Chacun doit verser obligatoirement 800 000 francs CFA : la nouvelle taxe des mercenaires russes du groupe Wagner contre les éleveurs Peuls de la Nana-Mambéré

Rédigé le 13 janvier 2026 .
Par : la rédaction de Corbeaunews-Centrafrique (CNC).
Les mercenaires russes du groupe Wagner ont désormais instauré une taxe dans la Nana-Mambéré. Épaulés par les ex-rebelles du 3R, ils visitent les campements d’éleveurs Peuls depuis plusieurs jours pour exiger le versement de 800 000 francs CFA par responsable de troupeau.
Notre rédaction observe depuis une semaine un mouvement inhabituel dans plusieurs villages de la localité. Des mercenaires russes du groupe Wagner accompagnés d’anciens combattants du mouvement 3R circulent à moto, recherchant activement les propriétaires de bétail. Ces patrouilles conjointes parcourent les campements pour collecter cette nouvelle taxe. La semaine dernière, elles ont parcouru près de 70 kilomètres de Baoro, dans le village de jusqu’à Bayanga, localité située non loin de Bouar, chef-lieu de la préfecture.
Les ex-combattants du 3R, majoritairement issus des communautés d’éleveurs, connaissent parfaitement l’emplacement des campements les plus reculés. Même ceux qui ont fui pour échapper aux pressions subissent maintenant ces visites. À Bayanga, les mercenaires russes du groupe Wagner et leurs alliés du 3R ont pénétré dans le campement du chef éleveur nommé Aba Joli. Ils lui ont réclamé les 800 000 francs CFA de la taxe imposée.
La justification donnée pour cette collecte est étrange. Cet argent, selon les mercenaires russes et leurs alliés du 3R, servirait à nourrir les anciens rebelles actuellement désarmés ainsi que ceux qui suivent une formation à Berongo. Selon leurs explications, ces hommes manqueraient de moyens pour se nourrir. Les éleveurs devraient donc contribuer à leur subsistance à travers cette taxe.
Cette logique interroge sur plusieurs points. Le désarmement et la formation des ex-combattants relèvent normalement de la responsabilité gouvernementale. Pourquoi imposer aux éleveurs de financer ce que l’État devrait assurer ?
Et d’ailleurs ce n’est pas la première fois. Récemment, ces mêmes anciens rebelles en formation à Berongo ont sollicité 300 000 francs CFA auprès de leurs chefs basés à N’Djamena au Tchad pour leurs besoins alimentaires. Maintenant, les mercenaires russes du groupe Wagner joignent leurs efforts à ceux des éléments du 3R pour prélever cette taxe de 800 000 francs auprès de chaque chef d’élevage.
Le montant de la taxe représente une charge considérable pour des pasteurs déjà frappés par l’insécurité persistante dans la région. La somme collectée doit servir aux désarmés et aux hommes en instruction militaire. Pourtant, ni les éleveurs ni les commerçants ne portent de responsabilité dans l’organisation de ce processus de démobilisation.
Le phénomène s’étend progressivement. Bien que concentré dans la Nana-Mambéré, il s’approche dangereusement des préfectures voisines de la Mambéré-Kadéï, dont Berbérati est le chef-lieu, et de la Mambéré, administrée depuis Carnot. Les mercenaires russes du groupe Wagner et les anciens du 3R se déplacent en petits groupes motorisés pour collecter la taxe. Leur connaissance du terrain leur permet d’atteindre des zones considérées comme refuges par les éleveurs.
Certains Peuls avaient quitté leurs emplacements habituels précisément pour éviter les anciens rebelles. Cette stratégie d’évitement ne fonctionne plus face à des recherches aussi méthodiques menées par les mercenaires russes du groupe Wagner et leurs alliés. La taxe de 800 000 francs CFA s’ajoute aux difficultés quotidiennes des communautés d’éleveur.
Les mercenaires russes du groupe Wagner, présents pour appuyer les autorités, participent maintenant à ces collectes auprès des civils. Si le gouvernement organise le désarmement et la réintégration, il devrait logiquement financer l’entretien des personnes concernées pendant leur transition. Reporter ce fardeau financier sur les populations civiles, particulièrement sur des éleveurs, crée une situation paradoxale. Les 800 000 francs CFA demandés à chaque responsable de campement alimentent des interrogations sur la gestion de l’après-conflit dans le pays.
Par Arsène Mbério…
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