
Rédigé le 13 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Touadéra Faustin-Archange ne dort pas comme un homme qui a confiance en son pouvoir.
Il dort comme un homme traqué par sa propre conscience.
Celui qui se présente comme le maître absolu de la République centrafricaine, dirigeant à sa guise l’un des pays les plus pauvres et les plus fragiles du monde, entouré de soldats sans armée réelle et d’institutions vidées de leur sens, vit dans une paranoïa permanente.
Il commande, il ordonne, il décide du sort de millions de Centrafricains, mais il ne connaît ni la paix intérieure, ni la sérénité du pouvoir légitime.
Ce n’est ni une excentricité, ni une faiblesse psychologique isolée. C’est une stratégie de survie, celle d’un homme qui comprend parfaitement comment meurent les dictateurs.
TOUADERA connaît les mécanismes du meurtre politique.
Il sait parce qu’il a vu.
Il sait parce qu’il a laissé et laisse faire.
Il sait parce qu’il a parfois ordonné.
Il a vu des opposants disparaître dans les prisons, des responsables politiques abattus, des voix dissidentes réduites au silence, des purges administratives et militaires faire des centaines de victimes.
Il connaît intimement la mécanique de la violence d’État, car il en a été l’un des bénéficiaires directs.
Et il sait surtout une chose essentielle : les forces qu’il a libérées peuvent se retourner contre lui à tout instant.
Le loyal d’aujourd’hui peut devenir le conspirateur de demain.
L’allié de confiance peut devenir l’exécuteur.
C’est pourquoi il ne fait réellement confiance à personne, ni aux mercenaires russes de la nébuleuse Wagner, ni aux forces expéditionnaires rwandaises, ni même à son propre entourage.
Sa vie politique entière repose sur ce principe : tout le monde est un danger potentiel.
Dans le cercle du pouvoir de Bangui, une règle tacite s’est imposée : survivre signifie se soumettre, c’est obéir et se taire.
Les conseillers ne donnent plus d’évaluations honnêtes.
Les mauvaises nouvelles ne sont plus annoncées.
La contradiction est perçue comme une tentative de déstabilisation.
On dit à Touadéra ce qu’il veut entendre.
On approuve tout.
On acquiesce à tout.
Et l’on espère simplement rentrer vivant chez soi le soir.
Car une vérité est désormais connue de tous à Bangui : la proximité du pouvoir est proportionnelle au danger.
Mais la peur ne s’est pas arrêtée aux portes du palais présidentiel.
Elle s’est diffusée, infiltrée, installée dans tous les rouages de l’État. La terreur est un mode de gouvernement pour ce régime.
Sous le régime de Touadéra, des milliers de Centrafricains ont été exécutés, emprisonnés ou contraints à l’exil. Intellectuels, enseignants, fonctionnaires, ouvriers, militants, n’importe qui pouvait disparaître.
La police arrivait la nuit et des familles se réveillaient le matin avec un nom de moins, une absence inexpliquée, un silence définitif.
La loyauté n’offrait aucune protection. Pire encore : la compétence devenait un handicap.
Être trop efficace, c’était devenir suspect.
Être trop populaire, c’était être accusé d’ambition.
La médiocrité et l’invisibilité devenaient les seules stratégies de survie.
Un pays qui adopte la psychologie de son dirigeant et, peu à peu, la République centrafricaine a commencé à ressembler mentalement à son chef : méfiance, secret, brutalité.
La vérité est devenue dangereuse, alors on ment.
L’honnêteté est sanctionnée, alors on dissimule.
Le système censé bâtir une utopie de « Cœurs Unis » a en réalité, construit une machine qui dévore son propre peuple.
Touadéra ne fait confiance à personne parce qu’il est convaincu que personne n’est digne de confiance. Et peut-être a-t-il raison : lui-même ne l’est pas. Pourquoi les autres le seraient-ils ?
L’ironie est tragique : la paranoïa qui devait le protéger a engendré des échecs catastrophiques. La paranoïa est devenue un poison stratégique. Et les officiers n’osent plus signaler les faiblesses militaires. Les services de renseignement filtrent la réalité. Les rapports falsifiés remplacent les analyses sincères. Dire la vérité, c’est risquer sa vie. Alors on ment pour survivre. Les purges répétées au sein de la grande muette ont affaibli l’armée.
La culture de la peur a paralysé l’État. Le pays est devenu vulnérable à une chute que tous voient venir, mais à laquelle personne n’ose se préparer.
Aujourd’hui, la paranoïa de Touadéra se retourne contre lui avec une violence accrue. Le dictateur est prisonnier de son propre système. Il s’isole de plus en plus. Les voix capables de l’atteindre se raréfient. Le cercle de confiance, déjà microscopique, est désormais presque inexistant. Et le pouvoir absolu n’élimine pas la peur. Il la multiplie.
Gouverner par la terreur, c’est créer un monde où tout le monde vit dans la peur, y compris le tyran lui-même. Quand la loyauté est imposée par la violence, elle n’est jamais sincère. Quand toute critique est éliminée, la vérité disparaît.
Touadéra pense bâtir la sécurité. En réalité, il a construit une prison. Et il en est le principal détenu.
L’homme qui terrorise son peuple vit lui-même dans la terreur. L’architecte de l’État de surveillance est le plus surveillé. Le dictateur qui peut faire tuer n’importe qui sait que n’importe qui peut tenter de l’abattre. C’est le prix ultime de la tyrannie.
Le pouvoir sans confiance n’est pas une force. C’est une captivité. Et aucune arme ne protège contre la peur permanente. Aucun mercenaire ne protège contre la vérité historique.
Barbatov Faustin Touadéra est-il un visionnaire maudit ou un tyran mégalomane ? L’Histoire tranchera. Mais une leçon demeure, universelle et implacable : Pouvoir absolu = corruption absolue.
Ferdinand MBOKOTO MADJI
Fondateur et Président National du CNCA
Rejoignez notre communauté
Chaine officielle du CNC
Invitation à suivre la chaine du CNC
Note : les deux premiers groupes sont réservés uniquement aux publications officielles du CNC




