Enquête exclusive : dans l’enfer des prisons secrètes de Wagner à Bangui. Un mètre carré pour mourir. C’est inédit. Touadera est un diable

Rédigé le 14 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Une équipe d’investigation de journalistes du CNC a réussi à infiltrer l’intérieur de deux centres de détention clandestins gérés par les mercenaires russes dans la capitale centrafricaine. Ce que nos journalistes ont vu dépasse l’entendement. Torture électrique, cellules minuscules, instruments de supplice. Les images capturées resteront sous scellés jusqu’à nouvel ordre, destinées à la justice internationale.
Aucune personne ordinaire n’avait jamais vu l’intérieur de ces prisons secrètes de Wagner. Ni les nations-unies, ni les Centrafricains qui vivent à côté n’ont pu rien savoir ce qui se passe. Une équipe du CNC a franchi les portes des centres de détention de Wagner. Ce qu’elle a découvert transforme les rumeurs en réalité documentée. Les bourreaux ont des visages, et Touadera est un véritable diable. CNC donne raison à l’ancien ministre Abakar Sabone qui disait que Touadera est un diable. Comment peut-il prétendre prier chaque jour, alors que lui-même autorise qu’on torture ses compatriotes de la sorte ?
Il faut rappeler que depuis plusieurs années, la Cour pénale spéciale poursuit actuellement des Centrafricains pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre, notamment concernant les événements survenus à la prison de Bossembélé à l’époque du président François Bozizé. De l’autre côté, la Cour pénale internationale se concentre sur certains responsables centrafricains impliqués dans les exactions de la Séléka et de la milice anti-Balaka en 2013 et 2014. Mais aucune de ces juridictions n’a encore vu ce que des journalistes du CNC viennent de documenter dans la capitale centrafricaine. Aucun enquêteur international des Nations unies ou d’une organisation de droits de l’homme n’a pu constater de ses propres yeux ce qui se déroule dans deux bâtiments gardés secrètement par les Russes dans la capitale, où des hommes disparaissent chaque jour sans laisser de traces.
En effet, les mercenaires russes du groupe Wagner opèrent en Centrafrique depuis plusieurs années. Mais dans les villes de province, les témoignages de leurs exactions sur des civils affluent : égorgements, incendies de villages entiers, exécutions sommaires. Les habitants racontent comment ces hommes de Poutine débarquent, regroupent les suspects, puis disparaissent avec eux. Certains ne reviennent jamais. D’autres réapparaissent des semaines plus tard, le corps marqué de cicatrices qu’ils refusent d’expliquer. Jusqu’à présent, ces récits restaient peu documentés par des médias centrafricains. On savait que Wagner détenait des prisonniers quelque part. On ignorait ce qui se passait dans ces lieux.
Depuis deux ans, sur CNC, nous avons parlé de la prison souterraine des mercenaires russes au camp de Roux. Nous avons également mentionné une seconde prison secrète de Wagner à l’aéroport international de Bangui M’Poko. Nous avons eu des confirmations fermes, mais on ignorait ce qui se passait dans ces prisons clandestines. Les témoignages arrivaient au compte-gouttes, contradictoires parfois, incomplets toujours. Certains anciens détenus murmuraient des bribes d’informations avant de se taire définitivement, par peur des Wagner. D’autres disparaissaient avant d’avoir pu raconter ce qu’ils avaient vécu. Mais une équipe de journalistes du CNC a réussi finalement à pénétrer dans ces deux prisons. Elle a filmé. Les images existent désormais, conservées en lieu sûr, destinées aux juridictions internationales le moment venu.
Selon notre investigation, et c’est confirmé définitivement, le premier site de torture se trouve effectivement dans les sous-sols du camp de Roux.
Mais on y reviendra dans le prochain article sur cette prison souterraine au camp de Roux, pour éviter de faire un long article comme un livre.
Mais la prison secrète de Wagner du camp de Roux n’est qu’une introduction. Le véritable enfer se trouve à l’aéroport international de Bangui M’Poko, dans un hangar que rien ne distingue des autres bâtiments. De l’extérieur, il ressemble à un entrepôt banal. Des murs en béton, un toit en tôle ondulée, quelques fenêtres opaques. Les mercenaires russes y ont établi leur base principale. Ils y stockent leur matériel, y garent leurs véhicules, y installent leurs quartiers.
À l’entrée de la base, il y a un système de dos-d’âne métallique, sous forme de dents de dragon. Impossible de passer ce point de contrôle sans autorisation. Une fois l’entrée franchie, on arrive dans la base principale. La structure du bâtiment montre une organisation minutieuse. Tout autour de la clôture, il y a des miradors où sont postés des mercenaires russes qui surveillent. À l’intérieur, il y a un bâtiment. L’étage supérieur sert de dortoir aux mercenaires russes du groupe Wagner. Ils y ont disposé leurs lits, leurs casiers, leurs équipements personnels. C’est un espace fonctionnel, presque propre, où règne une discipline militaire. Les hommes y dorment, s’y reposent entre les missions, y nettoient leurs armes. Rien de remarquable, si ce n’est la présence de cette vie normale au-dessus de ce qui se déroule en dessous.
