Crime au lycée Moderne de Dékoa : Le Ministre parle de deux morts, mais où a-t-il trouvé ce bilan ?
Rédigé le 22 avril 2026 .
Par : la rédaction de Corbeau News Centrafrique, CNC
Lors de sa conférence de presse ce samedi 17 avril 2026 , le Ministre d’État à l’Éducation nationale, monsieur Aurélien Simplice Zingas a déclaré que seulement deux élèves ont perdu la vie à Dékoa lors de la manifestation des élèves contre le détournement de leur bourse Maïngo.
Lors de sa conférence de presse au Building administratif, le Ministre a expliqué qu’il s’est rendu à Dékoa du 15 au 17 avril sur instructions du Président de la République, Professeur Faustin-Archange Touadéra. Il a indiqué qu’il a rencontré les autorités locales, les forces de sécurité, les partenaires russes et les élèves. Selon lui, il a constaté des irrégularités dans la gestion des bourses du projet MAÏNGO financé par la Banque Mondiale. Il a parlé d’une liste de bénéficiaires qui a été modifiée avec des noms fictifs au détriment des vrais élèves, ce qui a provoqué la colère et le drame.
Il a aussi dit avoir présenté les condoléances du Gouvernement, visité les blessés et apporté un soutien aux familles. Il a ajouté que les élèves ont accepté de reprendre les cours lundi 20 avril.
Pourtant, la réalité sur le terrain montre un bilan plus lourd. Trois élèves ont perdu la vie, et non deux comme l’a déclaré le Ministre. Il s’agit de deux filles et d’un garçon. Le garçon était en classe de terminale et préparait son baccalauréat cette année. Il a été tué sur place. La première fille était en classe de quatrième. La deuxième fille était en classe de cinquième. Elle a été transportée à l’hôpital de Dékoa mais elle est morte là-bas à cause de ses blessures.
Ce qui est étonnant, c’est que le Ministre lui-même avait déjà signalé ces mêmes irrégularités dans la gestion des bourses lors du Conseil des Ministres. Il connaissait bien le problème depuis un certain temps. On a vu des situations similaires à Sibut, chef-lieu de la préfecture de la Kémo, où plusieurs enfants ont perdu la vie dans des circonstances liées aux bourses. Des dégâts ont aussi été signalés à d’autres endroits comme dans la préfecture de Bamingui-Bangoran. À chaque fois, des morts d’élèves reviennent avec ce projet MAINGO.
La question qui reste posée est simple : qu’est-ce qui a été fait concrètement pour corriger ces irrégularités avant que la situation ne tourne encore au drame à Dékoa ? Les élèves n’ont pas eu d’autre choix que de manifester leur mécontentement, et cela s’est terminé par des pertes en vies humaines. Les familles endeuillées et beaucoup d’habitants attendent maintenant des mesures réelles pour que ces problèmes cessent et que plus aucun enfant ne perde la vie pour des questions de bourses.
Le Ministre a promis des enquêtes et la fin de l’impunité. Les prochaines semaines diront si ces engagements seront suivis d’actions rapides et efficaces sur le terrain.
Par Justin Ibrahim
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