Les défis ne manquent pas. Beaucoup de patients ont peu de moyens. Pour les motiver, le centre leur donne parfois du savon ou des sardines en plus du traitement. Quand des problèmes surgissent, que ce soit pour les médicaments ou le matériel, l’équipe contacte les administrateurs qui trouvent rapidement des solutions.
Par Sylvie Vickos
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