La peur des Wagner pousse Touadéra à violer la loi en imposant illégalement un jour férié non payé le 30 mars 2026

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La peur des Wagner pousse Touadéra à violer la loi en imposant illégalement un jour férié non payé le 30 mars 2026

Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg” data-wpel-link=”internal”>Centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg” alt=”La peur des Wagner pousse Touadéra à violer la loi en imposant illégalement un jour férié non payé le 30 mars 2026″ width=”300″ height=”221″ srcset=”https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui.jpg 300w, https://corbeaunews-centrafrique.org/wp-content/uploads/2024/08/les_wagner_a_bangui-80×60.jpg 80w” sizes=”auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px” />
Pick-up militaire avec des mercenaires du groupe Wagner stationné devant l’ex mini-prix à Bangui. CopyrightCNC

 

 

Rédigé le .

Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC 

 Le gouvernement centrafricain, par la voix de Mme Annie Michelle Mouanga, Ministre du Travail, de l’Emploi, de la Protection Sociale et de la Formation Professionnelle, a publié le 25 mars 2026 un communiqué officiel (N° 004/MTEPSFP/DIRCAB.26) déclarant la journée du lundi 30 mars 2026, jour de l’investiture du Président de la République, « exceptionnellement déclarée fériée, chômée et non payée sur toute l’étendue du territoire de la République Centrafricaine ».

 

Ce texte, signé de la main de la ministre et portant le sceau du ministère, impose à tous les travailleurs :  secteur public comme privé,  de rester chez eux sans rémunération pour cette journée.                 Mais au fonds de cette décision présentée comme une simple formalité administrative se cache une réalité bien plus inquiétante : la peur qui ronge le pouvoir.

 

La tension qui règne dans le pays, notamment avec les forces russes du groupe Wagner, a plongé le régime dans la panique, malgré le renfort des troupes rwandaises appelées en urgence par Touadéra. Pour le régime, avec une telle tension, il faut que les gens restent à la maison ou, à la limite, qu’ils se rendent à l’investiture. C’est une manière claire de pousser la population à aller là-bas ou de la garder cloîtrée pour mieux contrôler le flux des personnes dans les rues de Bangui et ailleurs.

 

En même temps que le régime annonce le 30 mars 2026 jour férié et non payé, le pouvoir distribue des interdictions de sortie du territoire national à certaines personnalités, comme Hassan Bouba, ministre de l’élevage et de la santé animale, ainsi qu’à l’ancien Premier ministre Firmin Ngrebada. Ces mesures montrent qu’il y a quelque chose derrière leur tête. La peur domine.

 

Mais la peur pousse le régime du dictateur à franchir la limite de la loi en publiant un tel communiqué pour décréter  le 30 mars jour férié.

 

Alors, il faut le rappeler que ce communiqué est un acte juridiquement illégal et contraire à l’État de droit . La République Centrafricaine n’est pas une monarchie où le prince décide par simple proclamation. Elle dispose de textes clairs.

 

En effet, la Loi n° 20.001 du 10 janvier 2020 fixe de manière exclusive la liste des fêtes légales permanentes en RCA : 1er janvier, 29 mars (Journée Boganda), 1er mai, 13 août et autres dates religieuses précises. L’investiture présidentielle n’y figure à aucun endroit. Elle ne peut donc pas être inventée par un simple communiqué.

 

Le Code du Travail (Loi n° 09.004 du 29 janvier 2009) régit les conditions des jours fériés, leur caractère chômé et leur mode de paiement. Il ne donne aucun pouvoir au Ministre du Travail de créer un nouveau jour férié « exceptionnel » par voie de communiqué. Une telle décision exige normalement un décret présidentiel ou un arrêté interministériel publié au Journal Officiel pour être opposable à tous les employeurs et salariés.

 

Un communiqué, même officiel, n’a pas cette force réglementaire. Il informe, il n’oblige pas légalement. En imposant le chômage sans base légale et en précisant « non payé », le gouvernement viole les principes du droit du travail et porte atteinte à la liberté d’entreprendre ainsi qu’au droit à la rémunération des travailleurs du secteur privé.

 

Mme Mouanga et le gouvernement le savent. Ils ont opté pour cette méthode pagaille et désordonnée parce que la peur les tenaille. Ils craignent que les travailleurs continuent normalement leurs activités et que les rues de Bangui ne montrent pas assez de monde pour donner l’image d’un soutien massif. Alors on ferme tout : entreprises, administrations, commerces. On oblige. On menace implicitement ceux qui oseraient travailler.

 

C’est la logique de la dictature : il faut que tout le monde aille là-bas. Les Nations Unies, les ONG, les sociétés privées, les petits commerçants… tous doivent se plier ou risquer les ennuis avec l’Inspection du Travail et les autorités.

 

Ce communiqué illégal n’est pas une simple erreur administrative. Il constitue le choix d’un régime qui préfère l’arbitraire à la loi. Au lieu d’un décret en bonne et due forme, on se contente d’un papier signé à la hâte. Au lieu de respecter le Code du Travail, on pénalise directement les salariés les plus modestes avec un jour non payé.

 

La peur dicte les décisions. Ce n’est plus la République qui avance.

 

Par Gisèle MOLOMA

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