Le rez-de-chaussée raconte une tout autre histoire. Vu de l’extérieur, il semble vide, abandonné peut-être. Pas de fenêtres. Mais à l’intérieur, les mercenaires ont aménagé un dédale de cloisons et de grillages. Ils ont créé un espace invisible depuis l’extérieur, un labyrinthe que seuls eux connaissent. Au centre court un couloir étroit, à peine large de deux mètres. De chaque côté, des portes métalliques. Cinq à gauche, d’autres à droite. Chaque porte porte un numéro peint à la hâte.
Les quatre premières cellules à gauche présentent des dimensions à peu près similaires. Environ deux mètres de longueur sur deux mètres cinquante de largeur. Un homme de taille moyenne peut s’y tenir debout, faire quelques pas, se retourner. Le sol est en béton brut, froid en permanence. Pas de mobilier, pas de couverture, rien. Les prisonniers s’assoient contre les murs, tentent de dormir recroquevillés dans un coin. À travers les barreaux qui composent le haut des portes, ils aperçoivent le couloir et, surtout, les autres détenus. Chacun voit les visages dans les cellules d’à côté. C’est exactement comme des cages métalliques pour chiens, des lions ou en un mot des animaux, , mais en grande taille. Chacun entend les gémissements, les pleurs, les cris qui résonnent quand viennent les interrogateurs.
Puis il y a la cinquième porte. Elle se distingue des autres par sa couleur rouge, une peinture écaillée appliquée directement sur le métal rouillé. Cette cellule défie toute logique humaine. Ses dimensions ne dépassent pas un mètre en longueur et un mètre en largeur. Un mètre carré. Un espace où un homme ne peut ni s’allonger complètement, ni se tenir debout confortablement s’il mesure plus d’un mètre soixante-dix.
Le prisonnier qui entre dans la cellule rouge doit immédiatement choisir une position. S’il tente de s’asseoir normalement, ses genoux touchent la porte. S’il essaie de s’allonger en diagonale pour gagner quelques centimètres, sa tête heurte un mur tandis que ses pieds butent contre l’autre. S’il veut étendre ses jambes, il doit placer son dos contre une paroi et ses pieds contre celle d’en face, le corps plié en deux. Cette posture devient vite insupportable. Les muscles se tétanisent. Les articulations hurlent. Au bout de quelques heures, certains supplient qu’on les laisse sortir, même pour les torturer, juste pour pouvoir bouger.
La cellule rouge ne sert pas à détenir les prisonniers ordinaires. Elle constitue une punition en elle-même, un châtiment que les gardiens réservent à ceux qui résistent trop longtemps aux interrogatoires, à ceux qui refusent de parler malgré les coups. On les y enferme pour une journée, parfois deux. Quand ils en ressortent, leurs corps portent les marques de cette immobilité forcée : des crampes violentes, des engourdissements, parfois des lésions musculaires. Mais surtout, leur mental a basculé. La plupart acceptent alors de répondre à n’importe quelle question, d’avouer n’importe quoi, pourvu qu’on ne les renvoie pas dans ce cercueil vertical.
De l’autre côté du couloir s’ouvrent d’autres portes. Celles-ci ne donnent pas sur des cellules mais sur des salles plus grandes, hermétiquement closes. Aucune ouverture vers l’extérieur, aucune circulation d’air. Juste des murs aveugles et une porte blindée qui étouffe les sons. C’est là que se pratique la torture méthodique, celle qui nécessite du matériel et du temps.
Dans la première salle, des structures en bois brut occupent le centre de l’espace. On dirait des établis de menuisier, mais leur fonction n’a rien d’artisanal. Ce sont des bancs de torture. Les mercenaires y attachent leurs victimes avec des sangles en cuir, bras et jambes écartés. Une fois le prisonnier immobilisé, les séances commencent. Elles peuvent durer des heures, avec des pauses calculées pour laisser la douleur s’installer pleinement avant de recommencer.
Des câbles électriques pendent du plafond, reliés à un générateur installé dans un coin. Le dispositif permet d’administrer des décharges électriques de différentes intensités. Les tortionnaires fixent les électrodes sur les parties les plus sensibles du corps : les doigts, les orteils, les organes génitaux, les mamelons, les tempes. Ils commencent généralement par de faibles voltages, juste assez pour provoquer des spasmes involontaires et une douleur aiguë. Si le prisonnier ne parle pas, ils augmentent progressivement la puissance. Les muscles se contractent violemment. Le corps se cabre. Certains se mordent la langue jusqu’au sang. D’autres perdent connaissance. On les ranime avec de l’eau froide, puis on recommence.
