Le syndicaliste Louis Marie Kogrengbo interpelle le gouvernement sur la tragédie des moto-taxis

Rédigé le 13 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Le syndicaliste centrafricain Louis Marie Kogrengbo prend la plume. Il dénonce l’inaction gouvernementale face aux morts et blessés causés quotidiennement par les moto-taxis anarchiques dans la capitale et ailleurs dans le pays.
Dans sa correspondance adressée ce 12 janvier aux ministres des Transports, de la Sécurité, de la Santé et de l’Administration territoriale, le secrétaire général du syndicat ODSTC ne tourne pas autour du pot. Les chiffres parlent d’eux-mêmes selon lui : chaque journée apporte son lot de victimes dans les services d’urgence.
Les hôpitaux publics et les structures humanitaires comme Médecins Sans Frontières voient défiler un nombre alarmant de blessés. Louis Marie Kogrengbo le rappelle : crânes défoncés, os brisés, handicaps à vie. Des familles perdent leurs enfants, leurs gagne-pain, leur avenir.
Pendant ce temps, où se trouve l’État ? C’est la question centrale que Kogrengbo adresse au gouvernement. Il va plus loin avec cette phrase qui claque : « On est élus pour gouverner des hommes, pas des arbres. Si tout le monde meurt, qui allez-vous gouverner ? »
Le responsable syndical refuse l’argument de la période électorale. Pour lui, aucun calendrier politique ne peut justifier qu’on abandonne la protection des citoyens. La vie humaine ne se négocie pas, ne se reporte pas, insiste-t-il dans son courrier.
Louis Marie Kogrengbo interroge ensuite l’existence même d’un ministère fonctionnel pour le transport urbain. Y a-t-il des techniciens compétents sur le terrain ? Effectuent-ils des contrôles sérieux et réguliers ? Qui donne l’autorisation à n’importe qui de devenir conducteur sans formation ni permis ?
Le constat du syndicaliste est sans appel : le secteur baigne dans l’anarchie totale sous le regard passif des autorités. N’importe quel individu peut commencer à transporter des passagers du jour au lendemain sans que personne ne vérifie ses compétences ou son état de santé.
Kogrengbo décrit un tableau chaotique. Les conducteurs ignorent le code de la route, surchargent leurs engins, roulent à des vitesses excessives. Les casques restent rangés quelque part, les contrôles techniques n’existent que sur le papier. La voie publique se transforme en cimetière à ciel ouvert.
Dans sa lettre, le secrétaire général de l’ODSTC formule des demandes précises. Il réclame l’immatriculation obligatoire de tous les conducteurs et de leurs motos. Chaque personne voulant exercer ce métier devrait suivre une formation certifiée avant de prendre le guidon.
Louis Marie Kogrengbo exige également le contrôle technique périodique des engins et le port obligatoire du casque. Les contrôles routiers doivent être permanents, professionnels et menés par des agents intègres, loin de toute corruption. Chaque ministère concerné doit assumer clairement ses responsabilités devant la population.
Le syndicaliste termine son propos par un avertissement direct au pouvoir. Un État qui ne protège pas ses citoyens rate sa mission première. Le silence et l’immobilisme face à cette tuerie équivalent selon Kogrengbo à une complicité morale. La population n’est pas une variable d’ajustement politique.
« Nous appelons le Gouvernement à agir maintenant, avec fermeté et responsabilité », écrit Louis Marie Kogrengbo dans sa missive. Pendant qu’on organise les élections, le peuple continue de mourir sur les routes. Les hôpitaux continuent de remplir leurs registres. Les familles continuent d’enterrer leurs morts.
Par Alain Nzilo
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