Au fond de cette même salle se dresse un objet particulièrement terrifiant : une chaise en bois fixée au sol. Vue de loin, elle ressemble à un siège ordinaire, avec un dossier et des accoudoirs. Mais son assise cache un mécanisme diabolique. Une plaque de métal percée de dizaines de pointes acérées recouvre le siège. Ces pointes mesurent environ cinq centimètres de longueur, assez pour transpercer les fesses sans atteindre les organes vitaux. Un système hydraulique actionné par une manette permet d’abaisser progressivement un plateau supérieur qui appuie sur les épaules de la victime.
Le prisonnier est assis de force sur cette chaise. On l’attache solidement pour l’empêcher de se relever. Au début, les pointes touchent à peine la peau des fesses et de l’arrière des cuisses. Puis l’opérateur commence à actionner la manette. Le plateau descend millimètre par millimètre, poussant le corps vers le bas. Les pointes pénètrent lentement dans les chairs. La douleur devient intolérable. Le sang commence à couler, imbibant le siège. Plus le plateau descend, plus les pointes s’enfoncent profondément dans les fesses. Certains prisonniers hurlent jusqu’à perdre la voix. D’autres s’évanouissent. Ceux qui résistent le plus longtemps gardent des séquelles permanentes : des cicatrices profondes, des lésions nerveuses, l’incapacité de s’asseoir normalement pendant des mois.
Une autre salle contient du matériel plus classique mais tout aussi redoutable : des bidons d’eau, des planches inclinées, des tissus épais. C’est là que se pratique la technique du waterboarding, cette simulation de noyade qui brise les résistances psychologiques les plus solides. Le prisonnier est attaché sur une planche, la tête en contrebas. On lui couvre le visage d’un tissu, puis on verse de l’eau sur son nez et sa bouche. L’eau s’infiltre dans les voies respiratoires. Le cerveau panique, convaincu que le corps se noie. Les réflexes de survie se déclenchent. La victime se débat, tente désespérément de respirer, mais ne parvient qu’à aspirer plus d’eau. Après quelques secondes, on arrête. Le prisonnier tousse, crache, reprend son souffle. Puis on recommence. Encore et encore.
Les mercenaires du groupe Wagner ont importé ces techniques de leurs interventions précédentes en Russie, en Syrie, en Libye. Ils les ont perfectionnées, adaptées aux conditions du pays. À Bangui, ils opèrent en toute impunité, comme des demi-dieux. Personne ne vient inspecter leurs installations. Personne ne demande à voir les registres de détenus, qui d’ailleurs n’existent pas. Les hommes qui entrent dans ces prisons n’apparaissent sur aucune liste officielle. S’ils meurent sous la torture, leurs corps disparaissent sans laisser de traces. On pense au boucher de Zemio déporté à Bangui par les Wagner, puis retrouver mort à la morgue de l’hôpital général de Bangui. C’est sur et certain que les Wagner l’ont passé dans leur centre de détention à l’aéroport international de Bangui Mpoko.
Les habitants de Bangui passent tous les jours devant l’aéroport M’Poko. Ils voient les mercenaires russes circuler dans leurs véhicules blindés. Certains les saluent, persuadés que ces étrangers protègent le pays contre les rebelles. D’autres détournent le regard, mal à l’aise sans savoir exactement pourquoi. Mais presque personne ne soupçonne ce qui se déroule derrière ces murs anonymes, à quelques centaines de mètres des quartiers où des familles préparent le repas du soir pendant que des hommes hurlent dans des cellules insonorisées.
Les images filmées par l’équipe de journalistes documentent chaque détail de ces installations. Les caméras ont capturé les dimensions exactes des cellules, les instruments de torture alignés sur les établis, les traces de sang séché sur les murs et les sols.
Ce matériel reste pour l’instant sous scellés, conservé en lieu sûr hors de Centrafrique. Le moment venu, il sera transmis aux juridictions internationales compétentes. Les procureurs de la Cour pénale internationale devront alors élargir leurs enquêtes. Ils ne pourront plus se contenter de poursuivre uniquement les responsables centrafricains de la Séléka ou de la milice anti-Balaka. Ils devront examiner le rôle des mercenaires russes, du président Faustin-Archange Touadera, du chef d’état-major, du directeur général de la gendarmerie, du directeur général de la police, du ministre de la Défense, des magistrats, du ministre de l’Intérieur, etc., dans la perpétuation des crimes contre l’humanité sur le territoire centrafricain. Les preuves existent désormais. Elles attendent leur heure.
Par Alain Nzilo
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